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drogue

  • La production de drogue peut pallier à l’insécurité alimentaire de certains pays

    Dans le dernier numéro de la revue Sciences du Sud, des chercheurs de l’IRD (Institut de Recherche et du Développement) souligne les liens paradoxaux qu’il peut y avoir entre l’économie de la drogue et le développement de certains pays producteurs.

    Pour ceux qui critiqueraient la mise en parallèle de ces deux problématiques, il faut constater avec ces chercheurs que :

    -          le chiffre d’affaires de la drogue est 7 à 8 fois plus élevé que le volume des aides publiques au développement

    -          en dépit des initiatives  incitatives/coercitives mises en œuvre depuis près d’un demi-siècle, en particulier sous l’impulsion américaine, la production de matières naturelles hallucinogènes n’a fait que croître et leur prix baisser, accroissant d’autant la demande

    -          les réseaux économiques et politiques se sont parfois, selon Eric Léonard, tournés vers les activités illicites pour compenser les risques entraînés par la volatilité des prix des matières premières conventionnelles

    Au Mexique, la production de drogues est socialement acceptée

    drogue,cocaïne,Mexique,IRDJean Rivelois estime que, malgré les multiples communiqués de l’armée repris par les médias, l’économie souterraine mexicaine de la drogue n’est pas réellement remise en cause. Les pratiques transgressives tolérées s’y perpétuent et s’étendent aux acteurs de l’économie informelle. Elles sont même acceptées par l’Etat et l’opinion tant qu’elles redistribuent les revenus et préservent la paix sociale, renforçant ainsi la légitimité des responsables politiques. Les entreprises déclarées de l’économie formelle peuvent sous-traiter une partie du travail à des acteurs informels pour profiter de leur flexibilité.

    Les enquêtes montrent, conformément à la pure logique libérale, une capacité d’adaptabilité des travailleurs eux-mêmes qui passent alternativement d’un travail formel ou à une occupation souterraine ou informelle selon les besoins et les opportunités. Ces activités illicites paraissent comme un recours indispensable dans une économie de survie, comme un ultime moyen d’intégration sociale et d’acquisition d’un statut.

    Selon Jean Rivelois « La corruption qui accompagne cette tolérance est même assimilée à un impôt informel, s’ajoutant à celui prélevé par l’Etat ».

    La culture du pavot à opium assure la subsistance du petit paysan de plusieurs pays

    Si la production des produits dérivés (morphine, héroïne…) enrichit les réseaux mafieux de distribution, la rentabilité de la culture du pavot à opium est rarement au rendez-vous par rapport aux cultures vivrières et aux autres productions de rente (coton..). Elle dépend beaucoup des structures ( surfaces cultivables et main d’œuvre disponibles) et des conditions de production.

    En Birmanie, la culture du pavot est attractive car elle succède à celle du riz pluvial montagnard. Pierre-Arnaud Chouvy constate que, malgré le coût de la main d’œuvre, « l’opium et son calendrier permettent à de nombreuses familles montagnardes de pallier des déficits vivriers structurels.

    drogue,pavot,opium,morphine,blé,céréaliculture,sécurité alimentairePar contre, en Afghanistan, le pavot pousse à la même période que le blé qui est la base de l’alimentation traditionnelle locale. Les agriculteurs doivent donc choisir entre les deux productions. Or, selon P-A Chouvy, s’il n’a qu’une faible surface cultivable disponible et que le rendement est faible, « un paysan afghan nourrira vraisemblablement mieux sa famille nombreuse en y produisant de l’opium qu’en ayant recours à la céréaliculture ». S’il risque régulièrement l’insuffisance alimentaire, le paysan n’a alors pas d’autre choix que la production de pavot à opium ou disparaître.

     

    Source : Sciences du Sud n°71 – octobre 2013

  • Le goût et l’attrait du risque mortel s’expriment aussi en consommant des aliments

    Le principe de précaution n’est pas une référence universelle. S’il a été intégré dans le droit constitutionnel français, on ne peut ignorer l’attrait que le risque extrême exerce sur certaines personnes. C’est d’ailleurs ce qui explique l’engouement pour certaines activités sportives particulièrement dangereuses. Dans ce cas, la connaissance de l’importance du risque encouru n’est pas un frein, bien au contraire, puisque son affrontement provoque la sécrétion d’une véritable drogue naturelle : l’adrénaline.

