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  • Le Fonds européen d’aide aux plus démunis attribue 499 millions d’euros à la France

    commission européenne,aide alimentaire

    La Commission européenne a approuvé le 31 juillet 2014 le programme opérationnel français 2014-2020 qui s’appuiera sur le nouveau Fonds européen d’aide aux plus démunis (FEAD).

    Lancé en janvier 2014 et doté, au niveau européen, de 3,8 milliards d’euros jusqu’en 2020, le FEAD vise à briser le cercle vicieux de la pauvreté et du dénuement en apportant une assistance non financière (denrées alimentaires notamment) aux citoyens européens les plus vulnérables. Il contribue ainsi à réaliser l’un des principaux objectifs de la stratégie Europe 2020 : la fin de la pauvreté et de l’exclusion sociale pour au moins 20 millions de citoyens européens d’ici à 2020.

    La France, 1ère bénéficiaire de l'aide européenne

    La France, qui est le premier État membre dont le programme FEAD est adopté, recevra 499 millions d’euros en prix courants au cours de la période 2014-2020 afin de financer la fourniture d’aide alimentaire à ceux qui en ont le plus besoin dans le pays (ce montant sera complété par une enveloppe de 88 millions d’euros provenant de ressources nationales).

    En France, le FEAD sera employé de la même manière que le précédent Programme de distribution de denrées alimentaires aux personnes les plus démunies (PEAD) et le montant annuel des financements sera légèrement plus élevé (jusqu’à 79 millions d’euros en 2014, contre 71,3 millions en 2013).

    Toutes les conditions sont réunies pour permettre à la France de financer son programme d’aide alimentaire à destination des personnes les plus démunies, en partenariat avec quatre grandes associations, la Croix-Rouge française, la Fédération française des banques alimentaires, les Restaurants du cœur et le Secours populaire.

    Afin d’éviter toute interruption dans l’aide offerte durant la phase de transition entre l’ancien programme de distribution de denrées alimentaires et le nouveau FEAD, les autorités françaises ont déjà eu recours à des fonds nationaux pour assurer la distribution de denrées alimentaires. Ces dépenses pourront être remboursées rétroactivement par le FEAD.

    Par exemple, des briques de lait ont été distribuées au printemps dernier. Maintenant que son programme opérationnel est approuvé, la France recevra une avance correspondant à 11 % de la dotation totale. Ce montant couvrira les dépenses passées et permettra d’assurer le financement nécessaire pour préparer la campagne d’aide de l’hiver prochain.

    Source : Commission Européenne

  • La sécurité nutritionnelle humaine menacée par l’augmentation du CO2 dans l’air

    culture,céréales,nutimentsDes chercheurs de l'Université israélienne de Ben Gourion ont montré que l'augmentation des taux de dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphère fait diminuer de façon dramatique la quantité de zinc, de fer et de protéines dans les plantes, menaçant directement la sécurité nutritionnelle de nombreuses populations.

    Une analyse crédible à grande échelle

    Les plantes utilisent le CO2 lors de la photosynthèse. Elles le piègent, le fixent et l'utilisent pour fabriquer leurs propres nutriments. Il existe plusieurs mécanismes de fixation du CO2, parmi lesquels celui dit en "C3" (pour le blé, le riz, le soja, etc.) et le mécanisme de fixation "en C4" (mais, sorgho, etc.). Le premier est typique des régions à ensoleillement faible, eau abondante, faible taux de CO2 et températures moyennes. Le second, plus efficace, est typique des zones chaudes, sèches, très ensoleillées et où le taux de CO2 est plus élevé.

    Depuis le début des années 1990, les chercheurs ont constaté une diminution des quantités de zinc et de fer dans certaines plantes utilisées pour la nutrition humaine, comme le blé, l'orge et le riz. Cette baisse se produisait lorsque ces plantes étaient cultivées dans une atmosphère artificielle avec un taux élevé de CO2 imposé. Cependant les conditions de cultures et la petite taille des échantillons ne permettaient pas de tirer des conclusions significatives.

