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cholestérol

  • Une nutritionniste canadienne fait le point sur l’impact santé des graisses saturées

    Gemma Calzada, nutritionniste canadienne, fait le point à propos du sujet controversé de la corrélation alimentation / cholestérol et replace le problème à sa vraie place.

    Les graisses saturées sont accusées régulièrement de favoriser l'artériosclérose et les maladies cardio-vasculaires. Elles ont aussi la réputation de faire grossir. Pourtant, des nutritionnistes considèrent que les graisses saturées sont nécessaires pour la santé.

    graisses saturées,cholestérol,huiles,acides gras,omega3,oméga6,oméga9,Le consensus est très fort autour des acides gras oméga 3 (comme l'huile de poisson bleu) et oméga 6 (comme l'huile de tournesol). Les acides gras oméga 3  sont jugés anti-inflammatoires, tandis que les acides gras oméga 6  sont inflammatoires. Les acides gras oméga 9 (tels que ceux contenus dans l'huile d'olive) sont aussi majoritairement considérés comme des anti-inflammatoires.

    Des divergences demeurent toutefois quant à savoir s'il est possible de les cuire ou non. Ainsi, par exemple, le régime GAPS interdit de faire chauffer l'huile d'olive. La polémique est encore plus forte lorsque l'on évoque les graisses saturées.

    Les arguments en défaveur des graisses saturées

    La American Heart Association affirme le 30 mai 2014 que « l'ingestion d'aliments qui contiennent des graisses saturées augmente le taux de cholestérol dans le sang. Des niveaux élevés de cholestérol sanguin favorisent le risque de maladies coronariennes et d'infarctus. En outre, de nombreux aliments à forte teneur en graisses saturées ont également un niveau élevé en cholestérol, ce qui augmente encore davantage le cholestérol sanguin. »

    Le Dr Galland affirme que « l'effet de la consommation de viande sur le risque de maladies de l'artère coronaire est clairement établi, étant donné que les graisses saturées augmentent le taux de cholestérol. » En outre, « un régime riche en graisses augmente le flux biliaire. La bile modifie la flore intestinale car elle détruit des organismes du fait des acides et des sels biliaires, tout en en développant d'autres. » Ainsi, le Dr Galland considère que les graisses saturées sont à l'origine de maladies cardio-vasculaires et d'une disbiose intestinale (déséquilibre de la flore bactérienne).

    De nombreuses études prouvent les effets inflammatoires des graisses saturées. L'inflammation est due à l'activation des récepteurs Toll-like (TLR4) et stimule les molécules inflammatoires des macrophages.

    Plusieurs études ont montré que les acides gras saturés (SFA) stimulent l'inflammation des tissus adipeux par un processus impliquant le récepteur 4 Toll-like (TLR4). Les SFA stimulent également les molécules inflammatoires dans les macrophages.

    La majeure partie des études sur les graisses saturées portent sur les graisses lactiques, notamment l’étude publiée dans la revue Nature en 2012. Eugene Chang y démontre comment ces graisses modifient la composition de la flore intestinale, créant un déséquilibre susceptible d’activer une réponse immunitaire ou une inflammation..

    Arguments en faveur des graisses saturées

    Plusieurs médecins sont devenus favorables, comme le Dr Weil, qui écrivait en 2011 : « Mon avis sur les graisses saturées a évolué. Je m’appuie sur une analyse scientifique portant sur 21 études préalables, qui montraient qu'il n'existe pas de preuve significative que les graisses saturées, présentes dans l'alimentation, soient associées à une augmentation du risque de maladies coronariennes. »

    Il fait référence à des études telles que celle publiée en 2010 par l'American Journal of Clinical Nutrition, dont les auteurs concluent que « une méta-analyse d'études épidémiologiques prospectives montre qu'il n'existe pas de preuve significative pour conclure que les graisses saturées, présentes dans l'alimentation, soient associées à une augmentation du risque de maladies cardio-vasculaires ou coronariennes. »

    De récentes études confirment qu'un régime pauvre en glucides est plus efficace qu'un régime pauvre en graisses pour réduire le niveau des triglycérides dans le sang et abaisser les indicateurs de l'inflammation.

    Une explication possible à ce revirement est l'idée que toutes les graisses animales ne sont pas égales. Celles qui sont le plus inflammatoires sont celles qui proviennent d’animaux nourris aux céréales, la quantité d'oméga 6 étant alors bien plus importante. En revanche, la graisse des animaux nourris au pâturage contient d'autres substances anti-inflammatoires.