    Cette attraction mortifère peut trouver sa traduction en consommant des aliments. Pour preuve : le succès du Heart Attack Grill, un restaurant de Las Vegas qui est inscrit au Guiness des records. heart attack grill,las vegas,hamburger,calorique,fast-food,crise cardiaque,restaurantC'est le fast-food qui vend les hamburgers les plus caloriques. Son «Quadruple Bypass Burger» avec 20 tranches de bacon pèse 2 livres et fait 9.983 calories !

    Depuis son ouverture en 2005, cet établissement s’est fait le symbole des excès. Après un contrôle de leur poids sur une bascule à bovins, les consommateurs pesant plus de 350 livres peuvent manger tout leur saoul gratuitement. Sur la devanture du Heart Attack Grill, un panneau indique: "Cash Only. Vous risqueriez de mourir avant que la note ne soit réglée."  Si le tenancier n’en prend pas, le risque immédiat est réel pour le consommateur.

    risque,heart attack grill,las vegas,hamburger,calorique,fast-food,crise cardiaque,restaurantUn homme de 29 ans pesant près de 600 livres y est mort en 2011. En février dernier, un homme d’environ 40 ans a eu une crise cardiaque après avoir mangé un “Triple Bypass Burger » de 6.000 calories. Le 23 avril, c’est une femme du même âge qui s'est évanouie dans son assiette pour la même raison et a dû être évacuée par les urgences médicales. Aux questions posées, le propriétaire du restaurant rétorque « Elle a eu exactement ce qu'elle voulait… Contrairement aux cigarettes, j'affiche, depuis l'ouverture du restaurant, des messages d'avertissement pour dire aux gens combien notre nourriture est mauvaise pour eux ».

    La notoriété et le succès de ce restaurant pourraient symboliser le cadre urbain dans lequel celui-ci est installé, au milieu des casinos, et le goût du risque des Américains. Mais ceux-ci n’en ont pas le monopole. D’autres, en particulier au Japon, peut-être avec plus de raffinement, apprécient de tutoyer la mort.

    Interdit à la consommation de 1603 à 1912, le fugu est depuis cette date le mets nippon par excellence. Il était d’ailleurs servi à Tokyo par Takeshi Yasuge, chef cuisinier doublement étoilé par Michelin jusqu’au décès le 10 novembre 2011 d’une cliente japonaise. La vente de fugu est interdite en Europe du fait de la dangerosité de ce poisson. Son foie et ses ovaires contiennent de la tétrodotoxine, une molécule naturelle 275 fois plus toxique que le cyanure ! La neurotoxine du fugu agit entre 20 et 30 min après absorption. S’ensuit alors une paralysie des membres, du cœur et enfin des poumons, sans perte de conscience de la victime qui meurt asphyxiée. Aucun antidote n’existe encore à ce poison «bio». La dose létale est de 1 mg pour un homme !

    Soumise depuis 1949 à une licence délivrée aux aspirants Chefs de fugu et alors que seuls 30% des candidats obtiennent leur examen, la vente de Mikaki fugu, c’est-à-dire de fugu entier sans sa partie toxique, pourrait être libéralisée du fait de ventes incontrôlée de fugu dans plusieurs provinces japonaises … Le Fugu est en effet un marché florissant au Japon : il représente un chiffre d’affaires de 4 milliards de yens, soit 31 millions d’euros.

    précaution,risque,extrême,drogue,restaurant,fugu,takeshi yasuge,chef cuisinier,michelin,tétrodoxine,cyanure,paralysie,antidote,japon,dégustation,alimentaire,viscères,chairMalgré son aspect peu ragoûtant, ce poisson des grands fonds du Pacifique, peut se vanter d’avoir un jour sur le calendrier du Japon. Pêché au printemps, puis engraissé jusqu’à l’hiver, le fugu inspire le raffinement. Il se consomme cru. Le plaisir de sa dégustation serait d’abord de l’ordre du sensitif. L’endolorissement des lèvres, au contact de sa chair, ferait partie de la magie du fugu, exaltée, probablement, par le fait de savoir qu’une goutte mortelle s’est peut être écoulée des viscères du fugu. En quelque sorte «la roulette japonaise» version alimentaire.

     

    M.F.

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