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08/02/2014

Les OGM sont d’abord une question politique

Selon Marcel Kuntz, biologiste directeur de recherche au CNRS, auteur de nombreuses publications scientifiques, vient de publier un nouveau livre «OGM, la question politique» aux Presses Universitaires deGrenoble.

Il n'existe actuellement en France aucune culture transgénique. Selon certains, il faudrait évaluer davantage les OGM. Cependant, la recherche publique y est aujourd’hui quasiment impossible et les entreprises doivent réaliser leur recherche à l’étranger. Pourquoi un tel paradoxe ? Selon l’auteur, après plus de quinze ans de polémiques, il n'y a plus de doute : la querelle des OGM est avant tout politique.

Un débat très vif aux USA

OGM,label,étiquetage,produits alimentaires,FDA,USDAHasard du calendrier ? Une campagne est actuellement orchestrée auprès du Congrès américain par les grands groupes industriels et de distribution à propos de l’étiquetage des aliments. Ils demandent que l’agence fédérale de sécurité sanitaire des aliments et des médicaments (FDA) soit la seule autorité nationale sur l'étiquetage des produits avec OGM.

Le premier organisme génétiquement modifié mis sur le marché américain a été une tomate, en 1994. La modification visait à ralentir le pourrissement du fruit, dans le but de préserver la fermeté, la couleur et le goût plus longtemps après cueillette. Cette tomate s'est rapidement révélée être un échec commercial, notamment du fait de son coût élevé par rapport à ses concurrentes, sans valeur ajoutée organoleptique particulière. Les homologations d'organismes génétiquement modifiés aptes à la consommation humaine se sont ensuite concentrées sur les filières céréalières.

De vifs débats ont été relancés par la demande de la société Okanagan Specialities Fruits auprès de l’USDA d’homologuer une pomme transgénique qui ne brunit pas à l’air libre. Actuellement, aux USA, les règles sanitaires sont définies au niveau de chaque Etat et des projets de loi se sont multipliés dans une vingtaine d'États en faveur de labels signalant au consommateur que tel ou tel produit en contient. Un véritable casse-tête pour les grands groupes lorsqu’on sait que 80% des aliments contiennent des céréales et que la plupart sont des OGM

D'un côté, les associations scientifiques telles que l’American Medical Associationet l’American Association for the Advancement of Science s'opposent à l'étiquetage systématique, en arguant, notamment, que les résultats scientifiques ne mettent pas en évidence un danger pour la santé humaine.

De l'autre côté, les consommateurs s'inquiètent vis-à-vis du contenu de leur assiette. Selon un sondage du New York Times publié fin 2013, 93% des Américains sont favorables à l'étiquetage des OGM. Les responsables politiques ne peuvent rester insensibles à une telle majorité dans l’opinion…

Pour compliquer la situation pour les responsables politiques, certaines études attestent de la nécessité des cultures OGM pour répondre à la demande alimentaire mondiale dans les années à venir et cette question est un point épineux dans les discussions entre les États-Unis et l'Union européenne sur la création d'une zone de libre-échange transatlantique…

27/12/2013

Les soupçons sur la qualité du lait maternisé chinois alimente la contrebande depuis Hong Kong

Baisse en Chine de l’allaitement maternel, remplacé par des poudres infantiles

Chine,allaitement maternel,lait maternisé, lait infantile,Hong KongMalgré les scandales liés à l’alimentation infantile, dont celui de la mélanine en 2008 qui avait entraîné la mort de 6 nourissons, la proportion de mères chinoises optant pour de l’alimentation recomposée s’accroît d’année en année. D’après le ministère de la santé chinois, 30 % seulement des mères choisissent l’allaitement maternel comme seule source de nourriture des nourrissons.

Outre les contraintes de la vie urbaine et professionnelle, les vastes campagnes de publicité des marques d’aliments pour nourrissons (arguments santé avancés par ces marques et la distribution d’échantillons gratuits) pousseraient les parents à acheter du lait en poudre.

Début 2013, à la veille des festivités du nouvel an chinois, les parents de Chine continentale se sont rués dans les magasins pour faire provision de poudres de lait infantile. Le sud de la Chine, aux alentours des villes de Canton et Shenzhen, a été particulièrement touché.

En conséquence, un trafic s’est organisé entre les régions déficitaires et Hong-Kong, où les produits se trouvaient en quantité et pouvaient traverser la frontière sans avoir à payer les droits de douanes comme la plupart des produits jugés personnels en provenance de Hong-Kong en application du principe « un pays, deux systèmes ». Elles étaient ensuite revendues en Chine continentale où les prix sont en moyenne deux fois plus élevés.

Pour préserver l’approvisionnement des mères Hongkongaises, le gouvernement local a décidé de limiter, depuis le 1er mars 2013, le volume de poudre infantile autorisé à quitter le territoire à deux boîtes par personne, soit 1,8 kg. Cette décision permet aux familles de Chine continentale de s’approvisionner lors de leur passage à Hong-Kong, mais limite l’action des revendeurs.

Avec cette interdiction controversée , les autorités de Hong Kong expliquent vouloir étouffer dans l'œuf des réseaux de commerce parallèle, qui achètent à Hong Kong pour revendre avec un large profit en Chine. 200 agents ont été recrutés pour contrôler transport de lait infantile.

Une femme condamnée à 5 semaines de prison ferme pour 2 boites de lait de trop

Un tribunal de Hong Kong a condamné pour la première fois à de la prison ferme une femme pour avoir enfreint la loi sur l'interdiction d'exporter du lait infantile.

La femme de 37 ans, dont la nationalité n'a pas été précisée, a écopé de cinq semaines de prison, après avoir été arrêtée le 22 décembre à la frontière entre Hong Kong et la Chine avec quatre boites de lait maternisé d'un total de 3,2 kg.

La femme condamnée a plaidé coupable pour "exportation illégale de poudre de lait pour enfants (...) depuis Hong Kong", selon le gouvernement. D'après une porte-parole, il s'agit de la première peine de prison ferme pour ce délit. "Elle a été condamnée à 35 jours, avec effet immédiat".

La femme avait été arrêtée trois fois pour ce même délit et condamnée à du sursis en novembre. Les peines pour ce délit peuvent atteindre une amende de 500.000 dollars de Hong Kong (47.000 euros) et deux ans de prison.

 

Source : Le Figaro 

01/12/2013

La production de drogue peut pallier à l’insécurité alimentaire de certains pays

Dans le dernier numéro de la revue Sciences du Sud, des chercheurs de l’IRD (Institut de Recherche et du Développement) souligne les liens paradoxaux qu’il peut y avoir entre l’économie de la drogue et le développement de certains pays producteurs.

Pour ceux qui critiqueraient la mise en parallèle de ces deux problématiques, il faut constater avec ces chercheurs que :

-          le chiffre d’affaires de la drogue est 7 à 8 fois plus élevé que le volume des aides publiques au développement

-          en dépit des initiatives  incitatives/coercitives mises en œuvre depuis près d’un demi-siècle, en particulier sous l’impulsion américaine, la production de matières naturelles hallucinogènes n’a fait que croître et leur prix baisser, accroissant d’autant la demande

-          les réseaux économiques et politiques se sont parfois, selon Eric Léonard, tournés vers les activités illicites pour compenser les risques entraînés par la volatilité des prix des matières premières conventionnelles

Au Mexique, la production de drogues est socialement acceptée

drogue,cocaïne,Mexique,IRDJean Rivelois estime que, malgré les multiples communiqués de l’armée repris par les médias, l’économie souterraine mexicaine de la drogue n’est pas réellement remise en cause. Les pratiques transgressives tolérées s’y perpétuent et s’étendent aux acteurs de l’économie informelle. Elles sont même acceptées par l’Etat et l’opinion tant qu’elles redistribuent les revenus et préservent la paix sociale, renforçant ainsi la légitimité des responsables politiques. Les entreprises déclarées de l’économie formelle peuvent sous-traiter une partie du travail à des acteurs informels pour profiter de leur flexibilité.

Les enquêtes montrent, conformément à la pure logique libérale, une capacité d’adaptabilité des travailleurs eux-mêmes qui passent alternativement d’un travail formel ou à une occupation souterraine ou informelle selon les besoins et les opportunités. Ces activités illicites paraissent comme un recours indispensable dans une économie de survie, comme un ultime moyen d’intégration sociale et d’acquisition d’un statut.

Selon Jean Rivelois « La corruption qui accompagne cette tolérance est même assimilée à un impôt informel, s’ajoutant à celui prélevé par l’Etat ».

La culture du pavot à opium assure la subsistance du petit paysan de plusieurs pays

Si la production des produits dérivés (morphine, héroïne…) enrichit les réseaux mafieux de distribution, la rentabilité de la culture du pavot à opium est rarement au rendez-vous par rapport aux cultures vivrières et aux autres productions de rente (coton..). Elle dépend beaucoup des structures ( surfaces cultivables et main d’œuvre disponibles) et des conditions de production.

En Birmanie, la culture du pavot est attractive car elle succède à celle du riz pluvial montagnard. Pierre-Arnaud Chouvy constate que, malgré le coût de la main d’œuvre, « l’opium et son calendrier permettent à de nombreuses familles montagnardes de pallier des déficits vivriers structurels.

drogue,pavot,opium,morphine,blé,céréaliculture,sécurité alimentairePar contre, en Afghanistan, le pavot pousse à la même période que le blé qui est la base de l’alimentation traditionnelle locale. Les agriculteurs doivent donc choisir entre les deux productions. Or, selon P-A Chouvy, s’il n’a qu’une faible surface cultivable disponible et que le rendement est faible, « un paysan afghan nourrira vraisemblablement mieux sa famille nombreuse en y produisant de l’opium qu’en ayant recours à la céréaliculture ». S’il risque régulièrement l’insuffisance alimentaire, le paysan n’a alors pas d’autre choix que la production de pavot à opium ou disparaître.

 

Source : Sciences du Sud n°71 – octobre 2013

 
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