    Les études réalisées en laboratoire utilisent généralement des produits raffinés, et non des produits naturels. Dans les études qui concluent que la graisse saturée est préjudiciable à la santé, telle que celle publiée dans Nature, on utilise les « matières grasses du lait – une substance en poudre obtenue lors de la séparation des matières grasses du beurre et de sa déshydratation. » Ces matières grasses sont très différentes de celles naturellement présentes dans le lait, dans un yaourt ou dans du beurre élaboré à partir de lait cru. Les effets de ces matières grasses sur la santé peuvent aussi être très différents.

    Le mythe du cholestérol

    L'idée que les aliments riches en cholestérol engendrent des maladies cardiovasculaires est en train d'être réfutée par de nombreuses études scientifiques.

    75 % du cholestérol dans l’organisme comme dans le sang est en effet synthétisé par le foie. Seuls 25 % proviennent des aliments ingérés. Il n'y a donc pas de corrélation directe entre l'ingestion de cholestérol et le cholestérol sanguin. Une étude réalisée en 1948 a d’ailleurs montré que la corrélation est en fait inversée.

    En réalité, plus l’ingestion de graisses saturées et de cholestérol est importante, moins le taux de cholestérol dans le sang et le poids de la personne sont élevées, et plus sa vitalité est grande.

    Par contre, on a montré que les régimes pauvres en graisses saturées génèrent une plus forte mortalité liée à des cancers, des suicides, des hémorragies cérébrales et de la violence. 

    De son côté, le Dr Weston Price a étudié les civilisations indigènes qui profitaient d’une bonne santé et d'une longévité élevée. Il a découvert que leurs régimes variaient beaucoup : certains étaient basés sur le poisson, d'autres sur les légumes et les produits laitiers, d'autres encore sur le gibier, etc. Mais tous avaient en commun une quantité de graisses alimentaires très élevée.

    Le cholestérol produit dans le foie dépend des niveaux d'insuline. Ainsi, en réduisant la consommation de sucres et de glucides, on réduit la quantité d'insuline et donc, le niveau de cholestérol.

    Le niveau des triglycérides dans le sang a un lien avec les maladies cardiaques, mais les triglycérides ne proviennent pas directement des matières grasses de l'alimentation. Ils sont synthétisés par le foie à partir des excédents de sucre.

    Graisses saturées animales et végétales

    On confond généralement le terme « graisse saturée » et « graisse animale ». Or, toutes les graisses et les huiles, qu'elles soient animales ou végétales, sont le résultat d'une combinaison de graisses saturées, monoinsaturées et polyinsaturées.

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    En général, les graisses animales, comme le beurre ou la graisse de veau, de porc ou d'œuf, contiennent entre 40 % et 60 % de graisse saturée, entre 30 % et 50 % de graisse monoinsaturée et le reste de graisses polyinsaturées.

    C'est précisément la composition qui ressemble le plus aux matières grasses du lait maternel : 48 % de saturées, 33 % de monoinsaturées et 16 % de polyinsaturées ; c'est cette proportion dont les humains ont besoin pendant toute leur vie dans leur alimentation.

    Certaines graisses végétales sont composées majoritairement de graisses saturées, comme la noix de coco, qui possède de nombreuses propriétés antibactériennes, antifongiques et antivirales bénéfiques, liées à sa teneur en acide laurique, un type d'acide gras uniquement présent, autrement, dans le lait maternel humain.

    Les graisses ou les huiles préjudiciables pour la santé sont celles qui ont été soumises aux processus suivants :
    -1- Extraction de l'huile végétale par chauffage ou emploi de produits chimiques
    -2- Hydrogénation d'huiles végétales.
    -3- Homogénéisation des matières grasses comme celles contenues dans le lait.

    Ces processus donnent des graisses engendrant un effet inflammatoire à l’instar, par exemple, des graisses « trans » issues des huiles hydrogénées ou partiellement hydrogénées, qui sont utilisées dans les plats industriels : biscuits, pommes de terres sautées et frites de fast-food, viennoiseries, pop-corn, pizza, chocolat, plat pré-cuits, glaces, mayonnaise, margarines, etc.

    Les autres graisses néfastes pour la santé sont le cholestérol oxydé, que l'on trouve dans les œufs lyophilisés ou le lait en poudre, dans la viande ou dans les matières grasses qui ont été cuites à haute température, comme par exemple dans les frites.

