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innovation - Page 3

  • La réfrigération classée principale innovation par la Royal Society

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    Ce 13 septembre, la Royal Society (l'Académie des Sciences du Royaume Uni créée en 1660), a désigné le réfrigérateur, le lait pasteurisé et la boite de conserve comme étant les 3 inventions les plus importantes dans l'histoire des aliments et des boissons. Les savants britanniques ont préféré ces innovations relativement modernes au filet de pêche, à la charrue et au liège.

    Ce choix est le résultat d'un projet piloté par la Royal Society Fellows présidée par Sir Peter Williams. Les membres ainsi que des experts de l’industrie alimentaire et des boissons avaient à sélectionner 20 innovations sur les 100 propositions.

    Les évaluateurs se sont prononcés sur la base de 4 critères :
    - l'accessibilité,
    - la productivité,
    - l’esthétique
    - l’impact sur la santé.


    Les internautes ont pu également voter sur le site Facebook de la Royal Society.

    Les trois premières du classement sont des réussites scientifiques des 18ème et 19ème siècles :

    -          la réfrigération artificielle a été démontrée à Glasgow en 1748 et produite commercialement en 1805

    -          le premier test de pasteurisation a été effectué en France en 1862

    -          un commerçant britannique a fait breveter la boite de conserve en 1810, bien qu’un français ait appliqué un processus similaire avec des pots en verre l'année précédente.

    Classement final des 20 principales innovations pour notre alimentation :

    -          la réfrigération

    -          la pasteurisation / stérilisation

    -          la conservation en boîte

    -          le four

    -          l’irrigation

    -          la moissonneuse/batteuse

    -          la cuisson au four

    -          l’élevage sélectif

    -          le meulage/fraisage

    -          la charrue

    -          La fermentation

    -          Le filet de pêche

    -          L’assolement des cultures

    -          La marmite

    -          Le couteau

    -          Les ustensiles

    -          Le liège

    -          Le canon

    -          Le four à micro-ondes

    -          La friture

  • La haute pression, une innovation de conservation vieille d’un siècle

    Une PME canadienne, Natur"L XTD, se vante aujourd’hui de commercialiser des produits carnés pasteurisés à froid avec une durée de conservation quadruplée. Le gérant précise que la technologie utilisée est le High Pressure Process (HPP) ou très haute pression hydrostatique qui est agréée par Santé Canada et la FDA américaine.  Mise au point en Suède, elle est développée par l’équipementier américain Avure Technologies

    L’idée est d’utiliser l’incompressibilité de l’eau pour appliquer une forte pression sur l'emballage, ce qui permet de détruire plusieurs agents pathogènes après conditionnement sous vide. Tout en préservant le goût initial des composants et en réduisant la dose de conservateurs, la durée de conservation au réfrigérateur d'un filet de saumon emballé sous vide peut être ainsi portée de 4 jours à 3 mois et celle d’une tranche de jambon de 30 à 120 jours avant ouverture de l’emballage.

    Cette innovation n’a en fait rien de révolutionnaire : dans une étude publiée en 2003 sur l’intérêt financier du procédé, Meat & Livestock Australia rappelait que le traitement des aliments par la haute pression n’est pas une technologie nouvelle : elle a été utilisée dès 1890 pour conserver du lait et divers produits. Cette technologie est utilisée de manière industrielle au Japon depuis le milieu des années 1990 pour des jus de fruits et confitures. En 2003, elle était utilisée pour traiter de multiples produits à forte teneur en eau tels que viande, légumes, fruits frais, sauces, plats cuisinés, coquillages… Je me souviens personnellement avoir vu dans les années 1980 à Nantes chez Alstom, constructeur de stérilisateurs, une installation pilote pour tester l’efficacité du procédé.

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    Avure Technologies a perfectionné le process, mis au point des enceintes de 35 à 700 litres pour un usage industriel (bien qu’elles ne puissent pas être intégrées dans une chaine continue de production) et installé une centaine d’équipements à haute pression dans le monde.

