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food safety

  • Les industriels agroalimentaires placent leur responsabilité sociale et la sécurité alimentaire aux 1ers rangs de leurs préoccupations

    La responsabilité sociale des entreprises agroalimentaires est devenue en 2011 la première des préoccupations de leurs dirigeants selon l’enquête lancée dans 45 pays par le Consumer Goods Forum, juste devant la sécurité alimentaire.

    42,2% des 443 dirigeants interrogés l’ont citée parmi leurs 3 principales préoccupations, devant la sécurité alimentaire (40,6%), qui a été le thème d’une conférence-débat à l’ANUGA, la troisième étant l’environnement économique et la génération de la demande (39%), largement devant les relations avec les distributeurs (27%), la compétitivité de leurs entreprises (19,6%), la gestion des ressources humaines (17%) ou la réglementation (12,4%).

    Cependant, une plus grande clarté dans le langage est nécessaire. Le terme de sécurité alimentaire employé dans l’enquête correspond, en réalité, à la sécurité sanitaire et qualitative des aliments (« Food safety » en anglais), c’est-à-dire à la maîtrise de la qualité alors que le terme de sécurité alimentaire doit être réservé à la notion de quantité disponible (« Food security » / « Food availability »). Il suffit, pour en avoir confirmation, de se reporter p. 11 de la brochure du Forum (http://www.ciesnet.com/pfiles/publications/brochure/The-Forum-Brochure-FRE.pdf) qui porte en titre « INITIATIVE MONDIALE SUR LA SECURITE ALIMENTAIRE (GFSI - Global Food Safety Initiative) ». Plus encore, les questions subsidiaires de l’enquête portaient sur la fraude, les normes GFSI et de gestion de la qualité, le coût des multiples audits.

    Il est évident que la préoccupation sanitaire et l’inquiétude des consommateurs a été exacerbée depuis 2010 par les épisodes sanitaires successifs (mélanine dans la poudre de lait, dioxine et salmonelles dans les produits avicoles, clenbuterol dans des aliments pour les porcs, listeria dans des produits végétaux, botulisme provoqué par un plat cuisiné défectueux, etc.).

    Cette fréquente confusion, tant en français qu’en espagnol courant (sous le terme « sécuridad agroalimentaria ») entretient un amalgame qui nuit à la clarté du débat et à l’évaluation pertinente des politiques alimentaires. Hormis les questions d’équilibre nutritionnel, les politiques alimentaires visent des objectifs qui peuvent être contradictoires.

    En effet, les pays les plus développés visent en priorité la maîtrise de la qualité, quitte à ce que ce soit au détriment de la quantité d’aliments produite avec des coûts de production et de logistique plus élevés (conditionnement, respect de la chaîne du froid, etc.). De leur côté, les responsables politiques des pays les moins avancés recherchent en priorité la mise à disposition de produits en quantité suffisante d’aliments à des prix accessibles pour des consommateurs dont l’immense majorité est constituée de pauvres.

    De la même manière, les politiques des pays développés qui privilégient les productions agricoles de proximité en arguant d’arguments, par ailleurs légitimes (moindres impacts potentiels sur l’environnement), peuvent constituer un obstacle au développement des petits producteurs des pays les moins avancés qui voient se multiplier les obstacles pour accéder aux marchés les plus rémunérateurs.

    Il est donc indispensable que toutes les parties prenantes (experts, responsables politiques, économiques et sociaux, ONG, medias, etc.) utilisent un langage clair pour que les décideurs politiques, les dirigeants d’entreprises et les consommateurs-citoyens adoptent et promeuvent des comportements cohérents en vue d’un développement durable du plus grand nombre.

    Michel Foucault 

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