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  • Le commerce extérieur agroalimentaire chinois est toujours très dynamique

    En 2014, le commerce agroalimentaire de la Chine a atteint 207 milliards $, soit une progression de 5,8% par rapport à l'année précédente. Les importations a représenté 135 milliards $ (+5,3%) et les exportations 72 milliards $ (+6,7%), le déficit commercial enregistré s’établissant donc à 63 milliards $. Le déficit n’était que de 5 milliards $ en 2006.

    Malgré sa croissance très rapide, la part du commerce agricole sur l'ensemble des échanges extérieurs de la Chine avec le monde reste marginale avec 3% du total des exportations et 7% des importations totales.

    Globalement, il faut rappeler que, selon le FMI, la Chine est devenue la première économie du monde. Elle est aussi devenue le premier pays importateur et exportateur. En 2014, les exportations totales ont progressé plus vite que les importations : les exportations chinoises se sont élevées à 2.300 milliards de dollars (6% de plus que l'an dernier) tandis que les importations ont peu augmenté (0,51%) avec 1.960 milliards. En conséquence, la balance commerciale de la Chine est positive, atteignant 0,38 milliards, 4,7% de plus qu'en 2013.

    On remarquera que les échanges extérieurs ont progressé moins vite que l’économie globale dont la croissance a été de 7,4% en 2014 et 7% prévue en 2015 selon les annonces faites en mars au Congrès National du PCC. Les investissements et la demande intérieurs sont donc devenus les principaux moteurs du développement économique chinois.

    Un commerce agroalimentaire dynamique à multiples facettes 

    Avec la mise en œuvre de sa politique de sécurité alimentaire qui privilégie le secteur céréalier moins exigent en eau, la Chine couvre 95% de ses besoins en céréales avec une production en progression régulière au cours de la dernière décennie pour atteindre 607  millions de tonnes en 2014, la demande pour nourrir une population croissante qui modifie ses habitudes de consommation avec la hausse de son pouvoir d'achat, les achats de matières premières progressent rapidement.

     

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    Les tourteaux de soja destinés à l'alimentation des animaux, représentent à eux seuls 30% de la valeur des importations agricoles. Ils sont suivis par le coton, le lait entier en poudre, l’huile de palme. Certaines catégories ont progressé plus vite que la moyenne : les bois bruts (26%), les produits laitiers (lait en poudre 26%, 74% fluide lait, le fromage 48%), les poissons congelés (7%), les fruits et légumes (17%), les drêches de maïs (26%), le sorgho (344%), de l'orge (97%), le riz (17%), les graines de sésame (14%), la viande de mouton (20%), les bovins vivants (134 %), la luzerne (29%),

    Par contre ont régressé les importations de coton (-41%), de la laine (-12%), d’huile de palme (1-1%), d-e laits infantiles (-34%), de sucre (-28%), d’huile de soja (1-4%) et de colza (-57%), de blé (-48%), de maïs (22%) et de pois secs (-32%).

     

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    Il y a une concentration significative des fournisseurs agroalimentaires: : 20 pays représente 83,7% des importations, dont les États-Unis (22,4%), le Brésil (16,1%), l'Australie (6,6%), la Nouvelle-Zélande (6,3%), le Canada (4,6%), la Thaïlande (3,9%), Argentine (3,4%), l'Indonésie (3,1%) et la Malaisie (2,6%)... la France (2%).
    L’impact des importations de soja explique la place des États-Unis, de l'Argentine et du Brésil. La France ne se place au premier rang que dans le secteur des vins embouteillés avec 45% des importations chinoises.

    Les exportations agricoles de certains pays sont très dépendantes des importations chinoises. Elles représentent plus de 80% des exportations totales pour la Nouvelle-Zélande, l’Argentine et l’Uruguay, le Brésil et le Canada se situant dans la moyenne (25%) alors qu’elles ne représentent que 12% des exportations agroalimentaires françaises.