    Depuis, une nouvelle technologie de culture a été mise au point, le Free Air Concentration Enrichment (ou FACE). Cette technique permet de cultiver des plantes à l'air libre tout en modifiant la quantité de CO2 absorbée par les végétaux. Des tuyaux horizontaux ou verticaux sont placés autour des terrains expérimentaux et diffusent du CO2 jusqu'à atteindre le taux désiré. Celui-ci est dosé grâce à des capteurs eux-mêmes reliés à un ordinateur chargé de réguler les émissions.

    Le problème de la petite taille des échantillons a ainsi été résolu en regroupant des données venant de cultures utilisant le FACE au Japon, en Australie et aux Etats-Unis. L'équipe du docteur Kloog du Department of Geography and Environmental Developmentde l'Université Ben Gourion du Néguev a ensuite analysé ces données, effectuant des comparaisons entre 143 échantillons récoltés après 6 périodes de culture et regroupant 41 génotypes végétaux différents. Les analyses concernaient la partie comestible du riz, du blé, du soja, des petits pois, du mais et du sorgho. Les taux de CO2 administrés étaient de 546 à 586 parties par million, ce qui correspond aux taux atmosphériques moyens estimés pour 2050.

    Des résultats inquiétants et une piste d’espoir

    Grâce à cette méthode, les chercheurs israéliens ont montré que le zinc, le fer et les protéines diminuent de façon significative dans les plantes "C3", cultivées avec un haut taux de CO2.

    On note ainsi une baisse de 9,3%, 5,1% et 6,3% respectivement en zinc, fer et protéines dans le blé cultivé dans ces conditions. Pour les légumes (soja et petits pois), la baisse concernait uniquement les taux de zinc et de fer 

    De plus la biodisponibilité de ces nutriments peut être réduite. En effet, l'étude montre que le taux de phytate diminue de façon significative dans le blé cultivé dans les conditions "FACE". Or, le phytate est une molécule importante, qui conditionne l'absorption du zinc par l'intestin lors de la digestion.

    Etant donné que les taux de CO2 sont appelés à augmenter de manière significative (et ce, même si des changements réels sont opérés dans les prochaines années au niveau des politiques environnementales), les carences en fer, zinc et protéines risquent de causer un désastre humanitaire.

    Néanmoins, un espoir subsiste car les analyses concernant les champs de riz ont montré une grande variabilité entre les échantillons, suggérant qu'il existe certains génotypes moins sensibles à l'augmentation de CO2 que d'autres. Ces plants peuvent servir de base pour créer des cultures plus résistantes et tenter d'éviter ainsi les risques de malnutrition.

    Source : Nature, May 7, 2014

  • La révolution verte africaine concernera aussi l’élevage

    Avec l'amélioration du niveau de vie, la demande d'aliments d'origine animale devrait tripler sur le continent d'ici à 2050. Une occasion unique de structurer et de moderniser le secteur.

    L'Afrique n'échappera pas à la tendance déjà observée en Amérique latine et en Asie : la croissance du revenu par habitant, le dynamisme démographique et l'urbanisation vont entraîner une hausse considérable de la consommation de produits alimentaires d'origine animale.

    Les aspirations des Africains

    Selon les projections de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), en 2050, les marchés de la viande et du lait sur le continent auront plus que doublé pour atteindre respectivement 34,8 et 82,6 millions de tonnes.

    nutrition diet,"De plus en plus d'Africains s'apprêtent à rejoindre la classe moyenne. Leurs aspirations diététiques évoluent, et les familles cherchent à introduire davantage de protéines animales dans leur régime quotidien", analyse Colin Watson, expert des questions agricoles chez l'investisseur sud-africain Phatisa, qui gère notamment le fonds spécialisé African Agriculture Fund (AAF).

    Toujours selon la FAO, le marché des aliments d'origine animale sur le continent, estimé à 51 milliards de dollars (environ 35 milliards d'euros) en 2005-2007, devrait presque tripler d'ici à 2050.

