Avertir le modérateur

louvain

  • Nos performances sportives sont meilleures à jeun

    Tout le monde s'accorde à dire que faire de l'exercice physique est bénéfique pour la santé ! Encore faut-il comprendre pourquoi et dans quelles conditions ces effets bénéfiques sont optimalisés.

    performance,neurosciences,autophagie,endurance,santéC'est à cela que s'intéresse l'équipe de recherche de Marc Francaux, professeur à l'Institut des neurosciences de l'Université Catholique de Louvain (Belgique). Plus particulièrement, les chercheurs de l'UCL étudient les effets d'un système de dégradation appelé autophagie (se manger soi-même) qui correspond à puiser dans ses réserves.

    Ils ont été les premiers à démontrer, récemment, que ce système était activé dans le muscle des sportifs ayant réalisé un exercice d'ultra-endurance.


    Dans un article scientifique publié en octobre 2013 dans la revue American Journal of Physiology, les chercheurs de l'UCL démontrent que l'autophagie est également activée lors d'un exercice d'endurance plus classique, et que le fait de le réaliser à jeun augmente ses effets.

    En quoi activer l'autophagie est-elle bénéfique pour la santé ?


    A priori, on pourrait croire qu'activer un système de dégradation est plutôt délétère. C'est en effet le cas, si celui-ci est activé de manière chronique dans le cas de famine.

    Par contre, lors de l'exercice, l'autophagie est activée de manière transitoire. Ce système de dégradation va en quelque sorte "laver" les cellules des protéines et des organelles devenues non-fonctionnelles avant que d'autres systèmes ne se chargent de leur régénération. Elle va donc contribuer au renouvellement des structures cellulaires. D'autres chercheurs ont par ailleurs démontré que l'absence d'autophagie dans le muscle conduit à des myopathies.

    Les travaux du professeur Francaux et de son groupe suggèrent que les entraînements réalisés à jeun pourraient avoir de meilleurs effets que ceux réalisés nourris. Les sportifs d'endurance les pratiquent d'ailleurs depuis longtemps. Mais, cette modalité d'entrainement pourrait également se révéler plus bénéfique pour Monsieur et Madame tout le monde et plus particulièrement pour les personnes souffrant de troubles du métabolisme.

     

    Qu’en est-il de l’impact sur les performances cérébrales ?

     

    Autre aspect… On sait que le cerveau est très énergivore. Le cerveau n’est pas un muscles mais le jeun périodique est pratiqué depuis des siècles par les ascètes. N’aurait-il pas un effet comparable sur les performances cérébrales ?

     

    Chez l'homme, la capacité à mémoriser diminue vers cinquante ans, et ces difficultés s'accélèrent avec l'âge. La spermidine, qui se trouve dans le corps humain ainsi que chez de nombreux animaux, augmenterait les performances cognitives de personnes atteintes de maladies liées à la mémoire. Le déclenchement de la démence serait lié à l'agrégation de protéines. Celles-ci s'accumulent au cours du temps dans les cerveaux.

    Les chercheurs allemands Stephan Sigrist (Université libre de Berlin) et Frank Madeo (Université Karl-Franzens de Graz) ont montré que la spermidine a un rôle d'autophagie en déclenchant un processus de nettoyage au niveau cellulaire. L'introduction de petites quantités de spermidine fait diminuer de façon significative la quantité d'agrégats de protéines dans le cerveau, et les capacités de mémorisation sont accrues.

    Certaines publications notent que la mémorisation est corrélée avec la glycémie, celle-ci diminuant lors du jeûne.

    Les besoins de la tête et des jambes seraient-ils antagonistes ? Une piste de recherche pluridisciplinaire à approfondir…

    Source : American Journal of Physiology - Endocrinology and Metabolism

  • Un nouvel outil contre la surpêche et les certifications de poissons frauduleuses : les empreintes génétiques

    Selon le rapport de la FAO du 9 juillet, près de 30 % des stocks halieutiques sont surexploités et 57 % sont pleinement exploités, c'est-à-dire que les prises atteignent ou avoisinent le rendement d’équilibre maximal.

