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alimentaire - Page 2

  • La FAO et Bioversity International plaident pour une alimentation durable

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    La FAO vient de publier «SUSTAINABLE DIETS AND BIODIVERSITY,
    DIRECTIONS AND SOLUTIONS FOR POLICY, RESEARCH AND ACTION», un livre de 309 pages avec les interventions faites lors du symposium “Biodiversity and Sustainable Diets: United Against Hunger” organisé à Rome. Préfacé par Mme Barbara Burlingame, responsable à la FAO de la Division de la nutrition et de la protection du consommateur, la FAO et Bioversity International y préconisent d'agir pour promouvoir à la fois l'alimentation soutenable et la biodiversité alimentaire en vue d'améliorer la santé des hommes et de la planète.

    "Plus de 900 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde, mais un plus grand nombre - environ un milliard et demi - souffrent de surpoids ou d'obésité; et on estime à deux millions le nombre de personnes qui souffrent de carences en micronutriments notamment en vitamine A, fer ou iode", fait observer Mme Burlingame.

    Le problème consistant à nourrir une population mondiale croissante a été jusqu'à présent largement considéré en termes d'approvisionnement en quantités suffisantes de denrées alimentaires, lit-on dans le livre. Mais vu le rythme de perte de la biodiversité et de dégradation des écosystèmes, ainsi que les problèmes de santé qui en découlent, il est urgent d'aborder la question de la qualité des systèmes agricoles et alimentaires. A cet égard, il convient de rappeler qu'au niveau mondial l'augmentation notable de maladies non transmissibles, comme le diabète ou les troubles cardio-vasculaires, est due principalement à une alimentation déséquilibrée.

    Une lourde empreinte carbone

    L’agriculture «industrielle» et les transports de longue distance ont rendu plus accessibles les hydrates de carbone et les graisses tout en les mettant à la portée du plus grand nombre. Cela a conduit à une simplification générale des régimes alimentaires et s'est traduit par une dépendance vis-à-vis d'un nombre limité d'aliments énergétiques. Toutefois la qualité nutritive de ces aliments laisse à désirer et leur empreinte carbone et eau est très lourde. Les aliments énergétiques et bon marché sont proposés au mépris du goût, de la diversité et des traditions culturelles.

    Actuellement les 3 principales cultures vivrières - maïs, blé et riz - couvrent 60 % de l'énergie alimentaire d'origine végétale au niveau mondial, tandis qu'à la faveur de la hausse des revenus dans les économies en développement, un grand nombre de personnes abandonnent les plats traditionnels à base de plantes alimentaires en faveur de régimes riches en viande, produits laitiers, graisses et sucre.

    Cet ouvrage soutient que les régimes alimentaires et les méthodes de production alimentaire modernes jouent un rôle important dans la régression de la diversité génétique végétale et animale. Il note que 17 291 espèces sur 47 677 recensées par l'Union internationale pour la conservation de la nature sont considérées comme étant menacées d'extinction.

    L’ urgence d’intégrer la qualité nuritionnelle

    "Il est urgent de modifier le paradigme de la production agricole pour y intégrer la dimension ‘qualité nutritionnelle' lorsque nous prenons des décisions relatives à ce que nous produisons et où", écrit M. Emile Frison, Directeur général de Bioversity International.

    "Cela nous impose de regarder plus loin que les principales denrées alimentaires de base pour nous pencher plutôt sur les centaines ou les milliers de plantes et d'espèces animales négligées ou sous-exploitées qui font pourtant la différence entre alimentation soutenable et insoutenable."

    A titre d'exemple, au Kenya, Bioversity International a contribué avec succès à réintroduire dans les régimes alimentaires et sur les marchés locaux un certain nombre de légumes verts à feuille qui étaient jusqu'alors considérés comme réservés aux seuls pauvres. La promotion de plantes traditionnelles - notamment la morelle noire, le niébé, les feuilles de potiron, la plante araignée et les épinards grimpants - a accru la demande à la fois au sein des ménages et sur les marchés.

    En Inde, des céréales bénéfiques pour la santé - notamment le millet commun et l'éleusine - ont été réintroduites dans les zones où elles avaient été abandonnées en raison de politiques gouvernementales favorisant la production du manioc pour en tirer l'amidon.

    A noter également l'exemple de la consommation d'insectes en Afrique du Sud et de l'Est présenté par Muniirah Mbabazi de Makerere University à Kampala, Uganda

    Il conviendrait également de promouvoir au plan international les céréales originaires des Andes, notamment le quinoa (ou 'grain d'or des Incas'), et l'amarante.

