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  • La grève de la faim, l’arme ultime des non-violents

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    Alors que les syndicalistes manifestaient le 1er mai 2013 dans les rues du monde entier pour de meilleures conditions de travail et le respect de leur dignité, RFI a annoncé que 100 des 166 détenus dans la prison de Guantanamo font la grève de la faim, la plupart pour exiger d’être jugés dans le respect du droit américain.

    La semaine suivante, le grève de la faim se poursuit à Guatanamo. Elle alarme les responsables politiques américains au point que certains lui donnent la priorité alors que des régions entières, en particulier en Afrique, souffrent de la mal-nutrition. greve de la faim,détenus,gandhi,martin luther king,jean lassalle,batonnier,suffragettes,déboutés,droit d'asile,milieu carcéral,éthique,s'alimenter,dignité humaine,guantanamo,prison


    Deux grandes catégories de grévistes de la faim

    greve de la faimIl y a deux grands types de grévistes de la faim : les militants politiques et les prisonniers.

    Plusieurs grandes figures du combat politique non-violent ont fait la grève de la faim. Parmi elles, le Mahatma Gandhi a fait deux grèves de la faim pour réclamer l'égalité sociale pour les intouchables qu'il appelait affectueusement les harijans ("enfants de Dieu") afin qu’ils puissent entrer dans les temples. L’autre est Martin Luther King dans sa lutte contre la ségrégation aux Etats Unis.

    En France, le député gascon Jean Lassalle a utilisé cette arme durant 5 semaines en 2006 pour protester contre le risque de départ d'une entreprise japonaise dans sa circonscription vers une circonscription voisine; il a cessé son jeûne contre les garanties que l'entreprise reste dans les lieux.

    Certains militants de base expriment ainsi leur détermination, à l’instar d’un artisan opposé à l’implantation dans son village des Yvelines d’un poste de transformation électrique de très haute tension.

    Certains syndicalistes utilisent également cette arme pour lutter contre la fermeture de leur usine ou pour faire respecter leurs droits.

    greve de la faim,magistrat,MontluçonC’est dans cet esprit que même des personnels du Ministère de la justice l’utilisent. Ainsi le bâtonnier de Montluçon a engagé en 2007 une grève de la faim pour s’opposer au projet de réforme de la carte judiciaire avec la fermeture de tribunaux.

    Parmi les prisonniers, les suffragettes anglaises incarcérées pour avoir revendiqué le droit de vote pour les femmes, furent l’une des premières à utiliser cette arme en 1905.

    Elle est souvent utilisée par desréfugiés ou des déboutés du droit d'asile pour forcer l'obtention d'un permis de séjour.

    Il en est de même dans le milieu carcéral, pour protester contre leurs conditions de détention.
     

    La grève de la faim soulève plusieurs questions éthiques

    -          Menacer de se donner la mort en cessant de s’alimenter est-elle une action violente ou non-violente ?
    Si la violence est synonyme de souffrances avec des risques létaux, alors la grève de la faim est une action violente. Toutefois, à la différence de l’automutilation, elle n’a pas d’effet irréversible avant son terme
    Si la non-violence implique l’absence d’agression d’autrui, alors la grève de la faim peut être considérée comme non-violente.

    -          Une telle négociation dramatique est-elle compatible avec le respect de la dignité humaine ? 
    Le gréviste de la faim n’est pas une personne abattue, désemparée, qui veut en finir. Aux yeux du gréviste, la décision attendue n’est pas utopique. Il est en fait un combattant qui a conscience de la haute valeur de sa vie

    -          Peut-on moralement reporter sur autrui la responsabilité d’une conclusion létale ?
    La question reste posée…


    Les conditions du succès

    Le mécanisme de l’arme est simple : exercer une pression sur les décideurs en s’alliant l’opinion publique.

    De ce processus découlent les conditions du succès :

    -          que les décideurs soient clairement identifiés et qu’ils aient un réel pouvoir de décision

    -          que la décision puisse être prise en quelques semaines, sans impliquer un processus d’accords en cascade

    -          que l’opinion publique puisse être alertée par les medias et informée sur l’évolution de l’état de santé du ou des grévistes

    -          que la population prise à témoin soit normalement alimentée (la grève de la faim passerait inaperçue dans une région où la faim est endémique…) et que cette population attribue une forte valeur à la vie individuelle pouvant susciter une réaction émotionnelle suffisamment mobilisatrice pour inquiéter les décideurs
     

    La grève des détenus à Guantanamo a été déclenchée le 6 février 2013, jour d'une fouille "de routine". Onze semaines plus tard, 21 d'entre eux sont alimentés par des tubes reliés directement à l'estomac. Le 26 avril, la Maison Blanche a indiqué qu'elle continuait à "suivre de près"la grève de la faim, réaffirmant"l'engagement du présidentBarack Obamaà fermer la prison".

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    C'est également l'opinion exprimé ci-contre le 6 mai par le dessinateur des émirats arabes Paresh Nath dans The Khaleej Times.

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