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  • A Madrid, austérité, rigueur financière et convivialité sont compatibles

    Le rassemblement de 1.500.000 jeunes du monde entier du 16 au 21 août en réponse à l’invitation du pape Benoit XVI a été précédé d’une polémique. La veille de l’arrivée du pape, les « indignés » espagnols ont manifesté et contesté le bien-fondé d’une coûteuse manifestation en cette période de d’austérité marquée par les décisions drastiques du gouvernement pour restaurer l’équilibre des finances publiques espagnoles.

    Une fois n’est pas coutume, l’Eglise a fait preuve d’une transparence exemplaire sur la gestion financière de l’évènement. Celui-ci aura coûté 50 millions d’euros, soit 20% de moins que le rassemblement précédent à Sydney. Début août, 80% des frais étaient couverts par les inscriptions des pèlerins, le reste étant couvert par différents sponsors dont une centaine d’entreprises espagnoles.

    Bien que les JMJ n’aient pas pour but de générer des profits, l’économie espagnole y trouvera un intérêt évalué à 100 millions d’euros :
    - 90% des contrats de prestations de service ont été attribués par appels d’offres à des entreprises espagnoles
    - plus de 1.600 restaurants de Madrid distribueront plus de 6 millions de repas;
    - des centaines de milliers de jeunes gens ont découvert la vie madrilène et les tapas espagnols. Ils auront certainement envie de revenir à Madrid comme touristes

    Dans cette période d’austérité et de rigueur qui frappe la plupart des économies (en particulier celles dites développées mais dépendantes des institutions financières), les jeunes catholiques ont montré l’importance des actions solidiaires. C’est ainsi que leurs contributions volontaires au fonds de solidarité international mis en place à cette occasion a permis à plus de 10.000 jeunes sans ressources de se joindre à eux pour partager ces jours de convivialité. Pour les 50.000 jeunes pèlerins français qui désirent agir pour un monde plus juste, ils ont pu rejoindre une table ronde intitulée « Croire en Dieu et changer le monde » organisée dans le cadre du Festival de la Jeunesse, en partenariat avec le CCFD-Terre Solidaire et l'association « La politique, une bonne nouvelle ».

    Ces journées mondiales de la Jeunesse avaient été précédées par une manifestation de contestation et se terminent sous une pluie d’orage. Mais la ferveur et la générosité de tous ces jeunes ainsi que la qualité de leurs échanges sont source d’espoir pour surmonter la morosité trop souvent partagée par leurs ainés. 

  • Défi démographique en Afrique, incertitudes et urgence

    Nous serons 7 millions d’humains dès le mois prochain et près de 10 milliards en 2100. Un tiers d’entre eux sera alors africain.

    L’INED a choisi cette période estivale pour diffuser les résultats de son étude prospective sur la population mondiale en 2100, résultats dont se sont fait écho de nombreux journaux et sites sur Internet.

    Comme le souligne l’INED, les marges d’incertitudes sont faibles pour 2050. Même les pandémies comme les famines régionales et les pandémies telles que le SIDA ont un faible impact sur la population totale. En effet, celle-ci résulte essentiellement de la différence entre le taux de fécondité des femmes et le taux de mortalité, facteurs qui évoluent très lentement.

    Par contre, sur une très longue période, l’impact devient extrêmement important et une extrapolation serait vite absurde : avec la fécondité actuelle de 2,5 enfants/femme, celle-ci donnerait une population de 134.000 milliards d’êtres humains en 2300 !!! Cependant, il ne faut pas s’inquiéter car avec l’allongement de l’espérance de vie et donc le vieillissement de la population féminine, le taux de fécondité va mécaniquement diminuer. Par contre, il faut se souvenir qu’à long terme, si le taux moyen de fécondité est inférieur à 2 enfants/femme, l’espèce humaine est vouée à la disparition ! La gestion de l’équilibre démographique est donc très délicat.

    Une chose est sure : le taux de fécondité des femmes d’Afrique noire reste encore très élevé (une nigérienne a en moyenne actuellement 7 enfants, une somalienne 6,4, une congolaise 6,1… contre 1,6 en Europe) alors que l’espérance de vie des africains s’élève progressivement. Résultat : la population de l’Europe de la Russie et de la Chine va diminuer pendant que celle de l’Afrique va passer de 1 milliard d’habitants en 2011 à 2,3 milliards en 2050 et 3,5 milliards en 2100, voire avant cette date, sur une population mondiale de 9 à 10 milliards.

    Le poids des différents pays sera véritablement bouleversé par rapport à ce que nous connaissons. Avec plus de 430 millions d’habitants en 2050, le Nigeria sera le 3ème pays le plus peuplé derrière l’Inde (1.700 millions) et la Chine (1.300 millions) alors que l’ensemble de l’Europe ne pèsera guère plus de 510 millions d’habitants. Il faudra compter avec le Congo de Kinshasa et ses 150 millions d’habitants, avec 138 millions de Tanzaniens, 123 millions d’Egyptiens…

    Alors que l’opinion publique est aujourd’hui mobilisé par la famine qui menace plusieurs millions de Somaliens et de Kenyans du fait de la sécheresse mais aussi de l’insécurité qui règne dans cette région d’Afrique, il est urgent de réfléchir aux modalités du développement économique global de l’Afrique sub-saharienne, tant des villes que des campagnes. En 2050, Lagos sera l’agglomération la plus populeuse du monde. Les autres capitales risques de devenir autant de foyers d’instabilité politique. 

    Le continent africain est aujourd’hui l’objet de toutes les convoitises à cause de ses richesses minières et pétrolières mais aussi de son potentiel agronomique encore très sous-exploité. Des fonds d’investissements et des opérateurs d’Asie et du Moyen-Orient tentent d’assurer leurs propres approvisionnements par des concessions contractuelles conclues avec les gouvernements africains actuels. Mais n’est-ce pas préparer les conditions d’une révolution d’indignés africains ?

    En l’absence de pouvoirs politiques démocratiques forts –ce dont bénéficient les grands pays actuels- le défi posé en Afrique par l’évolution démographique est au moins aussi complexe que celui du réchauffement climatique.
    Il est urgent que des chercheurs de tous pays et de tous domaines scientifiques se mobilisent pour identifier les évolutions régionales très probables à l’horizon 2050 et pour faire des propositions d’actions à l’ensemble des gouvernants de ce monde en concertation étroite avec les responsables africains.

  • La gastronomie comme outil pédagogique innovateur

    Une amie professeure de français à l'université chilienne de Valdivia m'a fait découvrir une innovation pédagogique lancée par l'une des anciennes élèves de cette université : utiliser la pâtisserie comme outil pour enseigner à des enfants âgés de 4 à 10 ans des concepts comme l'heure ! 

    Les enfants réalisent eux-mêmes des recettes simples et peuvent faire partager leurs réalisation, ce qui alimente leur motivation. Maria Ignacia Bustos anime ces ateliers dans 2 écoles de Santiago. Elle envisage de créer maintenant sur le même principe des ateliers pour des enfants handicapés mentaux. Outre la production de pâtisseries gourmandes, cette méthode très didactique n'a pas fini de faire parler d'elle ! En tous cas, des entreprises agroalimentaires en mal de trouver des sujets d'application à une démarche éthique pourraient soutenir ce type de projet et s'en prévaloir à bon droit.

    Pour plus de précision, se reporter sur http://www.inacap.cl/tportalvp/?t=39&i=2&cc=28406.253&tm=3


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