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Blog - Page 4

  • La production de drogue peut pallier à l’insécurité alimentaire de certains pays

    Dans le dernier numéro de la revue Sciences du Sud, des chercheurs de l’IRD (Institut de Recherche et du Développement) souligne les liens paradoxaux qu’il peut y avoir entre l’économie de la drogue et le développement de certains pays producteurs.

    Pour ceux qui critiqueraient la mise en parallèle de ces deux problématiques, il faut constater avec ces chercheurs que :

    -          le chiffre d’affaires de la drogue est 7 à 8 fois plus élevé que le volume des aides publiques au développement

    -          en dépit des initiatives  incitatives/coercitives mises en œuvre depuis près d’un demi-siècle, en particulier sous l’impulsion américaine, la production de matières naturelles hallucinogènes n’a fait que croître et leur prix baisser, accroissant d’autant la demande

    -          les réseaux économiques et politiques se sont parfois, selon Eric Léonard, tournés vers les activités illicites pour compenser les risques entraînés par la volatilité des prix des matières premières conventionnelles

    Au Mexique, la production de drogues est socialement acceptée

    drogue,cocaïne,Mexique,IRDJean Rivelois estime que, malgré les multiples communiqués de l’armée repris par les médias, l’économie souterraine mexicaine de la drogue n’est pas réellement remise en cause. Les pratiques transgressives tolérées s’y perpétuent et s’étendent aux acteurs de l’économie informelle. Elles sont même acceptées par l’Etat et l’opinion tant qu’elles redistribuent les revenus et préservent la paix sociale, renforçant ainsi la légitimité des responsables politiques. Les entreprises déclarées de l’économie formelle peuvent sous-traiter une partie du travail à des acteurs informels pour profiter de leur flexibilité.

    Les enquêtes montrent, conformément à la pure logique libérale, une capacité d’adaptabilité des travailleurs eux-mêmes qui passent alternativement d’un travail formel ou à une occupation souterraine ou informelle selon les besoins et les opportunités. Ces activités illicites paraissent comme un recours indispensable dans une économie de survie, comme un ultime moyen d’intégration sociale et d’acquisition d’un statut.

    Selon Jean Rivelois « La corruption qui accompagne cette tolérance est même assimilée à un impôt informel, s’ajoutant à celui prélevé par l’Etat ».

    La culture du pavot à opium assure la subsistance du petit paysan de plusieurs pays

    Si la production des produits dérivés (morphine, héroïne…) enrichit les réseaux mafieux de distribution, la rentabilité de la culture du pavot à opium est rarement au rendez-vous par rapport aux cultures vivrières et aux autres productions de rente (coton..). Elle dépend beaucoup des structures ( surfaces cultivables et main d’œuvre disponibles) et des conditions de production.

    En Birmanie, la culture du pavot est attractive car elle succède à celle du riz pluvial montagnard. Pierre-Arnaud Chouvy constate que, malgré le coût de la main d’œuvre, « l’opium et son calendrier permettent à de nombreuses familles montagnardes de pallier des déficits vivriers structurels.

    drogue,pavot,opium,morphine,blé,céréaliculture,sécurité alimentairePar contre, en Afghanistan, le pavot pousse à la même période que le blé qui est la base de l’alimentation traditionnelle locale. Les agriculteurs doivent donc choisir entre les deux productions. Or, selon P-A Chouvy, s’il n’a qu’une faible surface cultivable disponible et que le rendement est faible, « un paysan afghan nourrira vraisemblablement mieux sa famille nombreuse en y produisant de l’opium qu’en ayant recours à la céréaliculture ». S’il risque régulièrement l’insuffisance alimentaire, le paysan n’a alors pas d’autre choix que la production de pavot à opium ou disparaître.

     

    Source : Sciences du Sud n°71 – octobre 2013

  • Les 7 obstacles à surmonter pour alimenter le monde en 2050

    Alltech, symposium, GLIMPSELe Dr Pearse Lyons , président et fondateur de Alltech, leader mondial de la nutrigénomique animale, est optimiste sur la capacité du secteur agricole à satisfaire les besoins pour nourrir une 3 milliards d’habitants de plus d’ici 2050. Son groupe a organisé en août un symposium qui expose de façon synthétique les obstacles à surmonter.

    Selon le président d’Alltech, il est supposé généralement que «résoudre» les défis agricoles est le rôle des gouvernements, de l’organisation des Nations Unies, des ONG et des organismes de bienfaisance. Si toutes ces institutions font un travail de fond important, l’expérience des 40 dernières années a démontré les limites de leurs approches. En outre, les solutions proposées par les courants conventionnels de pensée conventionnels sont lourdes à mettre en œuvre et souvent irréalistes.

    De plus et pour alourdir les freins, selon Aidan Connolly, vice-président du groupe, l'agro-industrie est vue par certains comme une partie du problème du fait de la poursuite de gains financiers à court terme au détriment du développement humain et de l'environnement. Il conteste cette idée en affirmant que «L'expertise de l’agroalimentaire peut s'avérer précieuse… Le secteur privé fait partie de la solution s’il saisit sa responsabilité en termes de production durable et en investissant sur le long terme.

