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  • Les Maliens de Bamako contraints à devenir végétariens

    Les Maliens ont du changer d’habitudes alimentaires avec la crise née de la dévaluation de 50% du Franc cfa en 1994 et entretenue par l'insécurité politique. Ils sont devenus de fait végétariens et ne peuvent plus consommer que des produits de saison agrémentés de bouillons cube. Le salaire moyen est resté à Bamako à 30.000 Fcfa, soit moins de 50 euros/mois et guère plus du double pour un ingénieur. Le sac de 50 kg de mil ou de riz y coûte 20.000 Fcfa.

    Les témoignages recueillis par Boubacar Sankaré

     

    Un vieux marabout qui vit depuis cinq ans sous un manguier de la capitale relève avec humour rappelle avec humour et nostalgie le temps : « Même les mendiants étaient repus. Ils avaient la chance de recevoir de bons restes : ailes intactes de pintade, têtes de poisson, gros morceaux de viande… ». Depuis les maliens oublient de réserver la part du pauvre.

     

    Les prix de certaines denrées alimentaires ont doublé. C’est le cas de la viande de bœuf dont le kilo coûte 1.200 Fcfa et le sucre 500 Fcfa, voire plus. Pendant deux ans les Maliens ont résisté pour rester fidèles à leurs habitudes alimentaires. Mais ils ont dû capituler.

     

    Que mangent-ils à présent ? Difficile de le savoir ; car cette question pour de nombreux Maliens, est un peu déplacée tant le partage de nourritures appartient à l’intimité de la vie familiale. Mais la crise aidant, les langues se délient peu à peu.

    En témoigne cet ingénieur agronome de Bamako : « Avec un salaire de 60.000 Fcfa, avant et après la dévaluation, j’ai voulu maintenir le même niveau de vie mais en 1996 j’ai finalement craqué. Avec ma famille, on mange aujourd’hui peu de viande. On compense avec le niébé (espèce locale de haricot). Pour le poisson, je vais de temps en temps à la pêche ».

    Une jeune ménagère fait un constat similaire : « Que voulez faire avec 500 Fcfa ? On ne peut même pas acheter un demi-kilo de viande ! La cuisine, on la fait seulement à midi. La nuit, on peut se contenter de bouillie ou dormir à jeun. Après tout, le ventre est un bon confident. Il ne dit à personne ce que celui qui le porte a mangé ! ».

    Dans les grandes villes maliennes, la stratégie des ménagères se résume à un principe de base : s’approvisionner le moins cher possible en profitant des saisons où les légumes et autres produits inondent le marché.

    De janvier à mai : salade, choux, carottes, pommes de terre… L’été, de juin à octobre, céréales et légumineuses sont à l’honneur : les ventres bedonnent alourdis de Tô (la bouillie de mil), de couscous et de haricots. Puis vient enfin d’octobre à janvier la période bénie des plats de riz tant prisés des Maliens.

     

    Gargote-Bamako_2012.jpg

    L'ersatz des bouillons cube

    Trop coûteuse, la viande a été remplacée par les bouillons cube, des cache-misère qui trompent le palais. Il suffit de quatre petits cubes, à 25 Fcfa l’unité, pour qu’une famille d’une dizaine de personnes ait l’illusion de la viande ou du poisson. Cette frénésie cubiste a gagné les restaurateurs de Bamako. « Avec ces cubes, mon client a le choix pour son plat de riz à 150 F entre trois sauces : poisson, bœuf ou poulet » déclare avec fierté une gargotière de Bamako. 

    Mais, à terme, la consommation abusive de ces cubes en lieu et place de la viande ou du poisson peut poser des problèmes de santé. Elle risque d’entraîner des carences en protéines car ces ingrédients aromatiques n’ont qu’une faible valeur nutritive. De plus, ils contiennent une proportion importante de sodium. Certains hôpitaux maliens s’alarment déjà d’une progression de l’hypertension parmi les malades.

    Source : Maliweb

  • Coca Cola se lance dans la vente de boissons lactées « premium »

    Coca Cola,sodaFace à la baisse des ventes ( -3% en 2013) de sodas aux USA, Coca Cola mise sur le développement d’autres boissons tels que les jus de fruits et les boissons énergisantes. Le groupe s’est lancé en décembre 2014 dans la commercialisation de lait aux Etats-Unis.

     

    La consommation de lait liquide est globalement en baisse. Mais le groupe se positionne sur une gamme de lait considéré par le groupe comme « premium », à la fois enrichi et light afin de répondre aux attentes des consommateurs américains qui veulent des produits de meilleure qualité et plus naturels.

     

    fairlife,boissons,laitTraité par microfiltration, la gamme dénommée appelée Fairlife présente, en effet, la particularité d’être sans lactose. Ce lait « haut de gamme » contient 50 % de protéine et de calcium en plus que le lait traditionnel, tout en étant allégé en gras et en sucre (de 30 %). Par contre, il est vendu en moyenne deux fois plus cher, d’où son positionnement « premium ».


    Le groupe Coca Cola a noué dès 2012 une joint-venture à 50/50 avec une coopérative de producteurs laitiers, Select Milk Producers, qui s’approvisionne auprès d’une centaine de fermes familiales pratiquant une agriculture dite « durable ».