    Rôles des graisses saturées dans l'organisme

    Chaque cellule de chaque organe de notre corps contient du cholestérol. En particulier,  la membrane des cellules est formée presque à moitié de cholestérol. 

    Les graisses saturées sont nécessaires au cerveau, aux yeux, à la formation des hormones, au cortisol, à la vitamine D et aux sels biliaires. Dans le système nerveux, par exemple, la myéline est une substance qui recouvre toutes les cellules et fibres nerveuses. Elle est composée à 20 % de cholestérol. Les synapses, ou connexions entre les neurones, nécessaires pour la mémoire, ont aussi besoin de cholestérol.

    Les graisses saturées remplissent aussi de nombreuses autres fonctions importantes dans l'organisme :
    -1- Elles transportent les vitamines solubles dans les graisses : A, D, E et K.
    -2- Elles aident au fonctionnement du système immunitaire.
    -3- En ralentissant la digestion, elles apportent une sensation de satiété après le repas, qui dure longtemps, ce qui évite de grignoter.
    -4- Elles aident à la transformation du carotène en rétinol (vitamine A) utilisée, par exemple, dans les yeux et dans toutes les cellules épithéliales.
    -5- Elles aident à la fixation du calcium dans les os.
    -6- Elles protègent le foie contre l'alcool et d'autres substances toxiques.
    -7- Elles protègent les parois du système digestif.
    -8- Elles participent à la réparation des tissus endommagés de l'organisme.
    -9- Elles jouent un rôle d’antioxydant contre les radicaux libres.

    Le rôle du foie et du pancréas

    Le foie produit la bile, qui émulsionne les graisses ou les lipides alimentaires. Mais si le foie ne fonctionne pas correctement, en raison d’une surcharge toxique, il ne peut pas réaliser cette fonction. C'est pour cela que les graisses ne sont pas correctement digérées. Véritable cercle vicieux, elles alimentent alors les bactéries indésirables de l'intestin, qui prolifèrent et produisent davantage de toxines, d’où une augmentation de la charge toxique du foie.

    Le pancréas peut provoquer une déficience de lipase, enzyme chargée de digérer les lipides. Selon le Dr Campbell-McBride, ce dysfonctionnement est dû à une disbiose intestinale, qui affecte aussi les organes et empêche leur bon fonctionnement.

    Au final, une mauvaise digestion des lipides produit un déficit en acides gras, ce qui engendre un mauvais fonctionnement de diverses parties du corps : cerveau et système nerveux, vue, hormones, système cardiovasculaire, etc.

    Pour savoir si l'on souffre d'un tel problème, il suffit d'observer si les selles flottent dans l'eau ou si elles coulent. Dans le premier cas, la digestion et l'absorption des lipides ne se font pas correctement.

    Ainsi, si les graisses ne sont pas digérées, elles nuisent à la santé. Au risque d’avoir des déficiences multiples, il ne faut donc pas chercher à éviter les matières grasses dans l'alimentation, mais à réparer l'organisme, principalement le foie et le pancréas, pour qu'elles soient tolérées.

    Conclusion

    Le problème des protéines et des graisses dépend principalement du type d'animaux dont elles proviennent : si elles sont issues d'une viande de bonne qualité, c'est-à-dire nourrie au pâturage et en plein air ou si les animaux sont élevés dans des élevages intensifs. Les graisses industrielles ou soumises à des procédés qui les dénaturent sont aussi préjudiciables.

    Le problème de fond n'est pas de savoir s'il faut ingérer ou non des matières grasses, mais si le corps les absorbe et s'il les digére pour répondre aux besoins de l'organisme. Lorsque le foie ou le pancréas ne séparent pas suffisamment la bile et le jus pancréatique, les graisses et autres nutriments sont mal digérés, ce qui provoque des maladies cardiovasculaires, hormonales, inflammatoires, gastro-entérologiques, des cancers, etc. Il faut alors entamer un traitement médical pour rétablir ces fonctions.

    Source : Gemma Calzada avec ses sources bibliographiques

  • La prise alimentaire limitée dans le temps est intéressante et peu contraignante pour perdre du poids et réduire les risques de diabète

    Les résultats observés en laboratoire suggèrent que l'heure à laquelle nous mangeons est aussi important que ce que nous mangeons pour maitriser son poids. L'optimal : durant les jours de la semaine, un délai de moins de 10 heures entre le petit-déjeuner et le diner, et sans grignoter ensuite ou boire autre chose que de l'eau.

