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  • Nanoproduits en alimentaire, une dangerosité mal évaluée et donc non maîtrisée

    ANSESL’ANSES (Agence nationale, de sécurité sanitaire, de l’environnement et du travail) demande de renforcer la réglementation européenne sur les nanomatériaux, de stimuler la recherche pour réduire les incertitudes sur le plan scientifique et de se doter d’outils réglementaires et normatifs ».

    Son rapport sur l’évaluation scientifique des risques publié le 15 mai sur les nanoparticules souligne, les effets toxiques de ces substances sur des organismes vivants et sur l’environnement comme le montrent les tests in vitro et in vivo sur l’animal. Certains types de nanomatériaux passant au travers des barrières physiologiques, sont suspectés d’avoir un effet néfaste sur le système nerveux tandis que d’autres ont des effets cancérigènes ou génotoxiques.

    Les nanoparticules dans les produits alimentaires et les cosmétiques

    ANSES,risques,sécurité sanitaire,additifs alimentaires,toxiques,nanomarticules,nanomatériaux,silice,nano-argent,dioxyde de titale,emballage,génotoxiques,système immun,nanotubes de carboneLes nanomatériaux se retrouvent dans certains additifs alimentaires comme les nanoparticules de silice (SiO2) utilisées pour des applications anti-mottant, antiagglomérant ou encore comme modificateur de viscosité (sauces, assaisonnement, poudres alimentaires, dentifrice, crèmes solaires à filtre anti-ultraviolet, dentifrice) ou du nano-argent comme agent antibactérien. La présence de nanoparticules manufacturées de dioxyde de titane (TiO2) a également été détectée par les scientifiques.

    Les matériaux nanométalliques entrent également dans la composition de films alimentaires, dans les matériaux en contact avec les denrées alimentaires, ainsi que dans certains emballages alimentaires comestibles.

    En 2011, la DGCIS (Direction générale de la compétitivité et des services) avait placé le secteur agroalimentaire au cinquième rang des industries les plus consommatrices de nanomatériaux.

    L’Anses a débuté ses travaux sur les nanomatériaux dès 2006 et mis en place en 2012 un groupe  permanent d’experts dédié aux enjeux sanitaires et environnementaux liés à l’exposition aux nanomatériaux.

    De nombreux risques potentiels

    Si de nombreuses voies d'absorption et de translocation (migration des particules à partir de leur site de déposition) ont été démontrées, induisant ainsi un risque systémique potentiel, d'autres sont encore hypothétiques  comme celui impliquant la circulation sanguine vers le système nerveux central ou le placenta ou du foie vers le tractus gastro-intestinal, etc.

    Ces résultats d’études animales sont associés à des doses importantes (≥ 0,1 mg) mais ils posent néanmoins la question de la toxicité des nanomatériaux pour la reproduction. Globalement, les mécanismes de transport moléculaires responsables du transport des nanomatériaux vers les organes systémiques ne sont pas encore élucidés.

    Des effets génotoxiques de plusieurs nanomatériaux ont été mis en évidence (NTC, ZnO, TiO2). Cette génotoxicité peut être directe, via l’interaction des nanomatériaux avec l'ADN ou avec l'appareil mitotique, ou liée à la production de radicaux libres résultant ou non d'un processus inflammatoire.

    Des effets cancérogènes ont également été mis en évidence chez l’animal exposé à des nanomatériaux tels que les nanotubes de carbone et les nanoparticules de cobalt et de nickel. Toutefois, les études à faible dose et dans des conditions d’exposition proches de l’exposition humaine sont encore trop rarement accomplies et doivent être privilégiées. Encore peu d’études in vivo de toxicité pour le système nerveux ou la reproduction sont disponibles

    Compte tenu de leur structure et de leurs propriétés uniques, les nanomatériaux peuvent potentiellement interagir spécifiquement avec le système immun et être capables de modifier les réponses immunes.

    En France, certains nanomatériaux utilisés ne sont pas déclarés

    La France est depuis le 1er janvier 2013 le seul pays où les nanomatériaux sont soumis à déclaration obligatoire de leurs (articles L. 523-1 à L. 523-8 du Code de l’environnement).

     

    On peut se demander pourquoi certains nanomatériaux comme le nano-argent ou les nanotubes de carbone ne sont pas déclarés alors que la loi s’impose à tous les fabricants, distributeurs et importateurs

     

    Source : ANSES

  • L’indice trophique, un exemple d’indicateur scientifique dangereux

    alimentation,indice trophique,prédateur,omnivoreLe n° 73 de Sciences au Sud, revue trimestrielle de l’IRD, publie un article sur les travaux récents du biologiste Sylvain Bonhommeau de l’Ifremer, travaux qui visent à situer l’homme dans la chaîne trophique, plus communément appelée chaine alimentaire.


    Ce n’est pas parce que ces travaux ont fait auparavant l’objet d’un article dans Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America qu’ils sont réellement utiles. Les chercheurs sont souvent à la recherche d’indicateurs synthétiques mais l’indice trophique est l’un des moins pertinents ! Qu’on en juge…

    Pour le biologiste, l’homme n’est qu’un modeste prédateur

    Avec 6 autres chercheurs français, Sylvain Bonhommeau a calculé l’indice trophique de nombreuses espèces pour les positionner dans la chaîne alimentaire en fonction de leur régime.

