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  • Des chercheurs québécois mettent au point un dispositif miniature pour tester la toxicité de l'eau

    UQAMDes chercheurs de l'Université du Québec à Montréal ont mis au point un véritable laboratoire portatif qui permet de détecter en quelques minutes une pollution toxique de l’eau. L’enjeu est crucial car l’eau est le seul aliment vital. On meurt en effet de soif avant de mourir de faim.

    "Il s'agit d'un test de pollution basé sur la fluorescence des algues, explique Florent Lefèvre qui a travaillé sur ce projet dans le cadre de sa thèse en chimie. Avec notre dispositif, qui tient dans une main, nous pouvons évaluer la toxicité d'un échantillon d'eau en quelques minutes."

    Ce projet est un bel exemple de recherche multidisciplinaire : il a été conçu par l'équipe du professeur Ricardo Izquierdo, du Département d'informatique, en collaboration avec celle du professeur Philippe Juneau, du Département des sciences biologiques.

    Le principe du micro-système d’analyse

    Ce micro-laboratoire repose sur la photosynthèse des algues, qui comptent parmi les plus petites cellules au monde et qui sont très sensibles aux polluants. "Lorsque les algues sont exposées à la lumière, elles deviennent fluorescentes, explique Philippe Juneau, c'est-à-dire qu'elles réémettent la lumière absorbée selon une longueur d'onde très précise. Or, cette bioluminescence varie en fonction de leur exposition aux polluants contenus dans l'eau."

    Pour intégrer un organisme vivant dans un micro-système, il faut deux composants :
    - un système de canaux micro-fluidiques, qui permet au liquide - un échantillon d'eau auquel on a mélangé des algues microscopiques - de circuler ;
    - des capteurs combinant une diode électroluminescente qui émet de la lumière absorbée par les algues et une photodiode qui transforme en signal électrique la bioluminescence produite par les algues.

    Le signal est décodé par un logiciel qui permet de détecter la présence de polluant dans l'échantillon testé. Ce logiciel traite des paramètres précis à l'intérieur des cellules des algues selon le même principe qu'un bilan de santé.

    UQAM,laboratoire,polluants,eauLe dispositif ressemble à un mini-lecteur CD pour ordinateur. La languette que l'on retire présente six chambres de test. "On peut analyser six concentrations différentes de polluants ou se constituer des échantillons témoins, ou même effectuer six fois le même test", note Philippe Juneau.

    Un large potentiel de valorisation

    Ce micro-laboratoire pourrait servir autant au particulier qui veut tester l'eau de son puits qu'à l'agriculteur ou l'industriel qui veut savoir si ses eaux de rejet sont toxiques. Cette propriété permet également de tester un échantillon d'eau avec plusieurs espèces d'algues, qui possèdent des sensibilités différentes aux polluants, comme les métaux ou les pesticides, par exemple. "C'est utile car on ne sait pas toujours le type de polluants que l'on recherche", note Philippe Juneau. Une fois les échantillons déposés dans les puits, on insère la capsule dans le dispositif. On appuie sur le bouton de mesure et le logiciel nous indique les résultats.

    Dans le cadre de sa maîtrise en biologie sous la direction de Philippe Juneau, Marie-Claude Perron a évalué différentes espèces d'algues en lien avec leur sensibilité à divers polluants, afin d'établir les combinaisons d'algues à prescrire pour les différents tests de toxicité.

    Elle a testé avec succès des polluants comme les perturbateurs endocriniens - dont le β-estradiol, une hormone de synthèse entrant dans la fabrication de la pilule contraceptive qui peut se retrouver dans les milieux aquatiques. En effet, les algues n'ont pas de système endocrinien, mais leur photosynthèse est affectée par ces perturbateurs,

    Deux brevets

    Le dispositif doit être actuellement branché à un ordinateur. Il pourrait être connecté à un téléphone portable. 

    L
    es scientifiques cherchent à intégrer les algues dans la puce pour que l'utilisateur n'ait qu'à déposer une goutte d'eau dans chaque chambre de test pour réduire les manipulations. Le système pourrait également être intégré dans un processus industriel.

    Le Service des partenariats et du soutien à l'innovation de l'UQAM a déposé deux brevets afin de protéger la propriété intellectuelle du dispositif. Le premier porte sur l'intégration des mesures optiques et électriques dans une plateforme pour mesurer la pollution de l'eau et le second sur la méthode de fabrication des capteurs électriques.

    L'UQAM qui détient les brevets travaille avec la société de valorisation Aligo Innovation afin de trouver des industriels disposés à acheter les brevets ou des licences.»

    Reste un défi pour les chercheurs : trouver un moyen de conserver les algues.  «Je travaille sur la stabilisation des cultures d'algues, pour obtenir du matériel utilisable deux à trois mois après l'avoir encapsulé», explique Marie-Claude Perron, biologiste.

    Source : Université du Québec

  • Le groupe Supreme veut investir 500 millions de dollars dans des PME agroalimentaires africaines

    Supreme GroupSupreme Group BV, spécialiste international de l’« integrated supply chain », prévoit d’investir 500 millions de dollars en participations dans des PME agroalimentaires africaines.

