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fao - Page 5

  • Les prix agricoles seront en hausse sur les 10 prochaines années

    Selon les nouvelles Perspectives de l’OCDE et de la FAO (1), les prix des produits agricoles de base vont se maintenir à un niveau élevé pendant toute la décennie qui vient, sous l’effet de la poursuite de la hausse des prix nominaux et réels du pétrole envisagée parmi les hypothèses.

     
    prix,agricoles,ocde,fao,volatilité des prix,biocarburant,intrants,chaine alimentaire,céréales,oléagineux,viande,sucre,ethanol,poisson,biodieselLa volatilité des prix demeure préoccupante, la variabilité des rendements imputable aux conditions météorologiques étant en l’occurrence la principale menace tant que les stocks restent faibles. Le principal enjeu auquel l’agriculture mondiale est confrontée consiste à accroître la productivité de manière plus durable pour répondre à la hausse de la demande d’aliments pour l’homme et pour le bétail, de carburant et de fibres.


    L’agriculture est de plus en plus étroitement liée aux marchés de l’énergie. La hausse des prix du pétrole est un facteur déterminant de l’augmentation prévue des prix des produits agricoles de base, car elle rejaillit sur certains coûts de production (corrélation prix de 0,6 pour les engrais), mais favorise aussi un accroissement de la demande de biocarburants (corrélation prix de 0,5 pour l’éthanol) et des produits agricoles utilisés pour les fabriquer.

     

    L’éventuelle accélération de la croissance économique mondiale et le renforcement de la demande de produits agricoles, malgré les prix élevés et en hausse du pétrole et de l’énergie, conjugués à l’augmentation de la demande de biocarburants et au ralentissement de la croissance de la productivité, devraient contribuer à maintenir les prix des produits agricoles à des niveaux relativement élevés pendant les dix prochaines années.

    La hausse du coût des intrants (engrais, produits chimiques), consécutive à celle des prix du pétrole, aura tendance à ralentir la croissance des rendements et de la productivité et, conjuguée aux pressions exercées sur les ressources en eau et au manque de terres disponibles pour accroître les superficies agricoles, inhibera la réaction des producteurs, réduira le rythme de la progression de la production et limitera l’accumulation de stocks.
    La progression de la production agricole mondiale a été supérieure à 2 % par an au cours des dernières décennies, mais elle va se tasser pendant les dix ans à venir pour s’établir à 1.7 % par an.

     

    Ces dernières années, la production de produits de base a progressé plus vite dans les économies en développement et émergentes que dans le monde développé, ces économies ayant investi davantage dans leur secteur agricole. D’après les projections, cette tendance devrait se maintenir au cours des dix ans qui viennent. S’agissant de la viande (bovine, porcine et de volaille), des produits laitiers (beurre, fromage et lait en poudre), des huiles végétales et du sucre, la croissance annuelle de la production devrait être nettement plus élevée dans les pays en développement. La production de la zone de l’OCDE ne restera prépondérante que pour les fromages, le lait en poudre, les biocarburants et l’huile de poisson.

     

    Comme la chaine agroalimentaire est essentiellement une activité commerciale, le secteur privé devra jouer un rôle moteur dans le développement et l’adoption de l’innovation. Cependant, davantage de partenariats public-privé dans les domaines de la recherche et les services de vulgarisation peuvent faciliter le progrès. La réduction des pertes et des gaspillages alimentaires pourrait considérablement atténuer le caractère impératif des efforts visant à accroître la productivité.

     

    Les principales perspectives par produits

     

    Les ratios stocks/consommation de céréales resteront faibles et la forte variabilité de la production dans les pays exportateurs à partir de la Mer Noire alimentera la volatilité des prix mondiaux. Les exportations de riz des pays les moins avancés d’Asie devraient s’accroître et les importations de cette céréale devraient augmenter en Afrique.

     

    La Chine, devrait représenter plus de la moitié des importations mondiales de graines oléagineuses alors que la production brésilienne devrait ralentir et passer de 4.9 % par an à moins de 2 % par an.

     

    La production de lait des pays en développement dépassera celle des pays développés en 2013, moyennant une forte augmentation en Chine et en Inde. . La viande de volaille jouera en l’occurrence un rôle de premier plan, étant la source de protéines animales la moins chère et la plus accessible, et elle détrônera la viande porcine avant dix ans. Compte tenu de la position dominante du Brésil dans le secteur des plantes sucrières, la répartition de leur valorisation en production d’éthanol et de sucre reste un facteur déterminant du marché

     

    La production de poisson est l’une des sources de protéines animales qui se développe le plus vite. Avec une croissance de 33 % de sa production, l’aquaculture surclassera la pêche et deviendra la principale source de poisson pour la consommation humaine dès 2018.

     

    La production mondiale de bioéthanol et de biodiesel va presque doubler d’ici 2021. Elle sera fortement concentrée au Brésil, aux États-Unis et dans l’Union européenne. Les biocarburants seront fabriqués principalement avec des produits agricoles et ils devraient absorber une part croissante de la production mondiale de canne à sucre (34 %), d’huile végétale (16 %) et de céréales secondaires (14 %) d’ici 2021.

