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Voyage - Page 5

  • Une pastèque sculptée thaï invite au voyage

    pasteque sculptee.jpgLa sculpture de fruits et légumes est indissociable de la cuisine thaïlandaise. Celle-ci implique un équilibre entre le contraste des saveurs épicées et subtiles, sucrées et salées, mais elle est aussi concernée par des valeurs esthétiques car les thaïs pensent que la nourriture doit être un plaisir autant pour l'oeil que pour le palais. Ici une pastèque sculptée invite au voyage...


    Fruits et légumes sont sculptés à l'occasion de la réception d'invités, d'offrandes faites aux moines, des ordinations, des mariages et des funérailles royales. La sculpture sur fruits a de ce fait un caractère spirituel indéniable. Comme les statues de beurre ou les mandalas de sable tibétains, elle est une expression de l'impermanence soulignée par le bouddhisme.

    L'anecdote la plus ancienne concernant la sculpture sur fruits et légumes remonte à l'année 1364. L'histoire se passe à Sukhotai, capitale du nouveau royaume thaï qui venait de s'émanciper du joug khmer. A l'occasion de la fête du Loy Krahtong, Nang Nopphamat (Thao Sichulalak), première épouse du roi Phra Ruang et princesse consort, avait décoré un krathong avec des fruits et légumes sculptés. 

    Le Loy Krahtong est une fête qui a lieu tous les ans à la pleine lune de novembre et qui marque la fin de la mousson et de la récolte du riz. A cette occasion, de petites embarcations, figurant une fleur de lotus, sont fabriquées avec des feuilles de bananier. On y dispose de l'encens, des bougies allumées et une pièce de monnaie, puis on les lâche sur les rivières, les fleuves ou la mer pour s'attirer la bonne chance et se nettoyer de ses péchés. 

    Le roi Phra Ruang fut ébloui à la vue du krahtong qui avait été décoré avec une profusion de fleurs, de lapins, de cygnes et de nombreux autres animaux sculptés sur des fruits et légumes et qui flottait, tel un gros nénuphar. Appréciant fortement cette innovation de sa royale épouse, il décréta que la sculpture sur fruits et légumes appartiendrait désormais aux arts rattachés au patrimoine culturel thaïlandais. 

    Pendant le premier règne de l'ère dite "Bangkok", Sa Majesté, le roi Rama 1er Le Grand organisa une compétition de sculpture sur fruits et légumes au festival du douzième mois lunaire (loy krathong). Des courges furent minutieusement sculptées pour présenter aux moines du riz sucré et les plateaux sur lesquels avaient été placés les bols étaient splendidement ornés avec des fleurs de toutes sortes sculptées dans des papayes badigeonnées de colorants naturels.

    La sculpture sur fruits et légumes (kae-sa-lak en thaï) était jadis réservée aux femmes de la cour royale et aux cuisiniers attachés à la royauté et à la noblesse. Les jeunes filles de la noblesse étaient envoyées au Palais Royal qui devint une université dédiée à cet art. 

    De nos jours, il s'est démocratisé et les maîtres sculpteurs ont transmis leur savoir-faire à la nouvelle génération. C'est pour cela qu'il est possible d'assister à des démonstrations de sculpture sur fruits et légumes dans certains hôtels thaïlandais de grande classe.

    Cette démocratisation se produisit en 1932 lorsque la Thaïlande devint une monarchie constitutionnelle pendant le Septième Règne. Une école d'économie domestique fut établie sous la responsabilité du Professeur Yeuan Phanuthat. 

    En 1934, Phraya Sarasatpraphan, le Ministre de l'Éducation, rassembla des professeurs venant de tout le pays et organisa un stage d'une année dans différents arts dont la sculpture sur fruits et légumes faisait partie. C'est à partir de ce moment-là que "Kae sa lak" se répandit dans les milieux populaires.

    Cet art demande de la concentration et, bien sûr, de l'habileté manuelle et du goût. Il se pratique traditionnellement assis en "seiza" (genoux pliés, pieds sous les fesses).

  • La politique russe de sécurité alimentaire coûte aux personnes à très faibles ressources

    food security index,sécurité alimentaire,La sécurité alimentaire est pour le gouvernement russe à la fois un enjeu de sécurité nationale majeur et un outil d’influence internationale. Il faut rappeler que ce terme («Food Security» in English) s’applique d’abord à l’aspect quantitatif, alors qu’on parle surtout de qualité sanitaire des aliments («Food Safety») pour les aspects qualitatifs. On ne peut en effet parler de qualité que s’il y a quelque chose à manger dans l’assiette ! Plus la part de l'achat de nourriture est importante dans le budget familial (>50%), plus la préoccupation de sécurité alimentaire est prégnante, ce qui est le cas dans la majorité des pays.

    La sécurité alimentaire, un élément de la sécurité nationale

    L’importance de la politique intérieure de sécurité alimentaire a été soulignée en Janvier 2010 avec la signature par le président Medvedev de la «Doctrine de la sécurité alimentaire" qui affirme : «La sécurité alimentaire en Russie fait partie intégrante de la sécurité nationale du pays ». Cette phrase est à la base de la politique agricole russe sur la période 2013-2020.

    La balance commerciale agroalimentaire s’était gravement dégradée dans la première décennie avec un déficit qui avait quintuplé au cours des huit premières années du siècle pour atteindre 25 milliards $ en 2010. Il y avait une forte dépendance vis-à-vis de l’étranger. La part des importations était estimée à 41 % la consommation de viande bovine et à 27 % pour les produits laitiers.

    La nouvelle politique de sécurité alimentaire vise à atteindre 85% d'autosuffisance dans les secteurs de la viande et de la volaille, 90% pour les produits laitiers en 2020. Pour atteindre ces objectifs, la Russie a opté pour la mise en place de quotas d'importation et de fortes subventions pour l’élevage.

    Dès 2011, les quotas de viande porcine importée des USA ont été réduits de 100.000 à 57.000 tonnes et le déficit ramené à 19 milliards $. Par ailleurs, un budget de 58 milliards d’euros sur 7 ans est programmé pour la filière laitière pour soutenir l’augmentation du cheptel, l’entretien des animaux, la restructuration des bâtiments, l’achat de matériels. Surtout, une aide incitative a été prévue pour chaque litre de lait produit. Ainsi, la Russie espère faire décoller sa production et atteindre les 38Mt en 2020.

    Pour satisfaire la demande, toute la filière est mobilisée et attire les investisseurs étrangers. Ainsi Lactalis y exploite 4 usines ; quant à Danone-Unimilk, le groupe s’est engagé à investir 700 millions de dollars $ dans la période.

    L’envers de la médaille : la hausse des prix intérieurs

    babouchka,sécurité alimentaire,russieLes spécialistes avaient prévu que dès 2011 la demande allait en souffrir avec une hausse des prix et une baisse de la consommation de viande de porc. Poutine avait alors dit : "Nous avons pris une décision importante dans les intérêts des producteurs nationaux… Ce n'était pas une décision facile, mais nous l’avons prise en vue de réduire les importations en général et de renforcer l'agriculture familiale."

    Selon Ivan Starikov, professeur à l'Académie russe d’économie nationale et d'administration publique auprès du président de la Fédération de Russie, « la locomotive de l'économie russe s'est enrayée depuis de début de la décennie… la croissance économique est pratiquement nulle et, dans beaucoup de secteurs, on constate une récession. A l'heure actuelle, le déclin économique est très fort et dans ces conditions il est nécessaire de prendre des décisions pour réduire les dépenses publiques. Mais les autorités ne peuvent pas le faire pour des raisons politiques. Dans le même temps, 53 régions du pays connaissent de sérieux problèmes pour payer les salaires des fonctionnaires. »

    En 2013, les prix des produits alimentaires ont augmenté de 6,2% pendant que la hausse se limitait en moyenne 1,4% dans l’Union Européenne. 

    Comme me l’écrit une moscovite, la photo ci-dessus de la babouchka est très touchante, son visage et ses yeux sont plein de la bonté. Mais en fait, elle est triste. Elle représente de façon très réaliste toutes ces personnes âgées qu’on rencontre dans les supermarchés russes. On voit ainsi des babouchkas ou des dedouchkas (dames et hommes âgés) qui cherchent dans les rayons les conserves aux prix les plus bas pour se nourrir. Certains donnent alors un coup de main à ces personnes dans la gêne en payant payer parfois pour eux eux ou en mettant dans leur panier quelques provisions, pas seulement des conserves et du pain. Malheureusement les pensions des retraités sont quelquefois insuffisantes pour payer le loyer, l’électricité, etc. et il ne leur reste alors rien pour manger !

     

    Les catastrophes naturelles peuvent alors être dramatiques. Anticipant une flambée des prix qui menaçaient après les inondations qui ont frappé cet été l’Extrême-Orient russe, le gouvernement a puisé pour la première fois dans les réserves stratégiques de viande, farine et céréales détenues par l'Agence fédérale des réserves d'Etat (Rosreserv) pour distribuer  dans les régions de Khabarovsk, du Birobidjan et de l'Amour. Toutefois, cette aide n'est pas gratuite : ce sont les régions concernées qui doivent payer ces produits. Les stocks devraient être reconstitués dès cette année.

    Le prolongement de la politique de sécurité alimentaire à l’étranger

    La Russie a présidé le G20 en 2013 et présidera le G8 en 2014. Par la voix du vice-ministre des Affaires étrangères Guennadi Gatilov, elle s’est engagée en novembre 2012 à maintenir la sécurité alimentaire et nutritionnelle parmi les principales priorités internationales, plus particulièrement à soutenir la réforme de la FAO et le Système d'information sur les marchés agricoles (AMIS) créé en 2011 par le G20.