    En tout état de cause, des obstacles inévitables doivent être surmontés et exigent une mobilisation maximale du secteur agricole. Pour le Dr Lyons « l'agriculture doit faire preuve de créativité et adopter plus rapidement les nouvelles technologies … Nous devons trouver le juste équilibre entre une production alimentaire durable et la protection des ressources naturelles tout en satisfaisant aux exigences des consommateurs ».

    GLIMPSE, un aperçu synthétique des obstacles à surmonter

    Avec un sens aigu de la communication, le symposium organisé par Alltech a été dénommé « GLIMPSE » parce que, tout en signifiant « aperçu » , il est l’acronyme anglais des 7 obstacles recensés :

    - Government. Les gouvernements seraient souvent le plus grand obstacle avec le poids de la bureaucratie, la réglementation et - dans certains lieux - la corruption endémique qui limitent le commerce alimentaire transfrontalier

    - Loss in food and ingredient supply chain. Ce second caractère de l’acronyme désigne le fait qu'un tiers de la nourriture produite est perdue ou gaspillée dans la production, la transformation, la distribution et l'utilisation finale. Dans les régions à faible revenu, les pertes sont en grande partie dues aux techniques de récolte, de stockage de conditionnement et de commercialisation . Dans les régions à revenu élevé, la majeure partie des pertes est le résultat du comportement des consommateurs.

    - Infrastructure. Une bonne infrastructure est une condition essentielle pour l’acheminement d’un produit arrive. De plus, elle améliore la compétitivité des pays exportateurs.

    - Markets. La volatilité de l'offre et de la demande est souvent exacerbée par les politiques gouvernementales et est aggravée par des mécanismes opaque de tarification. Cette volatilité freine les investissements par les fournisseurs.

    - Politics and policies. Au-delà de la bureaucratie, il y a le défi des politiques qui subventionnent des pratiques destructrices de l'environnement. Ainsi, la promotion des biocarburants et les interdictions d'importation sont un frein à l’efficacité du marché.

    - Science and innovation. Le prix Nobel Norman Borlaug a déjà remarqué que les sceptiques et les critiques des nouvelles biotechnologies souhaitent retarder l’autorisation de variétés améliorées en attendant des tests complémentaires qui offriraient plus de sécurité. Or, pour ce prix Nobel, « plus d'un demi-siècle de sciences agronomiques m'a convaincu que nous devrions utiliser le meilleur qui est à portée de main, tout en reconnaissant ses imperfections et ses limites. »

    - Environment. Selon les Nations Unies, l'agriculture doit produire plus par unité de surface, d'eau et de produits agrochimiques parce que les ressources se raréfient.

    Finalement, en adoptant une perspective de long terme, l'agro-industrie peut aider à réduire les pertes en apportant son expertise en supply chain dans les zones les moins développées et en participant à l’amélioration des infrastructures .

    Source : Allaboutfeed, Alltech

  • Le projet de l’éco-taxe soulève un débat politique surprenant

    eco-taxe,taxes,impôts,ecomouv,agroalimentaire,concession,tva,cour des comptes,députéL’inquiétude des salariés et des professionnels bretons de l’agroalimentaire s’est focalisée sur l’écotaxe poids lourds qui a été perçue comme le handicap de trop dans la bataille de la compétitivité.

    Certains parlementaires ont cru pouvoir surfer sur cette inquiétude et le mécontentement de toute une région en relevant le mode de gestion de cette taxe : son calcul, la mise en place des équipements nécessaire et sa perception seront concédés à l’entreprise privée Ecomouv’.

    Soulignant le coût de ces prestations (20% des recettes contre 13% en Allemagne) un groupe de députés eux demanderaient d’ailleurs une enquête parlementaire sur les conditions de signature du contrat de concession alors que le Conseil d'Etat a validé les modalités d'attribution du contrat.

    L’une des réflexions entendues d’un député écologiste me surprend. Selon lui, la perception de l’impôt devrait être uniquement assurée par des fonctionnaires de l’Etat. Sans doute considère-t-il que ceux-ci ne coûtent rien… Pourtant, les collectivités territoriales savent combien leur coûtent la prestation de simple gestionnaire assurée par les services de l’Etat.

    Par ailleurs, ce député semble oublier que la majorité des recettes de l’Etat (la TVA, les taxes sur les produits pétroliers, les assises sur les boissons alcoolisées, etc.) est perçue par des entreprises privées. Cette prestation de coûterait-elle rien ? En fait, au-delà de l'acceptabilité politique, il faudrait évaluer les coûts économiques simultanément aux potentiels de rendement des impôts et taxes.

    Lors de l’excellente émission didactique « Tout peut changer – Impôt : la grande injustice ? » diffusée le 4 octobre sur France 3, le journaliste François Lenglet a illustré le casse-tête de la TVA et de la diversité des taux applicables sur les produits alimentaires pour le gestionnaire de la restauration d’une maison de retraite. La difficulté est telle que l’ancien ministre des finances Hervé Gaymard avoue lui-même ne plus rien y comprendre…

     La Cour des Comptes serait bien inspirée en évaluant le coût économique de la perception des taxes et impôts, quel que soit le statut du percepteur.

    Pour revoir l'émission de France 3, cliquer ici

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