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ferme lufa

  • L'aquaponie peut diminuer la pression sur les sols agricoles pour satisfaire une demande alimentaire croissante

    La production de denrées alimentaires impose une surface agricole disponible. Or, les surfaces agricoles se réduisent du fait de plusieurs facteurs (pression démographique, appauvrissement des sols, réchauffement climatique, etc.). Deux options se présentent alors pour satisfaire les besoins : améliorer l'efficacité des pratiques agricoles pour optimiser la production sur une surface donnée ou produire indépendamment de la ressource "sol" qui est rare en milieu urbain.

    Les cultures hydroponiques hors-sol, focalisées sur une production spécifique, peut représenter une partie de la solution, dans la mesure où il est question de produire plus sur une surface concentrée, voire littéralement sans sol pour certaines productions légumières. Ces techniques sont généralement gourmandes en énergie, en eau, et autres intrants, tout en rejetant toute sorte de résidus, souvent peu recyclables ou réutilisables. La production de denrées alimentaires a dans ce cas précis un coût environnemental important, qu'il est difficile d'associer à un quelconque développement durable.

    Ce constat peut être effectué pour les productions animales tout comme pour les productions végétales, en particulier maraichères. On sait pourtant exploiter certains de ces résidus, et en particulier les résidus organiques produites par les élevages. De même, on connait la capacité épuratrice des plantes. Pourquoi alors ne pas optimiser ces interactions par le biais d'un système mixte en circuit fermé ?

    L’aquaponie optimise la complémentarité culture/élevage dans un circuit fermé

    aquaponie,production agricole,demande alimentaire,aquacultureLe terme "aquaponie" correspond à la contraction d'aquaculture (élevage de poissons) et d'hydroponie (culture sur substrat inerte (hors-sol) irrigué par de l'eau enrichie en matières minérales accessibles aux plantes). Les intrants et extrants de ces deux types de pratiques agricoles sont connus et sont en partie complémentaires.

    En aquaculture, la qualité de l'eau est un élément déterminant dans la réussite d'un élevage : les poissons étant élevés en milieux clos, la circulation de l'eau doit être artificialisée pour évacuer les éléments toxiques (notamment dus à l'accumulation des déjections) et pour assurer sa bonne oxygénation. De l'autre côté, les plantes ont besoin d'éléments minéraux pour croître, et en particulier d'azote, qu'elles assimilent sous forme de nitrates. Les poissons, eux, rejettent de l'azote, principalement sous forme ammoniacale, à la base du cycle de l'azote, bien connu des aquariophiles : les bactéries Nitrosomonas transforment l'ammoniac en nitrites (eux-mêmes toxiques pour les animaux aquatiques), qui sont transformés en nitrates par les bactéries Nitrobacter.

    L'aquaponie permet de répondre aux besoins des deux milieux par le biais d'un assemblage de bactéries : les déjections de poissons servent d'engrais pour le végétal cultivé (azote, phosphore et potassium) après avoir été transformées par un filtre bactérien (aérobie). En se servant des nutriments sous forme minérale pour croître, les plantes épurent l'eau de l'aquarium par le biais de l'assimilation racinaire, qui peut ensuite être réutilisée dans les bassins aquacoles.

    Une fois le système lancé, il fonctionne en circuit quasi-fermé : les principaux intrants nécessaires sont l'alimentation pour les animaux aquatiques, et de l'électricité pour le pompage, le filtrage et l'oxygénation de l'eau. L'oxygène et la lumière sont également nécessaires, mais sont souvent présents en quantité suffisante dans les conditions naturelles pour qu'il n'y ait pas besoin de complément artificiel. Les besoins en eau sont négligeables par rapport aux méthodes de culture traditionnelles puisqu’il s'agit essentiellement de compenser l'absorption par les plantes et l'évaporation. Et ce faisant, on produit des légumes, et du poisson.

    De l'échelle familiale à l'échelle industrielle

    Les premières unités d'aquaponie commercialisées, souvent artisanales, répondaient à ce besoin de créer et d'entretenir une production familiale, presque anecdotique.

    Les sites internet collaboratifs sont nombreux, permettant aux ménages qui le souhaitent de se transformer en maraîcher/pisciculteur à l'échelle familiale.

    aquaponie,production agricole,demande alimentaire,aquaculture,maraicher,pisciculteur,ferme Lufa, MontréalMais, toutes proportions gardées, un tel système pourrait fonctionner à l'échelle industrielle ? Pas grand-chose, après quelques ajustements de taille. C’est ainsi que la ferme Lufa a été inaugurée en 2011 à Montréal la première du genre sur le continent américain. Aménagée sur le toit d’un bâtiment industriel équivalant à un terrain de football, pourra à terme approvisionner 2.000 personnes du quartier en légumes frais.

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