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  • Pour une gouvernance mondiale des océans

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    Est-ce une coïncidence, mais France Télévision avait programmé pour le week-end suivant le 21 décembre (hypothétique jour de la fin du monde qui n’était que le dernier d’un cycle maya de 5200 ans…) plusieurs documentaires sur notre planète : « Voyage aux origines de la Terre » (1) rediffusé par France 5 le samedi, « Planète océan » le dimanche après-midi sur France 2, suivi de la rediffusion par France 5 d’un gros plan sur « Les Abysses » (2), auxquels il faut ajouter le débat « C’ dans l’air » intitulé :La fin d’un monde.

    Alors que nous craignons le réchauffement climatique, « Voyage aux origines de la terre » rappelle opportunément que notre planète a subi de bien plus amples modifications de la température que celle présentée comme catastrophique qui nous attend au cours de ce siècle. La vie en a supporté bien d’autres… et, selon ce documentaire, l’homo sapiens est devenue l’espèce dominante à la suite d’une série de catastrophes naturelles toutes aussi improbables que les autres ! Ferons nous preuve d’assez de résilience au sein du nouveau monde qui nous attend ? 

    « Les Abysses » montre l’importance de la neige marine. Ainsi les poissons morts rejetés par les pêcheurs ne sont pas réellement perdus. Ils constituent une alimentation de choix pour une multitude de micro-organismes, pour le zooplancton et pour les animaux marins des profondeurs qui vivent dans un milieu apparemment incompatible avec la vie que nous connaissons (obscurité quasi absolue, température, pression extrême…). Encore faut-il s’entendre sur une définition de la vie, sur ce que sont des êtres vivants, des êtres intelligents, des êtres conscients… Il est dommage qu’une partie du commentaire se contredise. Après avoir fait découvrir la vie bactérienne qui prolifère grâce à la chimiosynthèse sur les cheminées hydrothermales (fumées noires) d’où sortent les panaches toxiques de sulfure d’hydrogène, la phrase suivante souligne le rôle indispensable de l’oxygène, du soleil et de la photosynthèse alors que celle-ci n'est pas la seule voie de transformation de l'énergie…

    De son côté, lors de ses interventions didactiques, Bruno Parmentier, ancien directeur de l’Ecole Supérieure d’Agronomie d’Angers, auteur de « Nourrir la planète » et promoteur de l’agriculture biologique intensive, montre clairement qu’il est possible et nécessaire de doubler la production agricole en Afrique pour y faire face à l’augmentation de la population et à la lutte contre la malnutrition. En particulier, il prévoit une augmentation de la production de protéines animales à partir d’animaux à sang froid (crevettes, poissons, insectes) pour satisfaire la demande. Les Hollandais ont déjà pris les devants avec la ferme « insecten kwekerij » de Roland Van de Ven et le programme de recherche d’extraction des protéines d’insectes financé par le gouvernement.

    Le documentaire « Planète océan » est, sans conteste, le documentaire le plus agréablement illustré et le mieux structuré avec de nombreuses informations factuelles : 

    -          la moitié des hommes vivent à moins de 100 km du rivage

    -          un milliard d’êtres humains dépendent directement de l’océan pour leur alimentation en protéines

    -          la pêche fait vivre 500 millions d’humains

    -          la culture des algues occupe 530.000 hectares et fait vivre un million de personnes. Comme les agriculteurs, les algoculteurs ont sélectionné à des fins alimentaires 50 des 30.000 espèces d'algues

    -          le transport maritime a joué un rôle majeur dans la mondialisation des échanges et 11 des 50 principaux ports sont chinois

    De plus, avec le choix de s’exprimer à la première personne en parlant an nom de tout Homme, Yann Arthus-Bertrand montre un réel talent de conteur. Il termine son exposé par un véritable programme d’actions, estimant à juste raison que la discussion ne suffit plus. Par contre, il est dommage qu’il éprouve le besoin de dire « il n’y a rien à attendre d’aucune religion, seule l’intelligence me donnera la capacité d’agir. »

    Il est indispensable je promouvoir une gouvernance mondiale des océans, ceux-ci constituant la partie dominante de notre planète terre. En écartant d’emblée lers 5,5 milliards d’êtres humains pour qui le spirituel va au-delà de la simple intelligence, Yann Arthus Bertrand se prive d’autant de d’hommes et de femmes de bonne volonté. La mobilisation de tous est en effet urgente et indispensable.

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    (1)   video visible sur http://videos.france5.fr/video/iLyROoafZa0e.html

    (2)   téléchargeable sur http://www.t411.me/torrents/le-secret-des-abysses-reportage-france-5-fr-bonne-qualite

     

     

  • Qui sommes nous ???

