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maïs

  • Les conséquences de la flambée des prix de 3 produits agricoles majeurs sont encore imprévisibles

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    Les prix du blé, du maïs et du soja flambent sur les marchés internationaux. La cause initiale en est simple : les stocks de report de ces produits agricoles sont faibles alors qu’une sécheresse centennale sévit aux USA (principal producteur mondial de maïs et de soja) et dans l’ensemble des pays qui exportent habituellement leur blé par les ports de la Mer Noire (Russie, Ukraine et Kazakhstan).

    Les cris d’alarme se multiplient et augurent d’une crise alimentaire comparable à celle de 2008 qui fut à l’origine de dizaines d’émeutes de la faim et de révolutions en chaine sur les rives sud de la Méditerranée.

    La réalité est différente et plus complexe qu’en 2008

    Outre les effets conjugués de la demande croissante des pays émergents, de catastrophes naturelles (sécheresse et inondations) et de décisions gouvernementales limitant les échanges, nombre d’analystes avaient accusé les spéculateurs financiers et les industriels producteurs de biocarburants d’avoir amplifié la première flambée des prix agricoles.

    Les causes initiales de la hausse des prix du blé, du maïs et du soja sont encore les perspectives de récoltes en forte diminution chez les principaux exportateurs. Par ailleurs, les produits agricoles sont toujours présentés par les financiers comme des placements avec des potentiels de hausse intéressants.

    Par contre, plusieurs acteurs ont tiré les leçons de la crise précédentes :

    -          les gouvernements de pays importateurs réglementent le prix du pain et le maintiennent à un bas prix par une politique de subvention. C’est ainsi qu’en Tunisie, j’ai pu acheter au début août 0,2 dinar (0,1 €) une baguette de pain de 220 gr, soit quasiment le même prix qu’en février 2011

    -          les industriels américains ont réduit de 20% leur production d’éthanol dès le mois d’avril 2012 et ceux du Kansas ont déjà annoncé qu’ils vont suspendre leur production à compter du 1er octobre

    -          Les réserves financières des éleveurs de productions intensives (volailles, porcs, gros bovins en feedlots) n’ayant pas été reconstituées depuis la crise de 2008-2009, nombre d’entre eux sont confrontés à des difficultés de trésorerie et décapitalisent en vendant prématurément leurs animaux. Ce surcroit d’offre limite à court terme la hausse des prix de la viande, mais la hausse devrait à moyen terme être d’autant plus importante que l’offre va ensuite se réduire et que l’alimentation du bétail (principalement à base de maïs/blé/soja/drèches) sera plus coûteuse. Quant aux transformateurs des filières animales, leur rentabilité est déjà si faible qu’ils n’ont guère de marge de manœuvre et risquent d’être eux-mêmes la proie de prédateurs

    -          Les négociants et transformateurs vont tenter de garantir un minimum d’approvisionnements physiques pour pérenniser l'activité de leurs outils e production, au risque d’être soupçonnés d’alimenter la spéculation à la hausse, à l’exemple des fabricants d’aliments du bétail indonésiens qui font l’objet d’une enquête gouvernementale…

    Plusieurs pays s’étant opposés à la création de stocks régionaux de régulation qui seraient aujourd’hui bien utiles, le dernier G20 a seulement décidé de mettre en place un système de supervision des marchés et un forum de réaction rapide. Cette mise en place est d’autant plus urgente que les populations des pays les plus pauvres, en particulier du Sahel, vont être les plus durement frappées par cette nouvelle flambée des prix qui, par contagion, va se propager sur tous les marchés régionaux.

  • Les ruptures nécessaires dans la gestion des produits agricoles face à la hausse des prix

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    La sécheresse qui sévit actuellement aux Etats-Unis et dans les pays de la mer Noire relance la spéculation sur les prix des produits agricoles, en particulier des céréales et du soja.

    Ainsi, le 4 juillet, le ministre indien a dit préférer attendre pour vendre le blé en stock et ainsi profiter au maximum des cours actuellement en hausse (+29% en deux mois sur le CBoT,  Chicago Board of Trade).

    De leur côté, les entreprises de la filière porcine américaine s’inquiètent des perspectives de hausse de prix qu’elles ne pourront pas répercuter. Il en sera de même pour toutes les productions animales intensives, en particulier de volailles.