     

    Les prix de l’éthanol et du biodiesel devraient rester soutenus par les prix élevés du pétrole brut, ainsi que par le déploiement et la poursuite de mesures axées sur l’utilisation de biocarburants. Dans beaucoup de pays en développement, la production de biocarburants ne dépassera pas, dans la plupart des cas, le stade du projet ou d’activités à petite échelle, et les prix élevés des produits agricoles n’inciteront pas à les utiliser comme matières premières pour obtenir des biocarburants. Leur commerce devrait d’autant plus croître que les principaux pays producteurs et consommateurs suivent des politiques différentes, celles-ci pouvant être réorientées au cours de la période (cf. Energy Independence and Security Act de 2007 et les interrogations de l’Agence de protection de l’environnement des USA). Les produits étant écoulés là où ils atteignent la valeur la plus élevée, l’éthanol et le biodiesel pourraient faire l’objet d’un commerce croisé.

     

    (1) http://www.agri-outlook.org/document/12/0,3746,en_36774715_36775671_48168716_1_1_1_1,00.html

  • Un nouvel outil contre la surpêche et les certifications de poissons frauduleuses : les empreintes génétiques

    Selon le rapport de la FAO du 9 juillet, près de 30 % des stocks halieutiques sont surexploités et 57 % sont pleinement exploités, c'est-à-dire que les prises atteignent ou avoisinent le rendement d’équilibre maximal.

    Or, les pêches et l'aquaculture durables jouent un rôle crucial dans la sécurité alimentaire et nutritionnelle de millions de personnes. Les chiffres record de 128 millions de tonnes de poissons pêchés pour la consommation, d’une valeur estimée à 217,5 milliards US dollars ont été enregistrés en 2010.

    Le secteur est aussi une source de revenus pour 55 millions de personnes. 90% sont des pêcheurs artisanaux. Les femmes constituent au moins 50 % de la main-d'œuvre; elles commercialisent jusqu'à 60 % des fruits de mer en Asie et en Afrique de l'Ouest.

    Les produits de la pêche sont parmi les denrées alimentaires les plus échangées dans le monde. Le commerce mondial a repris sa croissance en 2010 sous l'effet d'une demande soutenue, de politiques de libéralisation, de la mondialisation des systèmes alimentaires et d'innovations technologiques. Les échanges internationaux ont représenté le chiffre record de 109 milliards US $ et devrait atteindre un nouveau record estimé à 125 milliards de US $ en 2011. La production aquicole est un des secteurs de production animale à plus forte croissance et croît plus vite que la croissance démographique - tendance appelée à perdurer.

    Selon le Directeur général de la FAO, José Graziano da Silva, « les moyens d'existence de 12 % de la population mondiale en dépendent directement ou indirectement. Elles sont la principale source de protéines pour 17 % de la population mondiale et pour environ 25 % dans les pays à faible revenu et à déficit vivrier ».

    "La surexploitation a non seulement des répercussions sur l'écologie, mais elle amenuise également la production halieutique, avec des effets négatifs d'ordre social et économique", affirme le rapport. "Pour accroître la contribution des pêches marines à la sécurité alimentaire, aux économies et au bien-être des communautés côtières, des plans de gestion efficaces doivent être mis en place pour reconstituer les stocks surexploités".

    Le Code de conduite de la FAO pour une pêche responsable ainsi que des plans d'action internationaux et directives techniques qui s'y rattachent en vue de la réalisation d'un système de production vivrière mondial durable sont d’autant plus importants si on intègre les incertitudes découlant des changements climatiques.

    Les principales menaces pesant sur le potentiel des pêches et de l'aquaculture dérivent essentiellement de la gestion inefficace et d'une mauvaise conservation des habitats du fait de la pêche illégale, non déclarée et non régulée.

    Pour lutter contre la pêche illégale, des règles internationales ont été imposées avec la surveillance des zones de pêche et le respect des quotas. Afin de promouvoir la pêche raisonnée, de nombreuses sociétés de pêche ont été "éco-certifiées" par des organisations indépendantes de consommateurs telles que la Marine Stewardship Council (MSC). Les éco-certifications sont des labels de pêche raisonnée, la pêche "éco-certifiée " s'applique aux espèces, aux régions (élevages) spécifiques qui sont régulées de près, surveillées et contrôlées afin de contrecarrer la surpêche.

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    Pour renforcer l’efficacité des contrôles et lutter contre la fausse éco-certification, les chercheurs de l'Université catholique de Louvain, travaillant dans le cadre du programme européen FishPopTrace, viennent de développer une méthode qui permet d’identifier avec précision l’origine d’un poisson en analysant les variations d’ADN. Une base publique européenne de données a été créée avec les données ADN de 4  espèces commerciales parmi les plus communes en Europe (sole, merlu, cabillaud et hareng). 

    La technique génétique développée par les chercheurs de l'Université catholique de Louvain permet d'identifier si un poisson donné provient d'une zone d'élevage raisonnée, d'une région certifiée ou d'un stock donné et non d'une zone de surpêche.