    Homme, nature




     
    J’ai titré « L’homme ne vit pas uniquement de pain… » une note de ce blog le 16 avril dernier.  Du fait de l’actualité législative en France, j’ai ici envie d’aller plus loin. Les animateurs et auditeurs de Radio France International utilisent volontiers l'expression "Bonjour aux 7 milliards de voisins". Mais, au fait... Qui sommes-nous ? Quels sont nos besoins en tant qu'Homme?

    « J’ouvrirai le droit au mariage et à l’adoption aux couples homosexuels » a écrit le candidat François Hollande dans ses « 60 engagements pour la France » en éludant la proposition du parti socialiste de donner l’accès des couples de femmes homosexuelles à l’aide médicale à la procréation (AMP). Une fois élu, le Président Hollande a lancé le débat avec le projet de loi sur le « mariage pour tous » et après quelques tergiversations, a dit faire confiance à la sagesse du Parlement pour traiter de l’aide médicale à la procréation.

    Erwan Binet, député rapporteur du projet de loi devant ses confrères de l’Assemblée Nationale, a la sagesse d’auditionner de multiples spécialistes éminents. Une partie des auditions est retransmise sur la chaîne parlementaire LCP.  Pour ma part, j’ai trouvé particulièrement instructives les interventions des anthropologues qui illustrent la complexité des questions soulevées.

    J’ajouterais un exemple : celui de la maternité qui est, pense-t-on, une affaire de femme. Du fait du titre "Fallait-il tuer Michel Foucault ?", j'ai lu le livre publié chez Stock en 2003 par le Professeur Claude Sureau. Dans la première partie, le Président de l'association européenne des chirurgiens obstétriciens raconte le sort du premier médecin qui a été condamné pour avoir sauvé mon homonyme lors de l'accouchement, mais en le laissant handicapé à vie. A travers de multiples exemples de cas cliniques, il expose ensuite les dilemmes auxquels le praticien peut être confronté avec le devoir d'agir dans l'urgence.
    Le chirurgien obstétricien fait également une réflexion qui nous amène au débat actuel : s'il le désire, la technique permet à un homme d'enfanter ! Une césarienne s'imposerait évidemment, mais l'implantation d'un foetus dans le péritoine suffirait, à l'image des grossesses extra-utérines...
    L'enfantement doit-il être le seul résultat d'un désir d'enfant ? 

    Une nouvelle revendication des femmes

    Jusqu’à maintenant, la congélation d’ovocytes n’est autorisée en France que dans le cadre médical (par exemple avant une intervention susceptible d’entrainer une stérilité). Les gynécologues obstétriciens ont sollicité la semaine dernière l’avis du Comité national d’éthique sur la congélation d’ovocytes à des fins de simple "confort" de la femme.

    La demande s’appuie sur le principe d’égalité homme/femme (la congélation de spermatozoïdes est déjà pratiquée couramment). En effet, à la différence de l’homme, la femme est contrainte par son « horloge biologique » qui prévoit la stérilité à partir de la ménopause. La notion de « confort » renvoie à celle de gérer son « plan de carrière » tout en étant en partie déliée de son horloge. La femme pourrait ainsi devenir mère bien que son stock d’ovocytes soit épuisé.

    On a ici un exemple supplémentaire de revendication de l’espèce humaine qui cherche à se libérer de ses contraintes biologiques spécifiques et à maîtriser son corps.

    Il est naturel que les gynécologues obstétriciens transmettent la demande des femmes qui les consultent. Ces médecins sont en effet des spécialistes du corps féminin. Le résultat probable de la congélation massive d’ovocytes serait probablement des premières grossesses plus tardives avec pour conséquence des risques accrus pour les mères dont la physiologie évolue inexorablement. Mais également avec un impact potentiel sur les enfants qui auraient des parents plus âgés. Il faudrait donc solliciter l’avis des pédopsychiatres et autres spécialistes des enfants.

    Mais la technologie doit-elle être au seul service d'un désir d'adulte ?

    Nos élus débattent de plus en plus souvent de questions qui touchent directement à la nature de l’Homme. (fin de vie, thérapies géniques, xénogreffes …). Mais, au fait, quelle est la nature de l’Homme ?

    Certains s’insurgent sur des situations (cf. celle des prisons) qui ne respectent pas la dignité de l’Homme. Mais qu’est-ce qui fonde celle-ci ?

    Comme, Erwan Binet, nos élus s’entourent de l’avis de philosophes, de spécialistes de l’éthique, de sociologues, etc. Mais ces questions nous concernent tous et les médias modernes permettraient un grand débat populaire et participatif.

    Il est urgent que nous soyons tous invités à réfléchir et à débattre, sans passion, sur notre conception de l'Homme. Depuis Galilée et Descartes, les chercheurs découpent la réalité pour tenter de la comprendre. Ils nous découpent en tranches au risque de perdre le sens du monde qu'ils étudient. Les scientifiques ne cessent de se spécialiser au risque de perdre toute capacité à comprendre leurs confrères. Il suffit de citer quelques domaines (philosophie, sociologie, anthropologie, biologie, médecine, intelligence artificielle, génétique, théologie, histoire, biochimie, ingénierie, physique, linguistique, droit...) pour s'en convaincre. 

