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halieutique

  • Un nouvel outil contre la surpêche et les certifications de poissons frauduleuses : les empreintes génétiques

    Selon le rapport de la FAO du 9 juillet, près de 30 % des stocks halieutiques sont surexploités et 57 % sont pleinement exploités, c'est-à-dire que les prises atteignent ou avoisinent le rendement d’équilibre maximal.

    Or, les pêches et l'aquaculture durables jouent un rôle crucial dans la sécurité alimentaire et nutritionnelle de millions de personnes. Les chiffres record de 128 millions de tonnes de poissons pêchés pour la consommation, d’une valeur estimée à 217,5 milliards US dollars ont été enregistrés en 2010.

    Le secteur est aussi une source de revenus pour 55 millions de personnes. 90% sont des pêcheurs artisanaux. Les femmes constituent au moins 50 % de la main-d'œuvre; elles commercialisent jusqu'à 60 % des fruits de mer en Asie et en Afrique de l'Ouest.

    Les produits de la pêche sont parmi les denrées alimentaires les plus échangées dans le monde. Le commerce mondial a repris sa croissance en 2010 sous l'effet d'une demande soutenue, de politiques de libéralisation, de la mondialisation des systèmes alimentaires et d'innovations technologiques. Les échanges internationaux ont représenté le chiffre record de 109 milliards US $ et devrait atteindre un nouveau record estimé à 125 milliards de US $ en 2011. La production aquicole est un des secteurs de production animale à plus forte croissance et croît plus vite que la croissance démographique - tendance appelée à perdurer.

    Selon le Directeur général de la FAO, José Graziano da Silva, « les moyens d'existence de 12 % de la population mondiale en dépendent directement ou indirectement. Elles sont la principale source de protéines pour 17 % de la population mondiale et pour environ 25 % dans les pays à faible revenu et à déficit vivrier ».

    "La surexploitation a non seulement des répercussions sur l'écologie, mais elle amenuise également la production halieutique, avec des effets négatifs d'ordre social et économique", affirme le rapport. "Pour accroître la contribution des pêches marines à la sécurité alimentaire, aux économies et au bien-être des communautés côtières, des plans de gestion efficaces doivent être mis en place pour reconstituer les stocks surexploités".

    Le Code de conduite de la FAO pour une pêche responsable ainsi que des plans d'action internationaux et directives techniques qui s'y rattachent en vue de la réalisation d'un système de production vivrière mondial durable sont d’autant plus importants si on intègre les incertitudes découlant des changements climatiques.

    Les principales menaces pesant sur le potentiel des pêches et de l'aquaculture dérivent essentiellement de la gestion inefficace et d'une mauvaise conservation des habitats du fait de la pêche illégale, non déclarée et non régulée.

    Pour lutter contre la pêche illégale, des règles internationales ont été imposées avec la surveillance des zones de pêche et le respect des quotas. Afin de promouvoir la pêche raisonnée, de nombreuses sociétés de pêche ont été "éco-certifiées" par des organisations indépendantes de consommateurs telles que la Marine Stewardship Council (MSC). Les éco-certifications sont des labels de pêche raisonnée, la pêche "éco-certifiée " s'applique aux espèces, aux régions (élevages) spécifiques qui sont régulées de près, surveillées et contrôlées afin de contrecarrer la surpêche.

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    Pour renforcer l’efficacité des contrôles et lutter contre la fausse éco-certification, les chercheurs de l'Université catholique de Louvain, travaillant dans le cadre du programme européen FishPopTrace, viennent de développer une méthode qui permet d’identifier avec précision l’origine d’un poisson en analysant les variations d’ADN. Une base publique européenne de données a été créée avec les données ADN de 4  espèces commerciales parmi les plus communes en Europe (sole, merlu, cabillaud et hareng). 

    La technique génétique développée par les chercheurs de l'Université catholique de Louvain permet d'identifier si un poisson donné provient d'une zone d'élevage raisonnée, d'une région certifiée ou d'un stock donné et non d'une zone de surpêche.

    Compte tenu du fait que rien ne ressemble plus à un poisson qu'un autre poisson, l'analyse génétique est la seule fiable pour déterminer ces critères. Les méthodes certifiant un contrôle indépendant des prises et les écolabels sont très rares et d'une nécessité pressante. Les travaux des chercheurs ont été publiés dans la revue scientifique Nature Communications.

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