    Autres victimes potentielles : les populations urbaines des pays les moins avancés qui vont voir les prix flamber comme en 2008 et 2010. Ce sera le cas, en particulier, celles des pays du Sahel qui ne sont pas épargnés par la sécheresse. Par ailleurs, la hausse des prix réduit les volumes de nourriture pouvant être distribués par le Programme Alimentaire Mondial (PAM) et les ONG, dans les camps de réfugiés. On pourrait observer que les populations des pays tropicaux consomment des produits locaux typiques qui ne sont pas cotés sur les bources du commerce. Mais la hausse des prix des céréales se transmet plus ou moins rapidement par contagion à tous les produits alimentaires via le commerce de gros.

    La volatilité des prix inhérente aux produits agricoles menace la sécurité alimentaire et la paix mondiale. De plus, fondamentalement, se dessine depuis 2005 une tendance lourde à la hausse des prix alimentaires. Les flambées de prix sont alimentées par plusieurs facteurs : l’absence de stockage coordonné ; un investissement agricole insuffisant et inadapté ; le plafonnement des rendements ; la raréfaction des ressources en eau et le renchérissement des intrants ; la demande croissante du secteur des agrocarburants et des pays émergents...

    Pour affronter efficacement cette nouvelle situation, de plus en plus d’analystes et de responsables politiques préconisent de nouvelles pistes d’action nationale et mondiale qui rompent avec la vision encore dominante : fonder les règles du commerce international sur la sécurité alimentaire, coordonner les politiques de stockage à l’échelle mondiale, investir dans une agriculture écologique et limiter la croissance de la demande de produits agricoles.

    La hausse est générale sur les marchés internationaux agricoles

    Le blé

    Production mondiale 2010-2011 : 648,19 millions de tonnes (-5% sur 2009-2010), dont UE : 21%, Chine : 18%, Inde : 12%, USA : 9%, Russie : 6%.

    Consommation mondiale 2010-2011 : 655,31 millions de tonnes, dont UE : 19%, Chine : 17%, Inde : 12%, Russie : 6%, USA : 5%.

    Stocks de fin de campagne 2010-2011 : 191,74 millions de tonnes.

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    Au cours des 60 dernières années, la consommation mondiale de blé a plus que quadruplé. Le blé dur sert essentiellement à la confection de pâtes alimentaires et de semoule, tandis que le blé tendre permet la fabrication du pain et est employé sous forme de fourrage pour l’alimentation animale. Au total, environ 70 % de la production de blé sont destinés à l’alimentation humaine. Près d’un dixième de la production est utilisé dans l’industrie, des cosmétiques au bioéthanol.

    La sécheresse dans les pays riverains de la Mer Noire alimente une hausse sur le CBoT. Mais l’ampleur des stocks disponibles a évité un emballement comparable à ce qui s’était produit entre juin 2007 et mars 2008, où les cours à Chicago avaient frôlé les 1.300 US cents le boisseau. Les récoltes exceptionnelles en 2009 et 2010 à plus de 680 millions de tonnes avaient permis de regonfler les stocks mondiaux à près de 200 millions de tonnes de blé. Après la campagne en déficit de 2010-2011, les stocks restaient élevés.

    Le maïs :

    Production mondiale 2010-2011 : 827,5 millions de tonnes dont USA 38%, Chine 21%, Brésil 7%, UE 7%, Argentine 3%

    Consommation mondiale 2010-2011 : 843 millions de tonnes, prév. 2011-2012 : 867,6 MT

    Exportations 2010-2011 : 91,7 MT dont USA 49%, Argentine 16,5%, Brésil 5,5%

    Stocks de fin de campagne 2010-2011 : 128,8 MT

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    Le maïs est la céréale la plus cultivée au monde, devant le blé. Les États-Unis, à l’origine de la moitié des exportations mondiales, dominent largement le marché. Dans les pays industrialisés, le maïs est généralement la base de l’alimentation animale qui absorbe plus de 70% de la production mondiale. Le reste est majoritairement destiné à l’industrie, notamment agroalimentaire et la production d'éthanol.