     

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    Les principaux fournisseurs de produits agricoles qui ont des accords de libre-échange (ALE) signé avec la Chine, ont un avantage concurrentiel Ces pays sont la Nouvelle-Zélande, le Chili, le Pérou, la Thaïlande, l'Indonésie et le Vietnam. L'Australie va certainement renforcer sa position après l'entrée en vigueur de l'ALE conclu avec la Chine en décembre 2014.

    Les exportations chinoises couvrent une large gamme de produits agricoles ( calamars congelés, ail frais, champignons, granulés de soja, les aliments préparés, pommes, etc.) avec des destinations aussi concentrées que pour les importations : 20 pays, surtout asiatiques, représentent 828% des exportations chinoises, dont le Japon (16%), Hong Kong (12%), Etats-Unis (10%) et la Corée du Sud (7%).

    Source :Ambassade d’Argentine en Chine 

  • Les filières animales devraient être plus soutenues par les pays africains du Sahel

    Les filières animales devraient être plus soutenues dans les grands pays d’élevage du Sahel comme le Niger, le Mali ou le Burkina Faso en proportion du budget général de l’Etat et en comparaison des soutiens accordés à l’agriculture végétale. Or, ces filières sensibles pourraient devenir un socle de l’intégration régionale ou une sérieuse pomme de discorde. 

    Selon l’OCDE, si on comptabilisait la contribution de l’élevage à l’agriculture (fumure, attelage), ainsi que d’autres services (sous produits, épargne), la contribution au PIB agricole s’élève à 50% au Mali, Burkina Faso, Niger,  Mauritanie et Tchad.

    Mais, dans l’ensemble de l’économie dans ces pays, certaines analyses notent que « le poids relatif de l'élevage dans les économies nationales est en baisse constante. Il ne représenterait plus aujourd'hui que 10 à 15% du PIB au Burkina et au Niger. Or, c’est le principal produit échangé entre les pays sahéliens et les pays côtiers. Il représente donc un important facteur d’intégration régionale.

    Une réalité surprenante et diverse

    sahel,politique agricole,élevage,consommation de produits animaux,produits laitiers,sécurité alimentaire,éthnique,niger,mali,burkina fasoElle est surprenante dans des pays qui respectent leurs engagements à dédier 10% du budget national à l’agriculture.

    C’est surtout étonnant quand leurs  filières animales sont dites par tous comme stratégiques, porteuses ou prioritaires.

    On distingue traditionnellement dans les pays sahéliens les populations d’éleveurs (ou de pasteurs) situées plutôt au Nord, des agriculteurs sédentaires établis au Sud dans les zones plus humides. Cette « spécialisation » économique correspond aussi à des modes de vie et des traditions ethniques différentes. Elle est aussi liée à des causes climatiques : les grands espaces arides au Nord sont impropres à l’agriculture et sont principalement mis en valeur par les grands troupeaux et la pratique de l’élevage transhumant.

    De plus en plus d’éleveurs traditionnels développent des activités agricoles et deviennent des «agropasteurs». De même, de plus en plus d’agriculteurs traditionnels investissent dans l’élevage (certains parlent de « pastoralisation »), qui fournit des services agricoles importants (fumure et attelage) et constitue une activité rentable.

    De « nouveaux acteurs », grands propriétaires disposant de milliers de têtes de bétail, sont arrivés dans le secteur, en particulier après les grandes sécheresses, et profitant de la dégradation continue des termes de l’échange bétail/céréales et de l’appauvrissement des pasteurs. Il existe quelques fermes dites « modernes » laitières ou mixtes, en périphérie des villes, pratiquant l’élevage sédentaire, semi intensif voire hors sol et fortement encouragées par les autorités locales 

    Une offre qui ne suit pas une demande africaine dynamique

    La production animale est tirée par une demande urbaine des pays côtiers en forte croissance. Les dépenses alimentaires se divisent en trois part équivalentes : 1/3 de produits animaux, 1/3 de produits de sauce, 1/3 d’amylacées de base. On estime que la demande urbaine africaine en produits carnés aura plus que triplé entre 2005 et 2025 (OCDE), surtout celle des viandes blanches qui progresse la plus vite 