    Cet indice, qui sert souvent de référence, repose sur une échelle de 1 à 5. Le premier niveau, le rang 1, correspond aux organismes (plancton et plantes) qui transforment l’énergie solaire en biomasse. Le rang 2 est celui des animaux qui consomment ces végétaux (ruminants et autres herbivores) ; le rang 3 les carnivores qui les dévorent ; le rang 4 ceux qui les dévorent à leur tour et le rang 5 tous les prédateurs supérieurs tels que l’orque qui se nourrit de phoques, eux-mêmes se nourrissant de poissons, etc. Ceux qui ont un régime mixte ont un indice moyen.

    C’est ainsi qu’il est attribué en moyenne à l’homme le niveau trophique de 2,2, niveau qui varie de 2,04 au Burundi (régime essentiellement végétarien) à 2,54 en Islande où la consommation de poisson est importante.

    Sans être biologiste, nous savons tous que l’homme est un omnivore depuis des millénaires. C’est d’ailleurs ce qui a permis à l’espèce humaine de survivre et à se propager sur toute la terre, quelque soient les conditions climatiques locales.

    Il n’est donc pas étonnant que l’homme ait un indice trophique comparable à celui du porc, animal tout aussi omnivore.

    Un indicateur à utiliser avec beaucoup de précaution

    Un indicateur opérationnel est un indicateur qui permet de mesurer l’impact des objectifs visés. Encore faut-il qu’il ne soit pas ambivalent lorsqu’on consolide l’ensemble des indices et qu’il n’incite pas à prendre des décisions contradictoires.

    Les chercheurs soulignent que l’indice trophique de l’homme s’élève au fur et à mesure que la consommation de produits carnés simultanément à la hausse des revenus. Le niveau trophique humain se serait ainsi accru de 40% au cours des cinquante dernières années et les chercheurs s’interrogent justement sur la durabilité de cette évolution.

    Les limites de cet indicateur sont vite atteintes. En effet, que passe-t-il si on consolide l’indice entropique pour l’ensemble des êtres vivants et si on considère souhaitable de faire baisser l’indice trophique ?

    Dans cette hypothèse, l’objectif inciterait à éliminer d’abord les prédateurs supérieurs, puis tous les carnassiers (lions, loups, tigres, etc.), puis les carnivores stricts (thons, mantes religieuses..) pour s’attaquer ensuite aux omnivores…

     

    Source : Eating up the world’s food web and the human trophic level” 

  • Le safran, une épice bénéfique pour la santé mais potentiellement toxique

    safran,épice,anti-oxydant,toxique,Il est produit environ 20 à 50 kg/an de safran en France et 60 tonnes en Iran. Les études de l’effet  du safran sur l’homme montrent son caractère ambivalent de cette épice pour l’homme.

    De même que certains oligo-éléments métalliques (aluminium, argent, arsenic, bismuth, nickel) sont à la fois indispensables à la biologie des organismes vivants mais peuvent s’avérer toxiques en fonction de leur dosage (a fortiori en cas d’allergie), le safran est a de nombreux effets positifs sur la santé humaine alors qu’il peut s’avérer rapidement toxique.

    Le laboratoire des Sciences et Techniques Alimentaires de l’Institut Meurice de Bruxelles vient de publier une synthèse dans la revue IAA-Industries Alimentaires et Agricoles.

    Les multiples intérêts du safran pour la santé humaine

    Outre l’intérêt culinaire de cette épice utilisée en cuisine traditionnelle pour la couleur et les arômes amers particuliers qu’elle apporte, les études réalisées depuis 1998 montrent que plusieurs de ses composés phénoliques et acides ont des propriétés anti-oxydantes qui confirment son intérêt thérapeutique.

    La tradition incitait à l’utiliser pour le traitement de l’insomnie, de l’asthme, des maladies cardiaques, de la flatulence, de l’indigestion, de la goutte et de l’aménorrhée.

    Les études récentes en laboratoire ont montré un intérêt pharmacologique potentiel lié à sa capacité anti-oxydante ou à son implication dans le métabolisme physiologique pour traiter la dépression, la maladie d’Alzheimer, la leishmaniose, les troubles de l’érection, l’obésité et certains cancers.

    Un nutriment potentiellement toxique

    Les études ont montré qu’administré par voie orale à des rats, la dose létale se situerait à l’équivalent de 1 gramme pour l'homme. De ce fait, il est contre-indiqué pour les femmes enceintes.

    Cette épice est également toxique pour le portefeuille...  Il faut en effet 150 000 à 200 000 fleurs –plus exactement 450 à 600.000 stigmates de ces Crocus sativus récoltées manuellement- en automne pour produire un kilo de safran. Celui-ci est vendu environ 2à à 30 000 euros / kg, soit plus de trois fois le prix du caviar.

     

    Source : IAA, mars-avril 2014

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