    L'ONU a déclaré 2013 Année internationale du quinoa 

  • La paranoïa peut faire craindre l’empoisonnement alimentaire

    Poutine,empoisonnement, alimentaire,litvinenko,russe,KGBLe Daily Mail a publié hier une révélation de Gilles Bragard, créateur en 1977 du «Club des Chefs des Chefs» qui rassemble les cuisiniers des dirigeants politiques des principaux pays : Vladimir Poutine fait tester tous ses plats par des goûteurs qualifiés en sécurité sanitaire avant de manger.

    Le Président russe n’est pas le seul chef d’Etat à se méfier de la nourriture servie lors des voyages. Gilles Bragard révèle par ailleurs que deux agents du FBI goûtaient chacun des plats servis à George Bush lors de ses voyages à Londres.

    Les restaurants londoniens seraient-ils des lieux à risques spécifiques ?
    Les athlètes réunis pour les Jeux Olympiques doivent-ils particulièrement se méfier ?

    Le Président russe, ex-agent du KGB, a peut être ses raisons particulières de se méfier jusqu’à la paranoïa... On se rappelle de l’empoisonnement d’Alexandre Litvinenko, ancien officier du contre-espionnage russe, empoisonné au polonium 210 en novembre 2006. Dans un premier temps, les media avaient dit que cet officier devenu opposant du Président avait été empoisonné lors d’un diner avec un journaliste italien dans un restaurant de sushis à Londres. Après enquête, les autorités britanniques ont établi que l'empoisonnement s'est en réalité produit au bar d'un grand hôtel londonien.

    En fait, les athlètes feront surtout attention, comme ils en ont l’habitude, à respecter les règles de diététique et de besoins nutritionnels en fonction des exigences spécifiques à leur sport.

  • Quand les écoles d’ingénieurs francophones s’éveilleront. Sera-t-il trop tard ?

    Tous les responsables politiques des pays développés ou émergents savent que la compétitivité se jouent dans la compétence des hommes. De plus, toutes les analyses montrent que les efforts en formation bénéficient du meilleur retour sur investissement.

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    Internet a totalement bouleversé les rapports sociaux et est en passe de révolutionner les méthodes pédagogiques. Les fondateurs de la Francophonie l’avaient compris en créant à Montréal en 1961 l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF), un réseau qui compte aujourd’hui 779 établissements d'enseignement supérieur et de recherche francophones présents dans 94 pays.

    On doit cependant constater que les écoles françaises d’ingénieurs ne proposent aucune formation à distance diplômante de niveau Master dans le cadre de l’Agence. A fortiori, les écoles d’ingénieurs d’agronomie françaises en sont absentes. Par ailleurs, dans le domaine des sciences de la vie et de la terre, les offres d’enseignement supérieur à distance proposées par des universités françaises concernent toutes le secteur de la santé.

    Dans les domaines agricole et alimentaire, seul l’Institut Agronomique de Tunis fait une proposition de préparation à un Master recherche en « Valorisation Alimentaire et Gestion durable des ressources animales (VAGDRA) » http://foad.refer.org/article1138.html. De plus, il est programmé sur un modèle proche de l’organisation pédagogique universitaire traditionnelle pour des groupes de 15 apprenants… et l’Agence universitaire de la Francophonie n’accordera que 5 allocations d’études à distance pour l’année universitaire 2012-2013 !

    Des initiatives pédagogiques américaines de rupture

    Dans le même temps, les plus grandes universités américaines rivalisent d’innovations. L’article rédigé par Camille Rosay et Sébastien Rouif, conseillers scientifiques au consulat de France à San Francisco, est particulièrement instructif (1). Ces conseillers décrivent plusieurs initiatives privées des professeurs de Harvard, de Stanford et du MIT, initiatives susceptibles d’accroitre l’impérialisme de la langue anglaise auprès des futurs cadres.

    Ces initiatives sont parties du constat que grâce à la démocratisation de l'accès à Internet, les grandes universités n'ont plus vocation à dispenser leur enseignement à quelques milliers d'étudiants rigoureusement sélectionnés, mais des millions d'internautes, dispersés sur toute la surface du globe.

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    C'est d’ailleurs la démarche affichée par Harvard et le MIT lors de la conférence de lancement de leur projet commun edX.

