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  • L’Afrique, un véritable continent émergent à croissance rapide

    FMI, Fonds monetaire international, 

    Le FMI voit la poursuite de la croissance économique de l’Afrique à un taux d’environ 5,5%, comparable à celui de l’Inde, l’un des BRIC. Tel est l’avis exprimé par Roger Nord, Directeur-adjoint du Département Afrique du FMI, lors de la conférence « Perspectives macro-économiques de l’Afrique : maintenir la croissance malgré un environnement mondial plus incertain », conférence pluridisciplinaire organisée par l’AFD. Portée par la hausse des prix des ressources naturelles, cette croissance est surtout marquée depuis 20 ans dans les pays d’Afrique de l’Est, les Etats du Sahel étant confrontés à de fortes contraintes climatiques.

    Si la croissance est une condition nécessaire pour réduire la pauvreté, elle n’est pas suffisante. Le FMI a ainsi relevé qu’à la différence de l’Ouganda, le pouvoir d’achat des plus riches de Tanzanie a progressé de 9% alors que celui des pauvres n’a augmenté que de 3%, par an de 2003 à 2010.

    croissance économique,développement durable,afd,fmi,ouganda,tanzanie,mali,niger,tchad,centre-afrique,concessions,investisseurs,territoires,volatilité,prix,budget,g8,alliancePar ailleurs, la forte volatilité des prix complique la gestion des budgets publics  avec des volumes de recettes fiscales très fluctuantes. Les pays exportateurs de ressources naturelles (coton, huiles, riz..) et/ou minières (or et autres minerais, pétrole) peuvent et doivent constituer des réserves lors des hausses de prix mondiaux pour lisser l’impact des fluctuations. De leur côté, les pays importateurs nets de produits alimentaires doivent constituer des réserves de précaution dans la perspective de ces hausses. Or, la plupart des pays du Sahel qui sont dans cette situation n’ont pas, pour la plupart, les ressources pour ce faire. Confrontés à la vive concurrence des pays asiatiques et sud-américains, selon l'analyse du département recherche de l'AFD, la croissance des exportations de pays comme le Mali, le Niger, le Tchad et la RDC République de Centre-Afrique tend même à ralentir.

    La faible intégration de l’Afrique dans le système financier international explique pourquoi le continent n’a été que peu impacté par la crise financière et que le poids de l’endettement moyen des Etats reste gérable. Gérable pour certains pays grâce aux soutiens de la communauté internationale. En effet, les aides extérieures représentent près la moitié des recettes budgétaires de certains pays, obérant ainsi leur indépendance réelle. Pour s’affranchir des risques liés aux fluctuations financières spéculatives, les pays africains doivent attirer des capitaux stables. D’où la multiplication des contrats de concessions à des investisseurs étrangers pour la mise en valeur de vastes territoires. Ces investisseurs ne sont évidemment pas désintéressés. Mais n’est-ce le propre des projets « gagnant/gagnant ». Les organisations paysannes locales, soutenues par des ONG occidentales, contestent ces contrats et soupçonnent une tentation de recolonisation de l’Afrique. Puisque l’intention est de promouvoir un développement durable de ces territoires, il faut que les populations locales soient impliquées et informées en toute transparence des perspectives, des droits et des engagements de chacun. Les actions envisagées dans le cadre du programme de l’Alliance promu par le Président Obama lors du G8 de Camp David permettront de vérifier que le partenariat public/privé est réaliste et bénéfique pour toutes les parties.

  • 1ères retombées du G8 : des banques s’engagent en Afrique

    Rabobank


    Banque Mondiale, SFIEn marge du sommet du G8, la banque néerlandaise Rabobank et la Société financière internationale (SFI), bras armé de la Banque Mondiale pour le secteur privé, ont signé une lettre d’intention pour créer avant 5 ans la West Africa Agribusiness Development Corporation (WAAD), une nouvelle institution de financement des PME de l’agroalimentaire en Afrique de l’Ouest.
    Elle agira de manière comparable à la LAAD qui fonctionne avec succès depuis 40 ans en Amérique. Elle améliore l'accès au financement, par l'entremise de banques locales axées sur l'agriculture dans laquelle sa filiale Rabo Development détient des participations minoritaires. Elle a plus de 300.000 clients agriculteurs au Mozambique, au Rwanda, en Tanzanie et en Zambie. Rabobank pourrait allouer $ 135 millions au projet. 