     

    Salk Institute of San DiegoSelon une étude menée par des chercheurs de l'Institut Salk à San Diego (USA)et publiée en décembre 2014 dans la revue Cell Metabolism, les périodes d'alimentation trop longues sont nocives pour la santé.

    De nos jours, dit le Pr Satchidananda Panda, la plupart des conseils nutritionnels se résument à : "Vous devez changer de régime alimentaire et recourir à une alimentation plus saine et plus équilibrée". Compte-tenu du fait que beaucoup de gens n'ont pas accès à cette alimentation, nous voulions savoir si, sans modifier le régime alimentaire, l'alimentation limitée dans le temps pouvait apporter certains avantages.

    Les résultats observés en laboratoire suggèrent que l'heure à laquelle nous mangeons est aussi important que  ce que nous mangeons. Bien qu’ils n'aient pas encore été testés chez l'homme, ils peuvent être appliqués sans risques en tant que méthode potentielle de perte de poids.

    A une époque où les adultes et les enfants se couchent de plus en plus tard et dorment de moins en moins, ce qui rallonge leur période d'alimentation, les chercheurs de Salk ont démontré que limiter la période d'alimentation à un intervalle de 8 à 12 heures par jour permet de lutter contre l'obésité, le diabète et des taux de cholestérol trop élevés.

    Déjà, en 2012, le professeur Panda avait montré que sur deux groupes de souris nourries avec un régime riche en graisse, celles autorisées à ne manger que pendant 8 heures par jour étaient en meilleure santé et plus minces par rapport aux souris ayant eu accès à la même quantité de nourriture (même nombre de calories) toute la journée.

    Bien que les raisons exactes pour lesquelles la restriction dans le temps de l'alimentation conduit à une meilleure santé n'aient pas encore été trouvées, le professeur pense qu'elles sont liées à la façon dont notre horloge biologique et les rythmes circadiens influenceraient notre métabolisme.

    Une alimentation limitée dans le temps reste efficace avec un relâchement le week-end


    Dans cette nouvelle étude, réalisée sur près de 400 souris, de poids normal ou obèses, l'équipe du Pr Panda a étudié l'effet de différents types de régimes alimentaires et de différentes longueurs de restrictions temporelles. Les chercheurs ont montré que les souris ayant subi des restrictions horaires et consommé la même quantité de calories quotidiennes que leurs homologues sans restriction prennent moins de poids, et ce, indépendamment de leurs régimes : riches ou non en matières grasses, en graisses, en sucre, ou en sucres artificiels.  Que la fenêtre de temps pendant laquelle les souris ont accès à un régime hyper gras soit de 9, 10 ou 12 heures, les souris ont toujours un poids inférieur à leurs homologues sans restriction. Au-delà de 12h, les avantages conférés par la restriction de temps deviennent plus modestes.

    Les souris qui ont été nourries librement le week-end seulement sont restées très similaires à leurs congénères à qui ce répit n'a pas été offert. Cela suggère que le régime peut résister à des interruptions temporaires.

    Un effet thérapeutique intéressant contre l’obésité

    Les chercheurs ont restreint l'accès à la nourriture à une fenêtre de 9 heures chez des souris devenues obèses suite à une alimentation hyper grasse et un régime en horaire libre.  Bien que les souris aient continué à consommer le même nombre de calories, leur masse corporelle a diminué de 5%.

    Parallèlement, les souris du groupe témoin pour lequel l'accès à la nourriture n'a pas été limité dans le temps ont continué à prendre du poids, avec une augmentation de 25% de leur masse corporelle.

    Les promesses bénéfiques de l'alimentation limitée dans le temps

    L'équipe du Pr Panda a aussi étudié les effets de l'alimentation limitée dans le temps chez des souris nourries avec un régime équilibré et a pu montrer que ces souris présentaient une masse musculaire plus importante que leurs congénères ayant un accès illimité à la nourriture. "Il est intéressant de constater que, bien que les souris ayant un régime alimentaire normal ne perdent pas de poids, elles changent leur composition corporelle", explique le Pr Panda. "Cela nous amène à la question : Que se passe-t-il? Ces souris maintiennent-elles une masse musculaire qui aurait été perdue au cours du temps avec une alimentation libre, ou ont-elles gagné en masse musculaire au détriment de la graisse?"

    De plus, la prise alimentaire limitée dans le temps a révélé que de multiples voies moléculaires qui avaient été altérées par des maladies métaboliques reviennent à la normale, et que d'autres voies de protection sont activées

    Sources : Salk InstituteCell Metabolism 

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