    Or, les pêches et l'aquaculture durables jouent un rôle crucial dans la sécurité alimentaire et nutritionnelle de millions de personnes. Les chiffres record de 128 millions de tonnes de poissons pêchés pour la consommation, d’une valeur estimée à 217,5 milliards US dollars ont été enregistrés en 2010.

    Le secteur est aussi une source de revenus pour 55 millions de personnes. 90% sont des pêcheurs artisanaux. Les femmes constituent au moins 50 % de la main-d'œuvre; elles commercialisent jusqu'à 60 % des fruits de mer en Asie et en Afrique de l'Ouest.

    Les produits de la pêche sont parmi les denrées alimentaires les plus échangées dans le monde. Le commerce mondial a repris sa croissance en 2010 sous l'effet d'une demande soutenue, de politiques de libéralisation, de la mondialisation des systèmes alimentaires et d'innovations technologiques. Les échanges internationaux ont représenté le chiffre record de 109 milliards US $ et devrait atteindre un nouveau record estimé à 125 milliards de US $ en 2011. La production aquicole est un des secteurs de production animale à plus forte croissance et croît plus vite que la croissance démographique - tendance appelée à perdurer.

    Selon le Directeur général de la FAO, José Graziano da Silva, « les moyens d'existence de 12 % de la population mondiale en dépendent directement ou indirectement. Elles sont la principale source de protéines pour 17 % de la population mondiale et pour environ 25 % dans les pays à faible revenu et à déficit vivrier ».

    "La surexploitation a non seulement des répercussions sur l'écologie, mais elle amenuise également la production halieutique, avec des effets négatifs d'ordre social et économique", affirme le rapport. "Pour accroître la contribution des pêches marines à la sécurité alimentaire, aux économies et au bien-être des communautés côtières, des plans de gestion efficaces doivent être mis en place pour reconstituer les stocks surexploités".

    Le Code de conduite de la FAO pour une pêche responsable ainsi que des plans d'action internationaux et directives techniques qui s'y rattachent en vue de la réalisation d'un système de production vivrière mondial durable sont d’autant plus importants si on intègre les incertitudes découlant des changements climatiques.

    Les principales menaces pesant sur le potentiel des pêches et de l'aquaculture dérivent essentiellement de la gestion inefficace et d'une mauvaise conservation des habitats du fait de la pêche illégale, non déclarée et non régulée.

    Pour lutter contre la pêche illégale, des règles internationales ont été imposées avec la surveillance des zones de pêche et le respect des quotas. Afin de promouvoir la pêche raisonnée, de nombreuses sociétés de pêche ont été "éco-certifiées" par des organisations indépendantes de consommateurs telles que la Marine Stewardship Council (MSC). Les éco-certifications sont des labels de pêche raisonnée, la pêche "éco-certifiée " s'applique aux espèces, aux régions (élevages) spécifiques qui sont régulées de près, surveillées et contrôlées afin de contrecarrer la surpêche.

    fao,peche,aquaculture,halieutique,adn,stoks,durable,responsable,securite alimentaire,poisson,revenus,commerce mondial,protéines,peche raisonnée,ecolabel,universite,louvain,nature communications,marine stewerdship council,msc
    Pour renforcer l’efficacité des contrôles et lutter contre la fausse éco-certification, les chercheurs de l'Université catholique de Louvain, travaillant dans le cadre du programme européen FishPopTrace, viennent de développer une méthode qui permet d’identifier avec précision l’origine d’un poisson en analysant les variations d’ADN. Une base publique européenne de données a été créée avec les données ADN de 4  espèces commerciales parmi les plus communes en Europe (sole, merlu, cabillaud et hareng). 

    La technique génétique développée par les chercheurs de l'Université catholique de Louvain permet d'identifier si un poisson donné provient d'une zone d'élevage raisonnée, d'une région certifiée ou d'un stock donné et non d'une zone de surpêche.

    Compte tenu du fait que rien ne ressemble plus à un poisson qu'un autre poisson, l'analyse génétique est la seule fiable pour déterminer ces critères. Les méthodes certifiant un contrôle indépendant des prises et les écolabels sont très rares et d'une nécessité pressante. Les travaux des chercheurs ont été publiés dans la revue scientifique Nature Communications.

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu