Avertir le modérateur

alimentation

  • La prise alimentaire limitée dans le temps est intéressante et peu contraignante pour perdre du poids et réduire les risques de diabète

    Les résultats observés en laboratoire suggèrent que l'heure à laquelle nous mangeons est aussi important que ce que nous mangeons pour maitriser son poids. L'optimal : durant les jours de la semaine, un délai de moins de 10 heures entre le petit-déjeuner et le diner, et sans grignoter ensuite ou boire autre chose que de l'eau.

     

    Salk Institute of San DiegoSelon une étude menée par des chercheurs de l'Institut Salk à San Diego (USA)et publiée en décembre 2014 dans la revue Cell Metabolism, les périodes d'alimentation trop longues sont nocives pour la santé.

    De nos jours, dit le Pr Satchidananda Panda, la plupart des conseils nutritionnels se résument à : "Vous devez changer de régime alimentaire et recourir à une alimentation plus saine et plus équilibrée". Compte-tenu du fait que beaucoup de gens n'ont pas accès à cette alimentation, nous voulions savoir si, sans modifier le régime alimentaire, l'alimentation limitée dans le temps pouvait apporter certains avantages.

    Les résultats observés en laboratoire suggèrent que l'heure à laquelle nous mangeons est aussi important que  ce que nous mangeons. Bien qu’ils n'aient pas encore été testés chez l'homme, ils peuvent être appliqués sans risques en tant que méthode potentielle de perte de poids.

    A une époque où les adultes et les enfants se couchent de plus en plus tard et dorment de moins en moins, ce qui rallonge leur période d'alimentation, les chercheurs de Salk ont démontré que limiter la période d'alimentation à un intervalle de 8 à 12 heures par jour permet de lutter contre l'obésité, le diabète et des taux de cholestérol trop élevés.

    Déjà, en 2012, le professeur Panda avait montré que sur deux groupes de souris nourries avec un régime riche en graisse, celles autorisées à ne manger que pendant 8 heures par jour étaient en meilleure santé et plus minces par rapport aux souris ayant eu accès à la même quantité de nourriture (même nombre de calories) toute la journée.

    Bien que les raisons exactes pour lesquelles la restriction dans le temps de l'alimentation conduit à une meilleure santé n'aient pas encore été trouvées, le professeur pense qu'elles sont liées à la façon dont notre horloge biologique et les rythmes circadiens influenceraient notre métabolisme.

    Une alimentation limitée dans le temps reste efficace avec un relâchement le week-end


    Dans cette nouvelle étude, réalisée sur près de 400 souris, de poids normal ou obèses, l'équipe du Pr Panda a étudié l'effet de différents types de régimes alimentaires et de différentes longueurs de restrictions temporelles. Les chercheurs ont montré que les souris ayant subi des restrictions horaires et consommé la même quantité de calories quotidiennes que leurs homologues sans restriction prennent moins de poids, et ce, indépendamment de leurs régimes : riches ou non en matières grasses, en graisses, en sucre, ou en sucres artificiels.  Que la fenêtre de temps pendant laquelle les souris ont accès à un régime hyper gras soit de 9, 10 ou 12 heures, les souris ont toujours un poids inférieur à leurs homologues sans restriction. Au-delà de 12h, les avantages conférés par la restriction de temps deviennent plus modestes.

    Les souris qui ont été nourries librement le week-end seulement sont restées très similaires à leurs congénères à qui ce répit n'a pas été offert. Cela suggère que le régime peut résister à des interruptions temporaires.

    Un effet thérapeutique intéressant contre l’obésité

    Les chercheurs ont restreint l'accès à la nourriture à une fenêtre de 9 heures chez des souris devenues obèses suite à une alimentation hyper grasse et un régime en horaire libre.  Bien que les souris aient continué à consommer le même nombre de calories, leur masse corporelle a diminué de 5%.

    Parallèlement, les souris du groupe témoin pour lequel l'accès à la nourriture n'a pas été limité dans le temps ont continué à prendre du poids, avec une augmentation de 25% de leur masse corporelle.

    Les promesses bénéfiques de l'alimentation limitée dans le temps

    L'équipe du Pr Panda a aussi étudié les effets de l'alimentation limitée dans le temps chez des souris nourries avec un régime équilibré et a pu montrer que ces souris présentaient une masse musculaire plus importante que leurs congénères ayant un accès illimité à la nourriture. "Il est intéressant de constater que, bien que les souris ayant un régime alimentaire normal ne perdent pas de poids, elles changent leur composition corporelle", explique le Pr Panda. "Cela nous amène à la question : Que se passe-t-il? Ces souris maintiennent-elles une masse musculaire qui aurait été perdue au cours du temps avec une alimentation libre, ou ont-elles gagné en masse musculaire au détriment de la graisse?"

    De plus, la prise alimentaire limitée dans le temps a révélé que de multiples voies moléculaires qui avaient été altérées par des maladies métaboliques reviennent à la normale, et que d'autres voies de protection sont activées

    Sources : Salk InstituteCell Metabolism 

  • Une alimentation variée, stratégie contre la maladie d’Alzheimer

    Plus de 1 européenne sur 16 (la prévalence est supérieure chez la femme) de plus de 60 ans sera atteinte d’une démence au cours de sa vie.

    Toujours selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), 70 % des cas de démence seront dus à la maladie d’Alzheimer.

    Aucun traitement n’a encore démontré son efficacité contre cette affection cérébrale qui se déclenche dès la cinquantaine, aboutissant à une amnésie, puis à une perte irréversible des capacités intellectuelles.

    Contrairement à ce que l’on a longtemps pensé, cette affection n’est pas une maladie neurodégénérative des personnes âgées mais est due à une protéine toxique de type prion.

    Par ailleurs, le cerveau dispose d’une réserve de neurones acquis à la naissance et qu’il peut mobiliser par des processus de compensation. 

    Si la composante génétique expliquerait 60 % des cas, plusieurs autres facteurs interviennent, liés au faible niveau d'éducation, au tabagisme, à l'abus d'alcool, à l'inactivité physique, à la dépression nerveuse, à l'hypertension artérielle, au diabète, à l'obésité en milieu de vie... 

    Prévenir est encore la seule stratégie contre Alzheimer

    En l’absence de traitement efficace, le mieux est de prévenir la maladie. Plusieurs études montrent une réduction des risques en fonction du régime alimentaire.

    Manger des fruits, des légumes, du poisson, des céréales, des huiles riches en oméga 3 et boire du vin en quantité modérée et/ou du café réduirait le risque de 40 % dans les sept ans qui viennent.

    Par contre, une carence en vitamines B9 et B12 (présentes dans le melon, les épinards, le foie, la levure…)  ou en vitamine D double le risque de contracter la maladie.

    Source : Science & Avenir n°812

  • L’indice trophique, un exemple d’indicateur scientifique dangereux

    alimentation,indice trophique,prédateur,omnivoreLe n° 73 de Sciences au Sud, revue trimestrielle de l’IRD, publie un article sur les travaux récents du biologiste Sylvain Bonhommeau de l’Ifremer, travaux qui visent à situer l’homme dans la chaîne trophique, plus communément appelée chaine alimentaire.


    Ce n’est pas parce que ces travaux ont fait auparavant l’objet d’un article dans Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America qu’ils sont réellement utiles. Les chercheurs sont souvent à la recherche d’indicateurs synthétiques mais l’indice trophique est l’un des moins pertinents ! Qu’on en juge…

    Pour le biologiste, l’homme n’est qu’un modeste prédateur

    Avec 6 autres chercheurs français, Sylvain Bonhommeau a calculé l’indice trophique de nombreuses espèces pour les positionner dans la chaîne alimentaire en fonction de leur régime.

    Cet indice, qui sert souvent de référence, repose sur une échelle de 1 à 5. Le premier niveau, le rang 1, correspond aux organismes (plancton et plantes) qui transforment l’énergie solaire en biomasse. Le rang 2 est celui des animaux qui consomment ces végétaux (ruminants et autres herbivores) ; le rang 3 les carnivores qui les dévorent ; le rang 4 ceux qui les dévorent à leur tour et le rang 5 tous les prédateurs supérieurs tels que l’orque qui se nourrit de phoques, eux-mêmes se nourrissant de poissons, etc. Ceux qui ont un régime mixte ont un indice moyen.

    C’est ainsi qu’il est attribué en moyenne à l’homme le niveau trophique de 2,2, niveau qui varie de 2,04 au Burundi (régime essentiellement végétarien) à 2,54 en Islande où la consommation de poisson est importante.

    Sans être biologiste, nous savons tous que l’homme est un omnivore depuis des millénaires. C’est d’ailleurs ce qui a permis à l’espèce humaine de survivre et à se propager sur toute la terre, quelque soient les conditions climatiques locales.

    Il n’est donc pas étonnant que l’homme ait un indice trophique comparable à celui du porc, animal tout aussi omnivore.

    Un indicateur à utiliser avec beaucoup de précaution

    Un indicateur opérationnel est un indicateur qui permet de mesurer l’impact des objectifs visés. Encore faut-il qu’il ne soit pas ambivalent lorsqu’on consolide l’ensemble des indices et qu’il n’incite pas à prendre des décisions contradictoires.

    Les chercheurs soulignent que l’indice trophique de l’homme s’élève au fur et à mesure que la consommation de produits carnés simultanément à la hausse des revenus. Le niveau trophique humain se serait ainsi accru de 40% au cours des cinquante dernières années et les chercheurs s’interrogent justement sur la durabilité de cette évolution.

    Les limites de cet indicateur sont vite atteintes. En effet, que passe-t-il si on consolide l’indice entropique pour l’ensemble des êtres vivants et si on considère souhaitable de faire baisser l’indice trophique ?

    Dans cette hypothèse, l’objectif inciterait à éliminer d’abord les prédateurs supérieurs, puis tous les carnassiers (lions, loups, tigres, etc.), puis les carnivores stricts (thons, mantes religieuses..) pour s’attaquer ensuite aux omnivores…

     

    Source : Eating up the world’s food web and the human trophic level” 

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu