Avertir le modérateur

dakar

  • Le rôle des entreprises dans le développement en Afrique fait toujours débat

    forum,afrique,développement,agriculture,agroalimenaire,agrobusiness,securite alimentaire,ananas
    Deux conceptions du développement ont continué à s’affronter à Dakar cette semaine à l’occasion du Forum AgriBusiness africain 2012 sur le thème « Partenariat, investissements et technologies pour relancer l'agriculture africaine ».

    Le forum était organisé par l’association belge EMRC avec le concours de la Fondation Rabobank ainsi que le soutien de la FAO, du PNUD,et du Pan africain Agri Business and Agro-Industry Consortium (PanAAC).
    Il était placé sous le haut patronage de Macky Sall, président de la République du Sénégal, et du Premier ministre Abdoul Mbaye,

    Après le forum de Johannesburg et dans le prolongement du G8 qui a vu le lancement par le président Obama du programme « Alliance » pour réduire la pauvreté en Afrique avec partenariat public/privé, plus de 400 spécialistes du secteur agroalimentaire ont débattu de la mise en valeur du potentiel agricole de l’Afrique avec le développement des filières agroalimentaires.

    La semaine précédente, Activista et le Cadre national de concertation des ruraux (CNCR) du Sénégal avaient manifesté contre la tenue du forum, estimant que celui-ci avait pour but le partage les terres entre les grandes puissances financières au détriment des exploitations familiales. Selon Fatou Ndour Ngom, chargée de campagne d’Activista, « les récents accaparements massifs de terres au profit d’intérêts privés ou d’Etats tiers ciblant des dizaines d’hectares portent atteinte aux droits humains en privant les communautés locales, indigènes, paysannes, pastorales, forestières de leur moyen de production… ils restreignent leur accès aux ressources naturelles… ils aggravent les inégalités d’accès et de contrôle foncier au détriment des femmes »

    En réponse à ces arguments, Abdoulaye Baldé, ministre sénégalais de l’Agriculture et de l’Equipement rural a affirmé que l’agrobusiness ne vise pas à s’accaparer des terres, mais permet plutôt de « maximiser les terres et d’attirer de nouveaux investisseurs».

    Pour sa part, le vice président d’Olam Sénégal, Jean Claude Gruner, estime qu’il y a un déséquilibre entre l’offre et la demande. En Afrique, soutient-il, l’agriculture emploie plus de 60 % de la population alors qu’elle fournit moins de 10 % du Pib. De son point de vue, il faut un gouvernement fort, avec des partenaires forts, pour développer le secteur agricole africain. Ce qui suppose une agriculture compétitive, des usines de transformation, une amélioration des pratiques culturales, une prise en compte de la question foncière, etc.

    Selon VC4Africa, une plate-forme en ligne dédiée aux entrepreneurs, le micro-crédit est limité dans sa capacité à aider les entreprises à forte croissance – celles dépassant la taille d’une entreprise de subsistance – laissant ainsi sur la touche la majorité des entrepreneurs dotés d’un potentiel.

    Maria Odido, de Kampala (Ouganda) a gagné le prix de l’Incubateur de Projets au Forum AgriBusiness 2012 pour la création en 2008 de  «Bee Natural Uganda ». Sa première entreprise, créée dans le même domaine, avait été mise en redressement judiciaire. Son objectif reste le même : « collaborer avec des producteurs ruraux pour produire ensemble un produit de calibre mondial et une marque régionale »… Selon elle, « l’Afrique dépend à juste titre des investissements directs étrangers. Mais le rôle des investisseurs locaux est encore plus important car davantage en contact avec les communautés locales et peut mieux les comprendre. »

    En se concentrant sur la question des conditions de production agricole, on oublie souvent celle de la sécurité alimentaire des citadins. Or, les émeutes de la faim de 2008-2009 provoquées par la flambée des prix des denrées de base montrent que l’insécurité alimentaire des agglomérations est souvent l’élément déclencheur de l’instabilité politique et d’un processus d’insécurité généralisée.

    On peut arguer que les Etats peuvent acheter la paix en subventionnant la mise en marché de ces denrées de base. Encore faudrait-il que les Etats en aient les moyens financiers. Or, dans la majorité des pays d’Afrique, l’économie informelle est très importante. De ce fait, ceux-ci ont des ressources fiscales limitées et donc une capacité d’intervention très réduite alors qu’ils ont à gérer par ailleurs toutes les conséquences (infrastructures, besoins éducatifs et sanitaires) d’une croissance démographique toujours aussi rapide. Une mobilisation pragmatique de toutes les énergies, politiques, familiales et entrepreneuriales, est donc indispensable.


Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu