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agriculture - Page 4

  • Après avoir vu l’émission « Rendez-vous en Terre inconnue » en Ethiopie

    Frédéric Lopez a fait découvrir à l’actrice Zabou Breitman et, le 8 mai, aux téléspectateurs de France 2, la vie d’une tribu Nyangatom qui vit aux confins de l’Ethiopie, près de la frontière du Soudan du Sud. L’excellente émission « Rendez-vous en Terre inconnue » n’est pas un documentaire ethnographique. Son caractère « aventure » est plutôt une aventure intérieure vécue pendant deux semaines par une personnalité. Pour Zabou Breitman, elle a été l’événement qui l’a la plus marquée après la naissance de son enfant. Selon elle, « il n’a pas changé ma vie, mais il m’a incité à prendre du recul pour identifier ce qui est le plus important, les gens n’étant finalement pas très différents de nous ».

    Ethiopie, Terre inconnue, Frederic Lopez, Zabou Breitman,

     

     

     

    Quelques observations en tant que téléspectateur sur cette séquence pétrie d’humanité :

    -         le cadre naturel de vie du village est semi-désertique (pas un brin d’herbe et le petit bétail se nourrit du feuillage des arbustes) ;

    -         l’affluent voisin du Nil charrie une importante quantité d’alluvions latéritiques peu propice à la vie halieutique;

    -         les Nyangatom se sont adaptés à ce milieu par une vie pastorale semi-nomade, la tribu d’accueil de l’émission ayant découvert très récemment l’intérêt de l’agriculture. L’occupation du territoire est très extensive : la parcelle cultivée est située à15 km du village et les pâturages à 2 jours de marche ;

    -    le bétail est à la fois un capital social qui exprime l'importance du chef de village et une réserve alimentaire en cas de besoin;

    -    les ravageurs qui s'attaquent aux cultures sont nombreux, non seulement avant la récolte mais probablement aussi après faute d'installations de stockage appropriées; 

    -         le degré d’armement des gardiens du troupeau, chacun étant doté d’une arme de guerre moderne alors qu’il n’y a pas d’autre prédateurs majeurs que les voisins qualifiés d’ennemis !..

    -         la forte segmentation sociale avec une multitude d’interdits sociaux entraîne une forte différenciation des régimes alimentaires : au village, les femmes et enfants mangent une bouillie de sorgho au lait de chèvre matin, midi et soir alors que les hommes affectés au gardiennage du troupeau consomment un mélange de sang frais et lait de zébu...

    Chacun aura pu relever le nombre d’enfants dans le village. Les Nyangatom sont polygames mais la dynamique démographique trouve sa source dans le comportement des femmes : ce sont elles qui prennent l’initiative en disant au mari « je veux de l’argent », expression qui signifie « je veux un enfant »… L’émission a montré des séquences fortes et intéressantes. Les téléspectatrices auront pu imaginer la force de la mère qui a accouché seule de Zabou dans sa case alors qu’en France les sages-femmes n’ont pas le droit de pratiquer d’accouchement à domicile ! 
    Les commentaires émis par Frédéric Lopez lors de la réunion des chefs de tribus pour rechercher un accord de paix au sein de l’ethnie, montrent combien il est difficile de construire une vie paisible dans un milieu naturel hostile. Enfin, il est dommage qu’aucune allusion n’ait été faite aux croyances de ce peuple et qu’il n’ait pas été indiqué à combien d’heures de marche est installée l’école. 

    M.F. 

  • La FNSEA découvre qu’en politique l’avenir des agriculteurs est lié à celui du secteur agroalimentaire.

    Le président de la FNSEA, Xavier Beulin, a immédiatement interprété l’information donnée par François Hollande au lendemain de son élection : le prochain gouvernement sera « ramassé », avec un nombre réduit de ministères, c’est-à-dire avec le risque qu’il n’y ait plus de ministère de l’agriculture. C’était la configuration du gouvernement mis en place en 2008 par le socialiste espagnol Zapatero qui avait intégré l’agriculture dans le portefeuille du ministre de l’environnemen

    Pour préserver les spécificités socio-économiques du secteur agricole, une seule solution défendue hier par le président de la FNSEA : "élargir les compétences du ministère de l’agriculture à l’ensemble de l’agroalimentaire". Mais n’est-ce pas trop tard ? D’autant que le ministre de l’agriculture Bruno Le Maire avait déjà le secteur agroalimentaire dans ses compétences… A une différence de taille près : une sensibilité traditionnelle prioritaire aux revendications des agriculteurs. D’où la tentation récurrente des industriels de l’agroalimentaire depuis plusieurs décennies de souhaiter avoir le ministre de l’industrie comme interlocuteur. Cette tentation n’a fait que croitre avec la mondialisation de l’économie et l’internationalisation des entreprises du secteur. Nous saurons la semaine prochaine quel choix aura fait le chef de gouvernement nommé par François Hollande.