    Il est urgent de construire une synthèse de nos connaissances sur ce que nous sommes. C'est un thème au moins aussi important, sinon encore plus important, que celui de l'environnement !

    Il faut organiser un Forum mondial Ecce Homo « Voici l'Homme ».

    Ce serait un vrai chantier pour l’UNESCO, un chantier fondamental. Ce serait l'occasion d'actualiser la Déclaration des droits de l'Homme en tenant compte de l'évolution des connaissances scientifiques, d'élaborer un texte "Déclaration de l'Homo sapiens" qui puisse servir de référence au regard de ce qui fait spécifiquement la dignité de l'Homme.

     

     

     

  • Le brevet unique européen a du plomb dans l’aile dès son lancement…


    brevet unique europeen,propriete intellectuelle,europe,entreprise,mario monti,michel barnier,commission européenne,cour de justice européenne,litigeLe Parlement européen a donné hier son accord sur le projet de règlement de brevet unique. Presque tous les responsables s'en fécilicitent. Selon M. Barnier, le Commissaire européen de l’Industrie, les simplifications administratives diviseront par 6 le coût du dépôt. Un brevet unitaire ne coûtera, pendant la période transitoire, que 6 500 euros.
     

    Le coût serait réduit à moins de 5 000 euros après la période de transition. Il restera cependant supérieur à celui supporté aux Etats-Unis (2 000 euros) et en Chine (600 euros) où une seule démarche suffit. 

    Pour la Commission, il n’y a aucun doute : le retard européen en matière de brevet est moins dû à une absence d’innovation qu’à un problème juridique et financier. C’est ainsi  que les Américains ont déposé 224.000 brevets en 2011 et les Chinois, 172.000 alors que les Européens arrivent péniblement à 62.000. De nombreuses entreprises renoncent à protéger leurs inventions au risque de se les faire piller. C’est particulièrement vrai dans le secteur agroalimentaire où beaucoup est question de savoir-faire. 

    Mais ce progrès n’est pas encore acquis. Pour faire avancer un dossier vieux d'une trentaine d’années, la présidence chypriote de l'UE a proposé en novembre un nouveau texte qui prévoit que les demandes de brevet puissent être déposées dans n'importe quelle langue européenne avant d'être traduites dans une des trois langues de travail (l'allemand, l'anglais et le français). Une fois enregistrés, les brevets seraient retraduits dans les 23 langues de l'UE. 

    La demande de brevet sera traitée par l’Office européen des brevets (OEB) basé à Munich (un organisme intergouvernemental qui existe depuis 1973, mais qui ne délivre qu'un semblant de brevet européen) en français, en anglais ou en allemand. Mais, bien que les coûts de traduction seront pris en charge par l’OEB. 

    L’Italie et l’Espagne ont déjà déposé des recours devant la Cour de justice européenne. L’Italie réclame une seule langue : l’anglais alors que l’Espagne veut ajouter l’espagnol comme langue de travail. Il est pour le moins fort que ce soit l'Italie qui fasse de la résistance. Son chef de gouvernement, Mario Monti, fut en effet le Commissaire au Marché intérieur qui a publié le 25 juin 1997 le Livre vert sur un brevet unique européen en accord avec Edith Cresson, la commissaire à la Recherche, l'éducation et la formation !!!

    Le réglement prévoit qu'en cas de litige, l’inventeur s’adresse à 27 juridictions nationales pour faire reconnaître son bon droit, avec les coûts que cela représente et les risques de décisions contradictoires que cela implique…   

    Le tribunal de première instance, présidée par un Français, sera basé à Paris tout comme la chambre chargée des brevets portant sur l’électricité, les télécoms et le BTP. La chambre compétente pour les brevets de mécanique générale sera à Munich (30 % du contentieux attendu) et celle chargée des médicaments et des biotechnologies à Londres (30 % du contentieux). Enfin, le siège de la Cour d’appel des brevets sera au Luxembourg. Comme dans beaucoup d'autres domaines, la recherche du compromis a conduit les politiques européens à éclater les lieux géographiques de décisions. Il n'est pas sur que cet éclatement soit source d'économies budgétaires...

    Par ailleurs, les risques de cacophonie sont évidents, certains spécialistes rappellent les risques de dérives à l’image de celles observées aux USA où les entreprises choisissent les tribunaux réputés les plus favorables à la défense de la propriété intellectuelle. La jurisprudence en matière de protection risque fort d'être particulièrement complexe, ouvrant un boulevard aux avocats d'affaires !

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