    Bien que la consommation de produits laitiers soit globalement en hausse, la filière lait peine à se développer dans les quatre pays. L’offre ne suit pas la demande urbaine et les importations de poudre augmentent à un rythme soutenu. Ces importations croissantes sont à la fois une réponse de court terme au déficit de l’offre et une cause de celle-ci, puisque le prix du lait en poudre importé défie toute concurrence sur les marchés et  décourage ainsi la production et la structuration de filières locales. D’autres facteurs permettent d’expliquer ce problème du lait, parmi lesquels l’insuffisance d’alimentation pour le bétail en saison sèche et des difficultés structurelles, notamment au niveau de la collecte et de la conservation de ces produits périssables. Avec la mise en place du tarif extérieur commun de la zone Cedeao (Tec) et la fin des quotas laitiers en Europe, les importations vont encore croitre.

    De faibles soutiens publics à l’élevage

    sahel,politique agricole,élevage,consommation de produits animaux,produits laitiers,sécurité alimentaire,éthnique,niger,mali,burkina fasoLes pays du Sahel respectent les engagements de Maputo de consacrer 10% de leur budget à l’agriculture, mais la part de l’élevage ne représente que le dixième des soutiens agricoles publics et de l’aide internationale.

    Les produits animaux sont considérés comme des produits « de luxe », touchant les populations aisées, et n’intervenant pas dans une problématique de sécurité alimentaire.


    Les différentes politiques sont surtout axées sur la promotion des techniques de production dites (semi) intensives (insémination artificielle, stabulation…). L’accent est mis sur la santé animale, l’amélioration génétique, le développement de « fermes modernes » péri-urbaines en lien avec l’aval et à la transformation.

    Par ailleurs, les politiques publiques cherchent à réduire la mobilité des éleveurs par la réalisation d’ouvrages hydro-pastoraux et par l’organisation de zones et d’unités pastorales. Cette politique de sédentarisation vise à taxer une filière considérée comme prospère, limiter les conflits agriculteurs/éleveurs attribués aux transhumants, en finir avec un mode de production réputé incapable de répondre à la demande sur le long terme, limiter les impacts réels ou supposés de l’élevage sur l’environnement. Or, la plupart des fermes modernes basées sur l’exploitation des parcours et des ranchs d’Etat sont des échecs.

    Malgré tout, on observe une tendance à la hausse de la part de l’élevage dans les dépenses agricoles, en particulier au Mali, au Niger et au Sénégal

    Des préjugés persistants 

    Pendant longtemps, les élites au pouvoir se sont méfiées des éleveurs, en particulier des éleveurs transhumants considérés comme des populations incontrôlables parce que mobiles, indisciplinées et privilégiées.

    Les éleveurs sont considérés comme des populations nanties, que la possession d’un cheptel place hors du danger de la faim. C’est omettre leur vulnérabilité particulière aux aléas climatiques et la différentiation croissante entre une population de petits éleveurs précaires aux côtés de grands éleveurs « nantis » ; dans les régions sahéliennes « 15% des ménages peuvent posséder à eux seuls environ 47% des terres cultivées, 54% du cheptel petit ruminant et 70% du gros cheptel » selon l’expert Seidou Bakari (2013).

    Le mode de production pastoral ou agro-pastoral est assimilé à une catégorie ethnique alors que si les bergers appartiennent souvent à la communauté peul, la propriété du bétail, y compris du bétail transhumant est beaucoup moins identifiable, et concerne la quasi-totalité des groupes ethniques.

     

    Source : Inter-reseaux.org

  • Les régimes alimentaires se radicalisent et se communautarisent sous les effets du marketing

    La segmentation traditionnelle des régimes alimentaires était surtout influencée par l’appartenance à une région (régime méditerranéen, cuisines régionales promues par la restauration, fast food), par des interdits religieux (casher, hallal…) et par les intolérances allergiques. Les différences régionales tendent à s’estomper pour faire place à de véritables idéologies nutritionnelles avec la constitution de véritables communautés.

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    Dans son billet humoristique du 14 avril dans La Croix, Alain Rémond ironise : «  ça se complique du côté des régimes alimentaires. Jusqu’ici, pour moi, les choses étaient simples. Soit on était omnivore (on mange de tout), soit on était végétarien (on ne mange pas de chair animale, mais on accepte les aliments d’origine animale, comme les œufs ou le lait), soit on était végétalien (ni viande, ni poisson, ni lait, ni œufs). Et voilà  que j’apprends qu’existe le flexitarisme, qui est une espèce de végétarisme à la carte : chez soi, on est plutôt fruits et légumes, mais au resto ou chez des amis on s’autorise viande et poisson. J’ai à peine le temps de digérer cette nouvelle qu’on m’informe qu’il existe aussi le pescatarisme (ou pesco-végétarisme), un végétarisme qui autorise les poissions et les fruits de mer (il parait que c’était le régime des cathares). Et même le pollotarisme (ou volaillo-végétarisme) où cette fois c’est la volaille qui est autorisée (mais pas le foie gras qui est pourtant de la volaille). Sans oublier le pollo-pescatarisme, végétarisme qui autorise viande et poison. Et quand on mange à tous les râteliers, ça s’appelle comment ? »

    La liste d’Alain Rémond est loin d’être exhaustive puisqu’il y a autant de régimes alimentaires que de modèles nutritionnels. Ainsi « l’alimentation vivante » s’inscrit dans le crudivorisme, mouvement qui comprend plusieurs sous-groupes : les granivores (consommer surtout des graines), les frugivores (surtout des fruits), les instinctos (consommer les aliments, dont des produits animaux, sans les mélanger), les liquidariens (presque uniquement des jus), et les adeptes de l’« écologie alimentaire » (consommer cru, mais de tout, y compris viandes et insectes). Le point commun de tous ces régimes alimentaires est que les aliments sont consommés majoritairement crus ou en totalité.

     

    Il faut ajouter l’alimentation macrobiotique avec sa dimension spirituelle orientale (la cuisson des aliments se fait jusqu'à évaporation complète de l'eau de façon à conserver le maximum de nutriments) et sa dérivée l’alimentation macrobiotique végétalienne, sans parler de l’alimentation véganiste

    Parmi ces régimes alimentaires à connotation spirituelle, on peut citer également les celui préconisé au XIIème siècle par l’abbesse allemande Ste Hildegarde de Bingen.

    Quelques-uns se réfèrent à des modèles historiques, voire préhistorique tel que l’alimentation néolithique.

    L'influence de Models Business

    Des magazines grand public surfent sur l’attente des consommateurs, surtout des consommatrices, particulièrement préoccupées par leur silhouette et leur bien être. Ainsi Femme actuelle a lancé « Régime et plaisir, le premier régime qui libère vos envies » alors que Femina se contente de sélectionner des aliments « brûle-graisse » 

    Il y a aussi les modèles alimentaires pseudo-scientifiques développés par les Models Business d’entreprises avec la mise en place de groupes de consommateurs pour promouvoir le régime maison. Le plus connu est Weight Watchers. Autre société américaine, Hippocrate Institute propose une « alimentation vivante » où les aliments deviennent nos médicaments…

     

    La PME française PiLeJe promeut la micro-nutrition qui part du postulat que chaque individu a un métabolisme et des besoins qu’il convient de satisfaire avec l’apport de micronutriments adaptés.

    Mais manger sainement peut devenir une maladie dénommée orthorexie liée à un trouble du comportement alimentaire. Différente de l'anorexie ou la boulimie, l'orthorexie ne se traduit pas par le fait de consommer un volume et une quantité de nourriture inappropriés mais par une véritable obsession de la qualité de celle-ci. Une quête de perfection alimentaire qui peut s'avérer être, avec le temps, psychologiquement épuisant et source d'exclusion sociale.

    L’influence marketing sur nos régimes alimentaires s’intéresse aussi à l’alimentation des animaux de compagnie. Actuellement, seules les grandes multinationales font des offres structurées dans ce domaine, des associations se cantonnant dans la critique des aliments industriels. Mais une offre alternative ne saurait tarder… 

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