    Le changement à la tête de l’Etat français, outre une transition exemplaire pour les démocrates, aura au moins une conséquence politique : le rééquilibrage des rapports entre les organisations agricoles et les représentants des entreprises agroalimentaires. Ils devront réfléchir ensemble à une stratégie de relance durable de la croissance des filières françaises dans un monde où près d’un milliard d’êtres humains sont confrontés à l’insécurité alimentaire pendant qu’un autre milliard souffrent de surpoids, où le coût de l’énergie continuera à croître, où les multiples tensions sociopolitiques régionales peuvent inquiéter les investisseurs.

  • Impressions de visite au Salon de l'Agriculture à Paris

    Le Salon International de l'Agriculture de Paris constitue une opportunité pour provoquer des rencontres et organiser des conférences.

    Ce matin, l'Institut de l'Elevage organisait une conférence au titre attrayant : "La Chine, nouvelle frontière pour l'Europe ?". Alors que l'Europe entière tente depuis 3 ans de sortir de la crise, la Chine poursuit une croissance presque insolente au yeux du monde. On y parle de ralentissement puisque depuis 20 ans le taux moyen de croissance est de 10%, mais le taux de 8% prévu pour 2012 laisse rêveur. D'ailleurs, les Chinois poursuivent leurs objectifs et vont envoyer cet été 3 astronautes dans l'espace alors que les Américains ont décidé d'arrêter les vols habités.

    L'objectif du gouvernement chinois reste l'autosuffisance alimentaire mais, avec l'explosion de la demande, la production de produits animaux ne satisfait que la moitié des besoins. Par ailleurs, le taux de transformation des produits agricoles n'est en moyenne que de 30% alors qu'il est des 2/3 en Europe. Par ailleurs, la population se concentre de plus en plus dans les villes et la demande des consommateurs s'y accroit rapidement. Les professionnels agricoles voient donc dans la Chine plus une opportunité qu'un redoutable concurrent. D'ailleurs, pour assurer leurs approvisionnements, certains groupes industriels chinois ont commencé à acheter des fermes et à prendre des participations financières en Nouvelle Zélande, en Australie, en Amérique latine.

    Par ailleurs, le scandale des fraudes sur la composition des poudres de lait infantiles a soulevé une telle émotion chez les parents qui ne sont autorisés à avoir qu'un enfant que le gouvernement chinois a provoqué la fermeture de très nombreuses entreprises laitières -ce dont ont profité quelques grandes entreprises locales- et a accru très fortement les exigences de qualité et de traçabilité. Dans ce domaine, le label "Made in France" sur les emballages est une véritable garantie de qualité très appréciée et un atoût pour les producteurs français et européens.

    Ces opportunités d'affaires ont incité l'Institut de l'Elevage à lancer le n°1 de "Idele-Chine", une lettre électronique de veille et d'analyse de l'économie de l'élevage en Chine.

    J'ai ensuite visité plusieurs halls d'exposition. Première impression d'ensemble : toujours autant de monde (environ 60.000 visiteurs/jour), mais très peu de visiteurs agriculteurs, hormis ceux qui présentent leurs animaux dans les concours. C'est une véritable foire où l'agriculture est l'acteur d'une fête pour les citadins. Peut être est-ce le fait que ce soient les vacances... mais beaucoup de jeunes enfants très attirés par les petits animaux. Les plus grands sont la cible vers laquelle toutes les organisations professionnelles diffusent leurs messages, permettant à certains groupes industriels comme Monsanto de ne pas provoquer la réaction des militants écologistes. Ce grand rassemblement festif est aussi une occasion en or pour les candidats aux élections présidentielles. Tous y passent de longues heures pour exposer leur programme.

    Quant aux produits régionaux, ils sont toujours aussi prisés. Par contre, pour la première fois, il n'y avait pas d'espace pour des exposants étrangers. C'est assez étonnant pour un salon dit "international". Les organisateurs du salon semblent avoir anticipé le discours politique de "manger local", de "produire français". Mais alors, ce salon méritera-t-il encore longtemps le qualificatif "international" ? Ce changement préluderait à une réorientation stratégique pour l'agriculture française dont les partenaires industriels devront tenir compte...

    En sortant, j'ai été interviewé par Jean-Louis Courleux. Ecouter sur
    http://www.courleuxsansfrontieres.com/Michel-Foucault-Secretaire-General-Commission-Internationale-des-Industries-Agricoles-et-Alimentaires-CIIA

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