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  • Le GIEC alerte sur l’insécurité alimentaire due au changement climatique

    Insécurité alimentaire, accès à l'eau, déplacements de population, risques de conflits... Les impacts du changement climatique, qui affecte déjà «tous les continents et les océans», vont s'aggraver au 21e siècle, avertissent les experts du GIEC dans un rapport publié le 31 mars 2014 à Yokohama (Japon).

    «La probabilité d'impacts graves, étendus et irréversibles s'accroît avec l'intensification du réchauffement», note ce rapport intitulé «Changement climatique 2014: impacts, adaptation et vulnérabilité».

    Ce nouvel opus du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) de l'ONU, prix Nobel de la paix, est le fruit d'un immense travail - 12 000 publications passées en revue - et constitue l'état des lieux scientifique le plus complet depuis le rapport de 2007.

    Les travaux du GIEC (195 pays) servent de base aux négociations internationales sur le financement des actions d'adaptation et la réduction des gaz à effet de serre: l'objectif est de limiter le réchauffement à 2° C en moyenne par rapport aux niveaux pré-industriels, la planète ayant déjà pris 0,8°C et la trajectoire actuelle nous conduisant vers +4° à la fin du siècle.

    Dans de nombreuses régions, le changement dans les régimes de précipitations et la fonte des neiges et des glaciers ont déjà modifié les systèmes hydrauliques, «affectant les ressources en eau en quantité et en qualité».

    Le changement climatique a également eu un impact plus«négatif» que positif sur la production alimentaire (blé et maïs). L'aire de répartition, le nombre d'individus ou les pratiques migratoires de nombreuses espèces marines et terrestres se sont modifiés.

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    Toute la planète est concernée

    D'ici à la fin du XXIe siècle, leGIECprévoit une baisse globale des ressources des océans, quel que soit le niveau de réchauffement. Sur terre, la production de blé, maïs et riz devrait être affectée avec une hausse locale du thermomètre de 2° C par rapport aux niveaux de la fin duXXe siècle,«même si certaines régions pourraient en tirer bénéfice».

    La carte des zones de pêche devrait être redessinée, avec des espèces marines plus nombreuses dans les latitudes moyennes et hautes, et en baisse autour des tropiques avec «de forts taux d'extinction au niveau local».

    La situation s'aggravera, selon le GIEC, après 2050, exposant davantage les pays d'Afrique et d'Amérique du Sud.

     «Tous les aspects de la sécurité alimentaire seront potentiellement affectés par le changement climatique», notamment la disponibilité de la nourriture et la stabilité des prix, et les populations des zones rurales seront beaucoup plus touchées, prévient le document.

    Une aggravation des événements climatiques extrêmes, tels que les inondations des zones côtières, les sécheresses et les vagues de chaleur, va conduire à une augmentation des déplacements de population, notent les scientifiques.

    Avec un accès plus dur à l'eau et aux ressources alimentaires, et des migrations accrues, le changement climatique «va indirectement augmenter les risques de conflits violents».

    Enfin, les problèmes sanitaires causés par des vagues de chaleur vont s'aggraver, tout comme - dans les régions pauvres - les maladies en lien avec la malnutrition ou la mauvaise qualité de l'eau.

    Le GIEC relève que le réchauffement a déjà eu «au cours des dernières décennies, des impacts sur les systèmes naturels et humains sur tous les continents et les océans».

    Les risques concernent dès aujourd'hui toutes les régions du monde.

    En Afrique, l'accès à l'eau sera l'un des aspects les plus marquants du réchauffement. En Europe, l'aggravation des inondations et leurs conséquences sur les infrastructures et les effets sanitaires des vagues de chaleur sont mis en avant.

    En Asie, inondations et vagues de chaleur risquent de provoquer d'importants déplacements de population. L'Amérique du Nord va être touchée par davantage d'évènements extrêmes (chaleur, inondations côtières, incendies). L'Amérique latine sera confrontée à la problématique de l'accès à l'eau.

    Les régions polaires et les îles seront particulièrement affectées par un climat plus chaud, via la fonte accélérée des glaciers et la montée du niveau des océans.

    Nombre de phénomènes physiques sont engagés dans un mouvement irréversible (hausse de la température, montée et acidification des océans, recul des glaciers, etc.), et la nécessité d'agir «à court terme» est toujours plus pressante, dit le GIEC.

    Des solutions existent

    «Les risques liés au changement climatique peuvent être réduits en limitant sa vitesse et son ampleur», rappelle le GIEC, qui préconise des mesures«d'adaptation» au réchauffement attendu.

    Parmi les mesures préconisées par le GIEC : l'installation de systèmes d'alerte, d'abris contre les cyclones et les inondations ; la protection des mangroves pour épargner les côtes; amélioration du stockage d'eau et des techniques d'irrigation ; la création de nouvelles pratiques agricoles ; de meilleurs programmes d’alerte sanitaire et de vaccination ; la création de zones protégées et l'identification de groupes vulnérables ; la diversification de l'économie.

     

    Source : GIEC, http://www.lapresse.ca/

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