    Selon la FAO, les producteurs africains éprouveront toujours plus de difficultés à répondre à la croissance de la demande. Sur la même période, les importations de viande devraient plus que quintupler, passant de 0,9 à près de 5 millions de tonnes, quand celles de lait devraient quasiment doubler, jusqu'à 10,2 millions de tonnes.

    Produire et transformer localement

    À force de recourir massivement aux importations, l'Afrique risque de manquer une importante occasion de développement. "Produire localement la nourriture en ayant recours aux meilleures pratiques internationales, avec de grandes exploitations et des méthodes intensives : voilà la marche à suivre", défend plutôt Colin Watson.

    Le Maroc a pris de l'avance dans la production de lait avec la Centrale laitière, filiale du français Danone, qui compte 120.000 éleveurs partenaires. La filière locale de la viande rouge demeure quant à elle peu développée. La faute, selon Hammou Ouhelli, président de la Fédération interprofessionnelle des viandes rouges (Fiviar), à des abattoirs vétustes, "toujours sous la coupe des collectivités locales".

    Mais Omar Iraqi, directeur des achats chez Koutoubia, l'un des principaux acteurs de l'élevage marocain, est réaliste : "La filière bovine a peu de chances de se développer en raison du prix élevé des aliments [pour le bétail] et du manque d'eau." Pour lui, "la chance du Maroc, c'est la viande blanche".

    L'Algérie est encore plus de retard que son voisin. Ziane Fayçal, consultant indépendant spécialiste de l'agroalimentaire, est catégorique : "Il n'existe pratiquement pas de filière de transformation de la viande, si bien que le boeuf est presque exclusivement importé du Brésil et de l'Inde."

    Des innovateurs

    Au sud du Sahara, où la marge de progression est très importante, certains acteurs montrent la voie. Ainsi, le zambien Zambeef, fort de 40 millions de dollars investis par la Société financière internationale (IFC, filiale de la Banque mondiale) depuis 2010, mise avec succès sur une intégration verticale, de la production d'aliments pour son bétail à partir de ses propres cultures jusqu'à la distribution. En plus d'approvisionner le marché national en engraissant chaque année 24.000 bovins, le groupe exporte et a une filiale au Nigeria. En 2013, son chiffre d'affaires a atteint 300 millions de dollars, pour une marge brute de 100 millions.

    En Afrique noire francophone, plusieurs entreprises se distinguent, bien qu'à des stades peu avancés. Siat Gabon, filiale locale du belge Siat, a mis sur pied un ranch de 100.000 hectares et vise un cheptel de 20.000 têtes à l'horizon 2017. En RD Congo, les familles belges Damseaux et Forrest possèdent respectivement 55.000 et 35.000 têtes de bétail à travers leurs sociétés Orgaman et Grelka. En Côte d'Ivoire, Exat, jusqu'alors spécialisé dans la culture de l'hévéa, tente de se lancer dans l'élevage tandis que deux unités de transformation de lait frais, Ivolait et Normandia, affichent une capacité de traitement de 1.100 litres/jour.

    Concilier élevage traditionnel et élevage intensif

    élevage,traditionnel,nomade,MadagascarUne question interpelle les observateurs : comment réussir à concilier les deux types d'élevage en jeu, la forme traditionnelle, dite extensive, qui emploie beaucoup de main-d'œuvre, et la forme intensive, plus à même de soutenir la concurrence internationale ?

    Le Maroc tente, non sans mal, d'avancer sur la voie intensive tout en préservant les 1,5 million de personnes qui vivent de l'élevage avec des barrières tarifaires très élevées (200%) sur l'importation de carcasses.

    Au Sahel où il joue un rôle central (40% du PIB agricole) et en Afrique Centrale, l'élevage traditionnel est en danger à cause de l’insécurité dans plusieurs pays, des changements climatiques et de la pression démographique. "Il se vend de plus en plus de zébus brésiliens au Congo. Produire de la viande au Brésil coûte deux fois moins cher. Personne ne peut lutter contre cela", estime Philippe Lecomte, chercheur au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad).