    L’innovation de la PME canadienne est en fait d’intervenir comme prestataire de service pour d’autres entreprises du secteur agroalimentaire telles que Cuisines Gaspésiennes, La Maison du Gibier ou les restaurants Subway afin d’amortir un équipement très coûteux (2 millions d’investissement pour 1 de chiffre d’affaires). L’entreprise n’a d’ailleurs pu réaliser son projet que grâce à l’aide financière du Centre local de développement (CLD) des Maskoutains, de Financement agricole Canada, Investissement Québec et du ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation (MDEIE) canadien.avure technologies,hpp,uhp,haute pression

    Il faut enfin souligner que cette technologie exige une parfaite maîtrise d’exploitation du couple durée/intensité de la pression. La pression provoque en effet indistinctement l’éclatement les cellules pathogènes et celui des autres. Trop de pression transforme l’aliment en purée alors qu’une pression insuffisante réduit d’autant la capacité stérilisatrice. Ainsi, au cours des années 1990, Food Safety Australia avait provoqué le rappel de 21 lots contaminés.

  • Quand les écoles d’ingénieurs francophones s’éveilleront. Sera-t-il trop tard ?

    Tous les responsables politiques des pays développés ou émergents savent que la compétitivité se jouent dans la compétence des hommes. De plus, toutes les analyses montrent que les efforts en formation bénéficient du meilleur retour sur investissement.

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    Internet a totalement bouleversé les rapports sociaux et est en passe de révolutionner les méthodes pédagogiques. Les fondateurs de la Francophonie l’avaient compris en créant à Montréal en 1961 l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF), un réseau qui compte aujourd’hui 779 établissements d'enseignement supérieur et de recherche francophones présents dans 94 pays.

    On doit cependant constater que les écoles françaises d’ingénieurs ne proposent aucune formation à distance diplômante de niveau Master dans le cadre de l’Agence. A fortiori, les écoles d’ingénieurs d’agronomie françaises en sont absentes. Par ailleurs, dans le domaine des sciences de la vie et de la terre, les offres d’enseignement supérieur à distance proposées par des universités françaises concernent toutes le secteur de la santé.

    Dans les domaines agricole et alimentaire, seul l’Institut Agronomique de Tunis fait une proposition de préparation à un Master recherche en « Valorisation Alimentaire et Gestion durable des ressources animales (VAGDRA) » http://foad.refer.org/article1138.html. De plus, il est programmé sur un modèle proche de l’organisation pédagogique universitaire traditionnelle pour des groupes de 15 apprenants… et l’Agence universitaire de la Francophonie n’accordera que 5 allocations d’études à distance pour l’année universitaire 2012-2013 !

    Des initiatives pédagogiques américaines de rupture

    Dans le même temps, les plus grandes universités américaines rivalisent d’innovations. L’article rédigé par Camille Rosay et Sébastien Rouif, conseillers scientifiques au consulat de France à San Francisco, est particulièrement instructif (1). Ces conseillers décrivent plusieurs initiatives privées des professeurs de Harvard, de Stanford et du MIT, initiatives susceptibles d’accroitre l’impérialisme de la langue anglaise auprès des futurs cadres.

    Ces initiatives sont parties du constat que grâce à la démocratisation de l'accès à Internet, les grandes universités n'ont plus vocation à dispenser leur enseignement à quelques milliers d'étudiants rigoureusement sélectionnés, mais des millions d'internautes, dispersés sur toute la surface du globe.

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    C'est d’ailleurs la démarche affichée par Harvard et le MIT lors de la conférence de lancement de leur projet commun edX.

    L’expérience du professeur Thurn est instructive : lors de la mise en ligne en 2011 de son cours "Introduction à l'intelligence artificielle", basé sur celui proposé aux étudiants de Stanford, 160.000 personnes se sont inscrites ! En janvier 2012, avec deux professeurs de Stanford, il a créé la start-up Udacity qui propose gratuitement sur Internet 11 cours d'informatique, mathématiques et physique de haut niveau. Si "seulement" 23.000 étudiants sont finalement arrivés au bout de son premier cours en ligne, c’est plus d'élèves que le professeur a formés en près de vingt ans de carrière !

    Comment est-ce possible en pratique ? Les étudiants suivent en différé le cours qui a été filmé. Pour s'exercer et attester de leur bonne progression, ils doivent répondre à des questions et résoudre des exercices au fur et à mesure.

    Avec plusieurs milliers d'étudiants inscrits, les professeurs ne sont évidemment pas en mesure de corriger les devoirs rendus par chacun de leurs élèves : les problèmes sont donc pensés pour pouvoir être corrigés automatiquement. L'élève suit le rythme habituel d'un cours et un travail personnel par semaine. Les étudiants peuvent toutefois choisir à quel rythme travailler chaque leçon selon leurs contraintes personnelles et des sessions de passage de l'examen final sont organisées régulièrement. Grâce au grand nombre d'inscrits répartis sur différents fuseaux horaires, plusieurs personnes sont connectées simultanément, de sorte qu'une question postée sur le site trouve rapidement une réponse provenant d'un autre élève.

    Ces formations ouvertes sont aussi un moyen d’attirer les jeunes. Ainsi le "High School Challenge"  permet à des lycéens de s'inscrire par équipe à des cours universitaires proposés par Udacity au cours d'une session d’été. Certains inscrits n'ont que 13 ans ! Les dix meneurs des groupes les plus actifs et performants gagneront une visite à Stanford.

    Quelles réactions pour les formations traditionnelles ?

    Ces innovations soulèvent de multiples questions :

    La simple validation d'un cours en ligne sera-t-elle reconnue par un employeur ?
    La réalisation de projets utilisant ces connaissances sera-t-elle nécessaire ?
    La voie classique des grandes universités risque-t-elle de perdre tout son intérêt ? De devenir de plus en plus onéreuse pour couvrir les frais fixes ?
    Quel mode de financement adopter ?
    Comment garantir qu'un examen a été passé de façon honnête et reflète bien le niveau d'un élève ?
    Quelle valeur un employeur accordera à terme à un diplôme obtenu en ligne ?

    Il semble tout de même que les nouveaux outils d'éducation, bien que très puissants, ne puissent pas remplacer totalement la relation professeur-étudiants, le travail en laboratoire et le contact avec le monde de la recherche, ou encore le travail par groupes d'élèves.

    Un diplômé de l'Ecole Centrale et de Stanford remarque : "l'expérience d'un campus américain comme Stanford va bien au-delà d'un simple apprentissage de connaissances. Le campus n'a pas seulement vocation à être un lieu d'enseignement, mais également de recherche, de créativité et d'innovation. La concentration géographique de gens brillants fait du lieu un environnement ultra-stimulant où se brassent en permanence de nouvelles idées et où l'on apprend d'abord à penser différemment aux contacts des autres."

    Certains pensent que les deux types de formations sont complémentaires : ainsi des professeurs de Los Altos (Sud de San Francsico) utilisent Khan Academy comme support de cours. Les élèves suivent à leur rythme les vidéos chez eux, tandis que les heures de classes sont utilisées pour faire des exercices et permettent un suivi personnalisé des élèves, qu'ils soient en difficulté sur une notion ou qu'ils la maîtrisent déjà : on parle dans ce cas de "flipped classroom". C’est ce modèle qui a conduit la Fondation Bill Gates à subventionner avec 1 million US$ la création d’un cours d’informatique par le MIT.

    J’attends avec impatience de connaître des initiatives comparables de professeurs des grandes écoles françaises et des universités francophones. L’avenir d’une langue est en effet aussi - peut être même surtout - dans l’innovation et la diffusion des nouvelles connaissances. L'enjeu sociétal est de taille. L'Histoire s'accélère. Sera-t-il trop tard lorsque les professeurs, les grandes écoles et les universités francophones s'éveilleront réellement au monde de "l'open-fac" ? Espérons que non...

    (1) http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/70292.htm

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