    Selon le site Fairlife, ces fermes privilégient trois aspects fondamentaux :

    - la traçabilité (les fermes produisent elles-mêmes l’alimentation de leurs bêtes ou microfiltrent elles-mêmes leur lait,
    - le bien-être des animaux
    - la durabilité, en produisant du biocarburant par méthanisation du fumier et des ex-filtrats.


    Parmi les fermes fournissant du lait à Coca Cola, la plus connue aux Etats-Unis est une exploitation laitière géante appelée Fair Oaks Farms dans l’Indiana qui a été acquise par la joint-venture Coca Cola/Select. Son troupeau compte 35.000 vaches laitières qui produisent chacune en moyenne 8.500 litres par an, soit près de 2.000 litres de plus que la moyenne française. Elle pourrait fournir chaque jour un verre de lait à 3,5 millions d’Américains.


    Malgré son gigantisme, Fair Oaks Farms est largement ouverte aux visiteurs, organise des animations interactives et a ouvert un restaurant sur place en juillet 2014. Des visiteurs ont surnommé la ferme les « Duggars » des vaches laitières.


    Coca Cola affirme que son investissement dans le lait s’inscrit dans la durée. Pour le moment, il n’est pas prévu que le lait de la marque Fairlife soit commercialisé en France.


    Il est à noter que Coca Cola est déjà présent aux USA dans le secteur des yaourts avec Chobani, un yaourt grec qui est à la fois riche en protéines et moins sucré que les yaourts grecs classiques.

    Sources : CocaCola, Fair Oaks

  • Les priorités de la Commission Européenne définies pour la recherche en agroalimentaire

    Avec le rapport « Tomorrow’s Healthy Society – Research Priorities for Foods and Diets », la Commission Européenne a identifié ses priorités pour mettre en œuvre le programme de recherche Horizon 2020 dans le secteur agroalimentaire

    A la demande de la Direction générale de la recherche et de l’innovation, le Joint Research Center (JRC) s’est projeté à l’horizon 2050.

     

    Centrée sur le consommateur européen, la réflexion du groupe a retenu comme hypothèses globales communes : changement climatique modéré (augmentation de la température de 2°), faible taux de croissance, population mondiale de 9 milliards de personnes, population européenne stable avec augmentation à 28% des personnes âgées et immigration continue pour renforcer la population active, développement des applications digitalisées.

     

    recherche,agroalimentaire,horizon 2020En s’appuyant sur une analyse factorielle des habitudes alimentaires et de ce qui peut les influencer (équilibre temps de travail/loisirs, références sociales individuelles, acceptabilité des évolutions technologiques, évolution des structures de la chaine agro-alimentaire, politiques en termes d’environnement, de nutrition et de santé appliquées à l’agroalimentaire),

     

    Elle décrit quelle pourrait être la situation de l’Union européenne en 2050 avec deux facteurs discriminants : les prix agricoles (bas ou élevés) et les valeurs sociales dominantes (sens communautaire ou individualisme).


    recherche,agroalimentaire,horizon 2020

     


    4 scénarios ont servi de base pour identifier les priorités de recherche :

    - « Healthy new world », caractérisé notamment par des efforts importants de prévention des maladies,

    - « Heal the world », avec une chaîne alimentaire européenne plus durable sur le plan environnemental),

    - « Eat to live » où les inégalités sociales s’accroissent encore de manière significative, 

    - « Me, myself and I », où l’individualisme et les nouvelles technologies règnent.

    10 thème prioritaires

    10 thèmes prioritaires de recherche ont été identifies pour répondre aux challenges et aux opportunités qui découlant de ces scénarios, Ils peuvent être regroupés en 4 domaines

    1. Vers une alimentation plus saine : élaboration de politiques intégrées;

    . Améliorer les bases scientifiques pour l'adoption de comportements alimentaires sains

    . Développer une démarche scientifique pour appréhender les politiques alimentaires et de la nutrition

    . Fournir un cadre pour concevoir, suivre et évaluer les politiques

    2. Alimentation, de nutriments et la santé: interactions croisées et les risques émergents;

    . Approfondir la compréhension de la nutrition humaine et de sa complexité

    . Anticiper les risques émergents

    3. Faire des régimes alimentaires individualisés une réalité

    . Créer et développer les données nécessaires aux régimes individualisés

    . Analyser la faisabilité et les impacts de régimes alimentaires sains individualisés

    4. Esquisser et promouvoir le système alimentaire de 2050

    . Comprendre le rôle social de l’alimentation

    . Esquisser un système alimentaire durable avec la production d’ingrédients alimentaires sûrs pour la santé

    . Soutenir les technologies qui répondent aux besoins sociaux 

    Le groupe d’études était constitué d’universitaires et de cadres des services de la Commission. Bien que le rôle social de l’alimentation constitue l’un des thèmes prioritaire de recherche, on peut noter que aucun charcheur universitaire français ou italien n’a été mis à contribution… Espérons que les chercheurs originaires de pays où la gastronomie constitue un élément du patrimoine mondial seront plus impliqués dans la mise en œuvre du programme Horizon 2020.

     

    Par ailleurs, il est dommage que n’apparaisse pas dans le rapport les interactions entre un modèle alimentaire européen et les autres modèles. Il est très probable que ces interactions, déjà perceptibles depuis la seconde guerre mondiale, ne feront que s’amplifier avec la mondialisation des entreprises industrielles et commerciales. Ce travail semble avoir été trop influencé par la mode du « locavore »…

    Source :  European Commission

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