    Pour Cheikh Ly, de l'Institut international de recherche sur l'élevage, et Simplice Nouala, du Bureau interafricain des ressources animales, les politiques doivent désormais favoriser un modèle à deux vitesses : "Encourager l'élevage intensif permettrait d'augmenter la production animale et la productivité des agriculteurs, ce qui devrait générer des retombées en termes d'emploi et de consommation. Et soutenir l'élevage extensif aiderait les plus pauvres à tirer pleinement parti de leur bétail."

    Mettre en place des financements innovants

    Pour encourager l’élevage intensif tout en soutenant l’élevage extensif, il faut trouver des mécanismes de financement et structurer les filières, de l'élevage à la distribution en passant par la transformation (abattage) et l'instauration d'une chaîne du froid.

    Pour répondre à la fois aux intérêts des éleveurs traditionnels et aux exigences de sécurité alimentaire, les décideurs africains pourraient s'inspirer de l'exemple de la Laiterie du Berger. Soutenue par Danone Communities (incubateur et fonds d'investissement social du groupe Danone), cette société a été fondée par le Franco-Sénégalais Bagoré Bathily en 2005. À l'origine, un constat : 90% du lait consommé au Sénégal est importé sous forme de poudre, alors que 30% de la population vit de l'élevage. Aujourd'hui, la société collecte près de 2.500 litres de lait chaque jour auprès de 800 éleveurs : une filière qui bénéficierait aujourd’hui  à plus de 10.000 personnes,

    Quelques pionniers africains

    Les journalistes de Jeune Afrique ont détecté plusieurs pionniers africains. Leur credo : transformer sur place les aliments produits localement. Mais ils ont dû faire face à de grands obstacles : des infrastructures défaillantes, un foncier peu sûr, des filières agricoles mal organisées, sans parler de la concurrence des produits finis importés plus ou moins frauduleusement.

    Jacques Ponty, PDG de Centrale laitière (Maroc), partenaire de Danone depuis 1986 et arrivé au Maroc en mars 2013, a pour mission de renforcer le leadership de la firme (65 % de part de marché et un CA de 600 millions d'euros en 2012) avec le développement de la filière en amont (grâce à 120 000 éleveurs partenaires), tout en améliorant les capacités de stockage et de production en aval.

    Ali Berbich, Président du directoire de Zalagh Holding (Maroc) maîtrise tous les maillons de la chaîne de production avicole (444 millions d'euros de CA en 2012). Sa stratégie : "consolider notre intégration verticale et renforcer notre part de marché."

    Tahar Bimezzagh, Président de Koutoubia Holding, détient 75 % du marché de la charcuterie industrielle marocaine avec huit filiales, six sites de production et une maîtrise complète de la chaîne de production, de l'élevage à la distribution en passant par l'abattage et la transformation.

    Hamdi Meddeb, PDG de Stial Délice Danone (Tunisie), devenue leader de l'industrie laitière en Afrique du Nord. Il se veut intraitable sur la qualité. Car si cette dernière a un prix, elle consolide aussi une position dominante sur le marché.

    Abdelwahab Ben Ayed, PDG fondateur de Poulina,premier groupe privé tunisien (608 millions de CA en 2012), est un pragmatique. Il s'est lancé au début des années 1970 dans les affaires à partir d'une petite unité avicole. Devenu le roi du poulet, il s'est depuis diversifié dans bien d'autres métiers, mais toujours en appliquant la même recette : intégrer au maximum les filières pour avoir le moins possible recours à des fournisseurs extérieurs.

    Jean-Marie Ackah, PDG de la Société ivoirienne de productions animales (Sipra), qui détient 60 % du marché avicole et a investi 22 millions d'euros pour augmenter ses capacités dans l'alimentaire, la nutrition animale et la minoterie, achetant des matières premières à plus de 20 000 cultivateurs de céréales.

    Bagoré Bathily, vétérinaire de 40 ans,est à la tête d'une des rares laiteries industrielles d'Afrique de l'Ouest, avec Niger-Lait ou Tiviski en Mauritanie. Selon lui, "Les États doivent soutenir les produits transformés sur place".

    Source : Jeune Afrique

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