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  • Les OGM sont d’abord une question politique

    Selon Marcel Kuntz, biologiste directeur de recherche au CNRS, auteur de nombreuses publications scientifiques, vient de publier un nouveau livre «OGM, la question politique» aux Presses Universitaires deGrenoble.

    Il n'existe actuellement en France aucune culture transgénique. Selon certains, il faudrait évaluer davantage les OGM. Cependant, la recherche publique y est aujourd’hui quasiment impossible et les entreprises doivent réaliser leur recherche à l’étranger. Pourquoi un tel paradoxe ? Selon l’auteur, après plus de quinze ans de polémiques, il n'y a plus de doute : la querelle des OGM est avant tout politique.

    Un débat très vif aux USA

    OGM,label,étiquetage,produits alimentaires,FDA,USDAHasard du calendrier ? Une campagne est actuellement orchestrée auprès du Congrès américain par les grands groupes industriels et de distribution à propos de l’étiquetage des aliments. Ils demandent que l’agence fédérale de sécurité sanitaire des aliments et des médicaments (FDA) soit la seule autorité nationale sur l'étiquetage des produits avec OGM.

    Le premier organisme génétiquement modifié mis sur le marché américain a été une tomate, en 1994. La modification visait à ralentir le pourrissement du fruit, dans le but de préserver la fermeté, la couleur et le goût plus longtemps après cueillette. Cette tomate s'est rapidement révélée être un échec commercial, notamment du fait de son coût élevé par rapport à ses concurrentes, sans valeur ajoutée organoleptique particulière. Les homologations d'organismes génétiquement modifiés aptes à la consommation humaine se sont ensuite concentrées sur les filières céréalières.

    De vifs débats ont été relancés par la demande de la société Okanagan Specialities Fruits auprès de l’USDA d’homologuer une pomme transgénique qui ne brunit pas à l’air libre. Actuellement, aux USA, les règles sanitaires sont définies au niveau de chaque Etat et des projets de loi se sont multipliés dans une vingtaine d'États en faveur de labels signalant au consommateur que tel ou tel produit en contient. Un véritable casse-tête pour les grands groupes lorsqu’on sait que 80% des aliments contiennent des céréales et que la plupart sont des OGM

    D'un côté, les associations scientifiques telles que l’American Medical Associationet l’American Association for the Advancement of Science s'opposent à l'étiquetage systématique, en arguant, notamment, que les résultats scientifiques ne mettent pas en évidence un danger pour la santé humaine.

    De l'autre côté, les consommateurs s'inquiètent vis-à-vis du contenu de leur assiette. Selon un sondage du New York Times publié fin 2013, 93% des Américains sont favorables à l'étiquetage des OGM. Les responsables politiques ne peuvent rester insensibles à une telle majorité dans l’opinion…

    Pour compliquer la situation pour les responsables politiques, certaines études attestent de la nécessité des cultures OGM pour répondre à la demande alimentaire mondiale dans les années à venir et cette question est un point épineux dans les discussions entre les États-Unis et l'Union européenne sur la création d'une zone de libre-échange transatlantique…

  • Une pastèque sculptée thaï invite au voyage

    pasteque sculptee.jpgLa sculpture de fruits et légumes est indissociable de la cuisine thaïlandaise. Celle-ci implique un équilibre entre le contraste des saveurs épicées et subtiles, sucrées et salées, mais elle est aussi concernée par des valeurs esthétiques car les thaïs pensent que la nourriture doit être un plaisir autant pour l'oeil que pour le palais. Ici une pastèque sculptée invite au voyage...


    Fruits et légumes sont sculptés à l'occasion de la réception d'invités, d'offrandes faites aux moines, des ordinations, des mariages et des funérailles royales. La sculpture sur fruits a de ce fait un caractère spirituel indéniable. Comme les statues de beurre ou les mandalas de sable tibétains, elle est une expression de l'impermanence soulignée par le bouddhisme.

    L'anecdote la plus ancienne concernant la sculpture sur fruits et légumes remonte à l'année 1364. L'histoire se passe à Sukhotai, capitale du nouveau royaume thaï qui venait de s'émanciper du joug khmer. A l'occasion de la fête du Loy Krahtong, Nang Nopphamat (Thao Sichulalak), première épouse du roi Phra Ruang et princesse consort, avait décoré un krathong avec des fruits et légumes sculptés. 

    Le Loy Krahtong est une fête qui a lieu tous les ans à la pleine lune de novembre et qui marque la fin de la mousson et de la récolte du riz. A cette occasion, de petites embarcations, figurant une fleur de lotus, sont fabriquées avec des feuilles de bananier. On y dispose de l'encens, des bougies allumées et une pièce de monnaie, puis on les lâche sur les rivières, les fleuves ou la mer pour s'attirer la bonne chance et se nettoyer de ses péchés. 

    Le roi Phra Ruang fut ébloui à la vue du krahtong qui avait été décoré avec une profusion de fleurs, de lapins, de cygnes et de nombreux autres animaux sculptés sur des fruits et légumes et qui flottait, tel un gros nénuphar. Appréciant fortement cette innovation de sa royale épouse, il décréta que la sculpture sur fruits et légumes appartiendrait désormais aux arts rattachés au patrimoine culturel thaïlandais. 

    Pendant le premier règne de l'ère dite "Bangkok", Sa Majesté, le roi Rama 1er Le Grand organisa une compétition de sculpture sur fruits et légumes au festival du douzième mois lunaire (loy krathong). Des courges furent minutieusement sculptées pour présenter aux moines du riz sucré et les plateaux sur lesquels avaient été placés les bols étaient splendidement ornés avec des fleurs de toutes sortes sculptées dans des papayes badigeonnées de colorants naturels.

    La sculpture sur fruits et légumes (kae-sa-lak en thaï) était jadis réservée aux femmes de la cour royale et aux cuisiniers attachés à la royauté et à la noblesse. Les jeunes filles de la noblesse étaient envoyées au Palais Royal qui devint une université dédiée à cet art. 

    De nos jours, il s'est démocratisé et les maîtres sculpteurs ont transmis leur savoir-faire à la nouvelle génération. C'est pour cela qu'il est possible d'assister à des démonstrations de sculpture sur fruits et légumes dans certains hôtels thaïlandais de grande classe.

    Cette démocratisation se produisit en 1932 lorsque la Thaïlande devint une monarchie constitutionnelle pendant le Septième Règne. Une école d'économie domestique fut établie sous la responsabilité du Professeur Yeuan Phanuthat. 

    En 1934, Phraya Sarasatpraphan, le Ministre de l'Éducation, rassembla des professeurs venant de tout le pays et organisa un stage d'une année dans différents arts dont la sculpture sur fruits et légumes faisait partie. C'est à partir de ce moment-là que "Kae sa lak" se répandit dans les milieux populaires.

    Cet art demande de la concentration et, bien sûr, de l'habileté manuelle et du goût. Il se pratique traditionnellement assis en "seiza" (genoux pliés, pieds sous les fesses).

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