    La Fédération de Russie a demandé le 31 octobre 2013 son adhésion au FIDA en contribuant pour 6 millions de dollars US au fonds de cette institution financière basée à Rome et dépendant de l’ONU. Son adhésion témoigne de son engagement pour promouvoir la sécurité alimentaire et la nutrition dans un cadre international. Le Fonds groupe 172 membres. Depuis 1978, le FIDA a investi plus de 15 milliards de dollars en subventions et en prêts à faible intérêt aux pays en développement pour des projets pour aider plus de 410 millions de personnes à sortir de la pauvreté, contribuant ainsi à créer des communautés rurales dynamiques.

    Sources : RIA Novosti,
                   Food Security in a Sovereign State-Case of Russia, Internat. Conf, Yale University, 2013

  • Le développement à grande échelle du clonage porcin en Chine pose question

    Le développement à grande échelle de l'antenne de l'Institut de Génomique de Pékin (BGI) fondée à Shenzhen en 1999 suscite des questions. Ce centre de R&D est en effet devenu le plus grand centre de clonage porcin au monde : plus de 500 porcs y sont clonés chaque année avec un taux de réussite oscillant entre 70 et 80%.

    Bien que la technologie utilisée soit répandue, l’efficacité des techniciens chinois est surprenante. Leurs taux de réussite sont très supérieurs aux taux rencontrés habituellement estimés par les spécialistes à 30-40%.

    De plus, sans innovation de rupture apparente, l’activité y est quasi "industrielle" Les embryons sont préparés dans le laboratoire de génomique par des opérateurs derrière leurs microscopes. Une méthode rapide, facile et qui s'avère efficace.

    Le séquençage avec le clonage, un axe de développement stratégique

    chine,pekin,Shenzhen,clonage,porc,génome,exome,L'Institut de Génomique de Pékin a le statut de « laboratoire clé d'Etat » depuis 2011 avec une subvention de 1,5 milliard de dollars de la banque de développement chinoise. Il a ainsi pu acquérir fin 2012 la société américaine Complete Genomics qui lui a apporté les outils nécessaires au décodage des génomes.

    Lors d’un séminaire et après avoir décrypté tous les gènes (« exome ») de plus de 1.000 individus, sa filiale américaine a présenté à l’hôpital Necker fin 2012 les derniers développements techniques de sa stratégie de recherche. Elle travaille pour des entreprises et des laboratoires ; elle envisage de commercialiser le séquençage complet de personnes qui le demanderaient pour quelques milliers de dollars.

    L’Institut de Pékin est le centre de séquençage le plus important au monde avec 156 séquenceurs alors que le centre européen le plus important (Cambridge) n’en a que 30. Chaque machine peut décrypter 15 génomes / jour alors qu’il avait fallu quinze ans pour décrypter le premier génome humain. Avec 57.000 génomes humains et de nombreux autres génomes (riz, concombre, panda géant, criquet) déjà séquencés, l’Institut produit plus du quart des données génomiques mondiales.

    Le patrimoine génétique des porcs étant très proche de celui des humains, ceux-ci servent de cobayes à Shenzhen pour le test de certains médicaments. La modification de leur ADN permet également l'évaluation de certains problèmes génétiques chez l'humain. Certains porcins finissent même par être des clones de clones. Selon les responsables du BIG, ces clonages massifs entrent dans le cadre d'une stratégie bien plus large : le séquençage d'un million d'animaux, de végétaux et d'individus. L'objectif est de développer des méthodes de séquençage toujours plus rapides et moins coûteuses.

    Les grandes études dites «génome entier»de ces dix dernières années ont échoué à mettre en évidence avec certitude des facteurs de risque génétiques détectables, reproductibles et utilisables en clinique quels que soient les domaines de la santé concernés, maladie cardio-vasculaire, cancer…


    chine,Pekin,Shenzhen,séquençage,clonage,porc,génome,exome,Complete Genomics,ADN,transgéniqueD’autres laboratoires réalisent des manipulations génétiques dont l’intérêt parait plus anecdotique, si ce n’est l’accroissement du savoir-faire technique. En octobre 2006, suivant les travaux de collègues américains, coréens et japonais, les chercheurs de l'Université d'Agriculture de la Chine du Nord-Est ont créé par transplantation de noyaux cellulaires 3 porcelets transgéniques dégageant une couleur fluorescente verte visible dès qu'on les expose aux rayons ultraviolets.

    De son côté, Zhao Bowen, directeur actuel du laboratoire de Shenzhen, n’a pas de problème d’éthique pour orienter sa recherche dans un sens d’eugénisme positif. Il n’hésite pas à exprimer son rêve : étendre la modification du génome à l'humain pour le rendre plus intelligent. Il projette ainsi de recueillir le matériel génétique de 2.000 surdoués afin de découvrir les variantes génétiques associés à des aptitudes intellectuelles supérieures.

     

    Source : BBC, Le Quotidien du Peuple

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