    Banque Africaine de Développement, BAD

    La semaine précédente à Tunis, le 16 mai, le conseil d'administration de la Banque africaine de développement (BAD) avait approuvé un investissement en capital de $100 millions de dollars dans Agvance Afrique, premier fonds de fonds privés en faveur de l'agroalimentaire en Afrique. Il sera géré par Credit Suisse Customized Fund Investment Group (CFIG). Il vise un total d’engagements de $ 500 millions dans 12 à 15 des meilleurs fonds de capital investissement (private equity fund) dans les entreprises tout au long de la chaîne de valeur agroalimentaire en Afrique.

    AECID, agence espagnole de cooperation, desarrollo

    Quelques jours auparavant, la Banque africaine de développement (BAD) a investi 10 millions $ dans le Fonds africain de garantie (African Guarantee Fund - AGF) simultanément à l’Agence danoise pour le développement international (Danida) et à l’Agence espagnole de coopération pour le développement international (Aecid). De droit mauricien avec un capital qui sera porté progressivement de 50 à 300 millions $, l’AGF créera un bureau d’appui opérationnel au Kenya et en Afrique de l’Ouest pour faciliter l’accès au crédit bancaire des PME. Il permettra ainsi aux banques et aux institutions de microfinance d’allonger la maturité des prêts et aux PME de baisser les taux d’intérêts.

    En économie de marché, les institutions financières jouent un rôle d’intermédiation indispensable. Les entreprises industrielles, y compris agroalimentaires, ont besoin d’elles. On constate d’ailleurs que les difficultés d’accès au crédit est également l’un des principaux handicaps au développement des petits producteurs agricoles africains. L’engagement financier de plusieurs grandes banques signifie que celles-ci prévoient une poursuite de la croissance économique en l’Afrique. Aux responsables locaux et nationaux de mettre en œuvre les politiques de développement durable indispensables pour répondre aux attentes des populations de leur pays, à commencer par leur sécurité alimentaire. 

    A noter que ce 25 mai est le 49ème anniversaire de la création de l’OUA, Organisation de l’Union  Africaine.

    M.F.

  • La sécurité alimentaire sera au menu des J.O. de Londres

    logo, JO 2012

    Lors du compte rendu du G8 et du Sommet de l’OTAN qu’il a fait devant la Chambre des Communes, le Premier Ministre britannique Cameron a annoncé qu’il va organiser un événement majeur sur le thème de la sécurité alimentaire pendant les Jeux Olympiques qui se dérouleront cet été à Londres.

    Le Premier Ministre a défendu l’initiative de « Nouvelle Alliance pour la Sécurité Alimentaire et la Nutrition » (New Alliance for Food Security and Nutrition ) lancée par le Président Obama. En partenariat avec plusieurs dizaines d’entreprises privées, cette initiative a l’ambition de sortir 50 millions d’Africains à sortir de la pauvreté dans les dix prochaines années. M. Cameron a ensuite confirmé devant les députés que, contrairement à ce qui a pu être dit, le Royaume-Uni respecte ses engagements d’aides.

    Si les détails de l’événement annoncé sont encore inconnus, il est certain qu’avec leur audience populaire mondiale les Jeux Olympiques sont une opportunité incomparable pour communiquer sur les enjeux de la sécurité alimentaire, condition indispensable à la sécurité civile. Il suffit pour s’en persuader, d’observer la situation actuelle dans le Sahel.

    Certaines organisations de producteurs africains contestent le bien-fondé de l'initiative lancé par Obama, comme d'ailleurs les programmes comme celui d'AGRA auquel s'est associé la Fondation Bill Gates et tous ceux qui impliquent des entreprises. Elles considèrent que la révolution verte africaine ne réussira que si elle est menée par les paysans africains aux-mêmes. Il est certain que rien ne pourra être fait sans eux. Il est dommage que certains s'interdisent tout action en partenariat. L'explosion démographique en Afrique, en particulier dans les grandes agglomérations, impose d'urgence d'y instaurer une véritable sécurité alimentaire.

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