    La réalisation de cette ambition a été inaugurée en janvier 2015 avec l'acquisition de 42% du capital de la biscuiterie tunisienne GEPACO. Elle découle du désir du groupe de renforcer son implantation sur le continent africain, en particulier en Côte d’Ivoire, Kenya, Afrique du Sud, Maroc...

    SUPREME Group,investissements en Afrique,GEPACO,biscuiterie tunisienneSelon Honoré Dainhi, président de la division Afrique de Supreme Group, cette expansion se fera sur le modèle ayant abouti à l’acquisition dans GEPACO, détentrice de la marque « Moulin d’Or » que le groupe veut développer sur l’ensemble du continent.  

    «Notre investissement est axé sur le secteur commercial des produits alimentaires et des boissons non-alcoolisée en Afrique, en contact direct avec le consommateur. Nous prenons au sérieux notre stratégie d'acquisition et nous nous réjouissons de la perspective de nouer de nouveaux partenariats avec des organisations privées et d'effectuer des investissements à long terme axés sur la croissance et les partenariats… Nous discutons déjà des investissements potentiels dans des usines de production ainsi que dans de nouvelles méthodes de distribution et de personnalisation des produits» a confié Honoré Dainhi à Afrimag.

    Supreme Group intervient dans une vingtaine de pays en conflit. Il a construit dès 1957 sa réputation en tant que fournisseur en vivres et carburant de l'armée américaine stationnée en Allemagne, puis en Afghanistan ainsi que des contingents des Nations Unies en Egypte et au Liban.

    A partir de sa direction opérationnelle à Dubaï, la compagnie s’est implantée en Afrique au sortir de la guerre du Golfe pour y alimenter les bases de vie des compagnies pétrolières et minières.

    Un management pas si éthique

    Sur son site Internet, Supreme Group met l’accent sur ses règles éthiques.

    Mais, en décembre 2014, The Wall Street Journal a publié une information sur les surfacturations des fournitures de produits frais et d’eau par Supreme à l’armée américaine en Afghanistan. Les révélations ayant été confirmées, Supreme a été écarté par le Pentagon des fournisseurs pour 2014. En conséquence, son chiffre d’affaires a chuté de 2,5 milliards $ à 1,7 milliards.

    De plus, Supreme Group a été condamné à payer une amende de 389 millions de dollars.

    Après cette condamnation et la perte du marché de l'armée américaine, le groupe doit chercher un nouvel axe de développement. Il semble avoir choisi l'Afrique. Espérons que ses dirigeants y seront plus respectueux du Code de management éthique publié par le groupe.

    Sources : Afrimag.net, The Wall Street Journal

  • Un projet allemand de tri des déchets industriels agroalimentaires par des conduits dépressurisés

    BiosuckLe projet international Biosuck vise à développer un système d'aspiration des déchets organiques en industrie agroalimentaire.

    Financé par le ministère fédéral allemand de la recherche, il est conduit par l'Institut Fraunhofer des technologies de l'environnement, de la sécurité et de l'énergie (UMSICHT) d'Oberhausen avec l’appui de scientifiques norvégiens de NTNU et polonais de l’IETU jusqu’en septembre 2016.

    L'industrie agroalimentaire génère d'importantes quantités de déchets organiques lors de ses différentes étapes de fabrications (épluchures, coquilles, sang, os...). Ceux-ci sont en général évacués via des systèmes hydrauliques consommant une grande quantité d'eau et nécessitant un traitement spécifique en fin de processus.

    Pour réduire ses coûts, le projet Biosuck propose de mettre en place un système de conduits en dépression permettant d'aspirer directement à la source les déchets des différents postes de travail. Ceux-ci sont évacués vers des points de tri où ils peuvent être valorisés sous forme d'énergie (biomasse, Les déchets résiduels pourront être incinérés, convertis en biogaz ou en bioéthanol dans les installations de fermentation, voire transformés en lignite par carbonisation hydrothermale (HTC), ou en engrais, le tout sans consommer d'eau.

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      Schéma de principe du système évacuant les déchets organiques de l'usine vers deux postes possibles : en haut à droite, les engrais, en bas à droite la valorisation énergétique.

    Les ingénieurs du Fraunhofer estiment que ces conduits permettraient de diminuer la consommation d'eau de 50 à 80% selon les secteurs (l'eau reste nécessaire pour le nettoyage des outils ayant besoin d'une hygiène irréprochable).

    Par ailleurs, un tel système permettrait aussi d'isoler les odeurs et de maintenir les animaux nuisibles à distance des déchets, le système étant parfaitement étanche pour maintenir la dépression dans les conduits. Enfin, l'installation ne nécessiterait qu'une place minimale à l'intérieur de l'usine et diminuerait les coûts logistiques.

    Une installation pilote sera construite et une base de données élaborée sur MS-Excel®. Conçues comme un système d'aide à la décision (Decision support system DSS), il simulera les résultats prévisibles et d’effectuer une étude d’impact environnemental comportant une analyse du cycle de vie.

    Source : Fraunhofer UMSICHT

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