    L’expérience du professeur Thurn est instructive : lors de la mise en ligne en 2011 de son cours "Introduction à l'intelligence artificielle", basé sur celui proposé aux étudiants de Stanford, 160.000 personnes se sont inscrites ! En janvier 2012, avec deux professeurs de Stanford, il a créé la start-up Udacity qui propose gratuitement sur Internet 11 cours d'informatique, mathématiques et physique de haut niveau. Si "seulement" 23.000 étudiants sont finalement arrivés au bout de son premier cours en ligne, c’est plus d'élèves que le professeur a formés en près de vingt ans de carrière !

    Comment est-ce possible en pratique ? Les étudiants suivent en différé le cours qui a été filmé. Pour s'exercer et attester de leur bonne progression, ils doivent répondre à des questions et résoudre des exercices au fur et à mesure.

    Avec plusieurs milliers d'étudiants inscrits, les professeurs ne sont évidemment pas en mesure de corriger les devoirs rendus par chacun de leurs élèves : les problèmes sont donc pensés pour pouvoir être corrigés automatiquement. L'élève suit le rythme habituel d'un cours et un travail personnel par semaine. Les étudiants peuvent toutefois choisir à quel rythme travailler chaque leçon selon leurs contraintes personnelles et des sessions de passage de l'examen final sont organisées régulièrement. Grâce au grand nombre d'inscrits répartis sur différents fuseaux horaires, plusieurs personnes sont connectées simultanément, de sorte qu'une question postée sur le site trouve rapidement une réponse provenant d'un autre élève.

    Ces formations ouvertes sont aussi un moyen d’attirer les jeunes. Ainsi le "High School Challenge"  permet à des lycéens de s'inscrire par équipe à des cours universitaires proposés par Udacity au cours d'une session d’été. Certains inscrits n'ont que 13 ans ! Les dix meneurs des groupes les plus actifs et performants gagneront une visite à Stanford.

    Quelles réactions pour les formations traditionnelles ?

    Ces innovations soulèvent de multiples questions :

    La simple validation d'un cours en ligne sera-t-elle reconnue par un employeur ?
    La réalisation de projets utilisant ces connaissances sera-t-elle nécessaire ?
    La voie classique des grandes universités risque-t-elle de perdre tout son intérêt ? De devenir de plus en plus onéreuse pour couvrir les frais fixes ?
    Quel mode de financement adopter ?
    Comment garantir qu'un examen a été passé de façon honnête et reflète bien le niveau d'un élève ?
    Quelle valeur un employeur accordera à terme à un diplôme obtenu en ligne ?

    Il semble tout de même que les nouveaux outils d'éducation, bien que très puissants, ne puissent pas remplacer totalement la relation professeur-étudiants, le travail en laboratoire et le contact avec le monde de la recherche, ou encore le travail par groupes d'élèves.

    Un diplômé de l'Ecole Centrale et de Stanford remarque : "l'expérience d'un campus américain comme Stanford va bien au-delà d'un simple apprentissage de connaissances. Le campus n'a pas seulement vocation à être un lieu d'enseignement, mais également de recherche, de créativité et d'innovation. La concentration géographique de gens brillants fait du lieu un environnement ultra-stimulant où se brassent en permanence de nouvelles idées et où l'on apprend d'abord à penser différemment aux contacts des autres."

    Certains pensent que les deux types de formations sont complémentaires : ainsi des professeurs de Los Altos (Sud de San Francsico) utilisent Khan Academy comme support de cours. Les élèves suivent à leur rythme les vidéos chez eux, tandis que les heures de classes sont utilisées pour faire des exercices et permettent un suivi personnalisé des élèves, qu'ils soient en difficulté sur une notion ou qu'ils la maîtrisent déjà : on parle dans ce cas de "flipped classroom". C’est ce modèle qui a conduit la Fondation Bill Gates à subventionner avec 1 million US$ la création d’un cours d’informatique par le MIT.

    J’attends avec impatience de connaître des initiatives comparables de professeurs des grandes écoles françaises et des universités francophones. L’avenir d’une langue est en effet aussi - peut être même surtout - dans l’innovation et la diffusion des nouvelles connaissances. L'enjeu sociétal est de taille. L'Histoire s'accélère. Sera-t-il trop tard lorsque les professeurs, les grandes écoles et les universités francophones s'éveilleront réellement au monde de "l'open-fac" ? Espérons que non...

    (1) http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/70292.htm

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