    Compte tenu du fait que rien ne ressemble plus à un poisson qu'un autre poisson, l'analyse génétique est la seule fiable pour déterminer ces critères. Les méthodes certifiant un contrôle indépendant des prises et les écolabels sont très rares et d'une nécessité pressante. Les travaux des chercheurs ont été publiés dans la revue scientifique Nature Communications.

  • La famine régresse en Afrique mais une solution durable reste à inventer

    La situation alimentaire en Afrique s'améliore mais reste préoccupante et une solution durable est à inventer.

    José Graziano Da Silva, nouveau directeur général de la FAO, a annoncé la fin de la famine en Somalie lors de son installation le 3 janvier 2012. Le nombre de personnes ayant besoin d'une aide humanitaire d'urgence y a baissé en passant de 4 millions (dont 750 000 personnes en danger de mort) à 2,34 millions, soit encore 31% de la population...

    Quelques jours plus tard, un rapport conjoint de la FAO et du Programme Alimentaire Mondial a estimé que le niveau de sécurité alimentaire s'est fortement dégradé au Sud-Soudan, le nombre de victimes d'insécurité alimentaire étant passé de 3,3 millions en 2011 à 4,7 millions en 2012, dont 1 million en situation de grave insécurité alimentaire, contre 900.000 en 2011. « En cas de poursuite des conflits qui entraîneraient de vastes déplacements de population et de hausse des prix des aliments, que le nombre de personnes en situation de grave insécurité alimentaire pourrait doubler»

    La situation a été particulièrement dramatique en 2011 dans la Corne de l'Afrique, mais la sous-alimentation sévère est un risque permanent dans les pays du Sahel. Franck Galtier, chercheur du CIRAD, s’inquiète du niveau des prix actuels des céréales au Burkina Faso, au Mali et au Niger alors que, selon les chiffres officiels, la récolte de cet automne a été très bonne et a généré des excédents. Avec cet homme de terrain, on peut se demander si les déclarations de production n’ont pas été surestimées… A moins que ce soit l’impact de diverses décisions (achats massifs pour reconstituer des stocks nationaux, restrictions aux échanges entre pays voisins, spéculation de certains négociants…). Sans doute l’ensemble. Mais il y a plus inquiétant : les prix des céréales restent élevés sur les marchés internationaux et la soudure avant la récolte de l’automne prochain risque d’être difficile pour les plus pauvres.

    De toutes manières, comme l’a souligné M. Da Silva, "la faim demeurera une menace constante en raison des sécheresses récurrentes, à moins de prendre des mesures à long terme" visant à rétablir la sécurité alimentaire.

    Franck Galtier propose deux mesures : 

    1- pour limiter la hausse des prix sur les marchés des céréales locales (mil, sorgho et maïs) qui jouent un rôle déterminant pour la sécurité alimentaire des habitants du Sahel, Franck Galtier s’appuie sur le constat que le riz est dans cette région une alternative traditionnelle d’approvisionnement. Il suggère de détaxer, voire de subventionner temporairement les importations de riz pour ramener son prix à un niveau pertinent pour servir de plafond au prix des céréales sèches. Cette mesure aurait un coût très raisonnable (environ 90 millions d'euros pour subventionner 600.000 tonnes de riz), surtout si on prend en compte le fait qu'elle permettrait de réduire considérablement le volume d'aide d'urgence nécessaire pendant la période de soudure.

    2- pour restaurer le capital productif et la capacité de résilience des petits paysans, il propose  de mettre en place un filet de sécurité productif sur le modèle du Programme PSNP développé avec succès en Ethiopie depuis 2005 et aidé par la Banque Mondiale et à 20% par l’Union Européenne.

    Ces deux mesures sont pertinentes. Toutefois, je m’interroge sur la première proposition et sur la mobilisation des moyens financiers. En effet, les ressources propres des finances publiques des pays du Sahel sont en grande partie dépendantes des droits de douane perçus. Ne serait-ce pas entrer dans un cercle vicieux à l'image de ces économies budgétaires imposées à la Grèce qui entraînent mécaniquement une récession et une réduction des recettes fiscales et, en conséquence, un accroissement du déficit budgétaire, donc de la dette publique ? On a le même processus régressif dans ces entreprises qui font la chasse à tous les frais généraux dits non productifs jusqu'à ce qu'elles en meurent après la disparition des services d'appui (contrôle qualité, logistique, comptabilité, communication, prospective...). 

    La solution est peut être dans une affectation contractualisée des aides pour écrêter les flambées des prix des produits importés et donc, par conséquence, des produits locaux. La gouvernance d'une telle procédure mériterait une étude approfondie en impliquant toutes les grandes parties prenantes : les organisations régionales telles que la Banque africaine de développement (BAD), La Communauté des États sahélo-sahariens (CEN-SAD), la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et l’East African Community (EAC) ainsi que les organisations en charge des programmes d’aide d’urgence et du développement.

    Un test pourrait être mené dans une grande région d’Afrique, puis être étendu à l’ensemble du continent s’il s’avère efficace et finalement inspirer des mesures à prendre dans d’autres régions d’Asie et d’Amérique centrale-Caraïbes où la sécurité alimentaire est également précaire.

    Michel Foucault

     

     
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