    La récolte 2011-2012 est très perturbée par la sécheresse aux Etats-Unis, au Mexique et en Amérique du Sud, la plus sévère depuis trente ans. Les récoltes de maïs aux Etats-Unis ne sont plus attendues qu’à 329,5 millions de tonnes, soit un manque de 46 millions de tonnes par rapport aux prévisions du mois de juin. Les perspectives évoluent chaque semaine et l’inconnu alimente la spéculation malgré les espoirs liés à l'augmentation des surfaces emblavées. Le développement de l'éthanol comme carburant automobile provoque en effet un accroissement des besoins en maïs. Aux Etats-Unis, les surfaces plantées devraient atteindre un sommet lors de la campagne 2012-2013, avant de se maintenir à un niveau élevé pendant au moins une décennie. En Chine, la production s'accroît régulièrement et devrait de nouveau battre un record cette année. Mais la consommation augmente aussi rapidement. Alors qu'il était autosuffisant jusqu'en 2010, la Chine a désormais recours à l'importation pour satisfaire sa demande intérieure.  Du fait des besoins croissants et des incertitudes sur le niveau d'offre, déficitaire depuis deux ans, les prix mondiaux sont très volatils et orientés à la hausse depuis 2010.

    Graines de soja

    prix alimentaires,hausse,cbot,chicago board trade,blé,mais,corn,soja,tourteaux,stockage,marchéProduction mondiale 2010-2011 : 264,18 millions de tonnes, dont USA : 34%, Brésil : 29%, Argentine : 19%, Chine : 6%, Inde : 4%. Prévisions 2011-2012 : 251,47 millions de tonnes. Exportations mondiales 2010-2011 :   95,81 millions de tonnes, dont USA : 45%, Brésil : 33%, Argentine : 10%.

    Importations mondiales 2010-2011 : 88,83 millions de tonnes, dont Chine : 59%, UE : 14%, Mexique : 4%.

    Huile de soja

    Production mondiale 2010-2011 : 41,23 millions de tonnes, dont Chine : 24%, USA : 21%, Argentine : 17%, Brésil : 17%, Union européenne : 5%.
    Prévisions 2011-2012 : 42,49 millions de tonnes.

    Consommation 2010-2011 : 41,02 millions de tonnes, dont Chine : 27%, Etats-Unis : 19%, Brésil : 13%, UE : 7%, Inde : 6%, Argentine : 6%. Prévisions 2011-2012 : 42,58 millions de tonnes.

    Exportations 2010-2011 : 9,51 millions de tonnes, dont Argentine : 48%, Brésil : 18%, USA : 15%.

    Importations 2010-2011 : 9,23 millions de tonnes, dont Chine : 14%, Inde : 10%, UE : 10%.

    Tourteau de soja

    Production mondiale 2010-2011 : 174,37 millions de tonnes, dont Chine : 25%, USA : 20%, Argentine : 17%, Brésil : 16%. Prévisions 2011-2012 : 179,66 millions de tonnes.

    Consommation mondiale 2010-2011 : 170,42 millions de tonnes, dont Chine : 25%, Union européenne : 18%, Etats-Unis : 16%, Brésil : 8%. Prévisions 2011-2012 : 177,21 millions de tonnes

    Exportations 2010-2011 : 58,37 millions de tonnes, dont Argentine : 47%, Brésil : 24%, USA : 14%, Inde : 8%.

    Importations 2010-2011 : 56,28 millions de tonnes, dont UE : 39%, Indonésie : 5%, Vietnam : 5%, Thaïlande : 4%.

    Le soja est la 1ère graine oléagineuse produite dans le monde. Quant à l’huile de soja, qui représente 18% de la graine, elle est la 2ème huile végétale produite après l’huile de palme. L’Argentine a choisi dès 1996 le soja OGM, qui couvre à présent la quasi-totalité des champs de soja, comme aux USA. La culture intensive de soja en Amérique latine a conduit à une multiplication par cinq de la production mondiale en 40 ans.

    Les graines de soja contiennent une huile qui peut servir à la cuisson ou entrer dans la composition de la margarine. Elle est aussi utilisée dans la fabrication de biodiesel ou dans certaines industries. Après extraction de l’huile, les résidus de graines forment le tourteau, utilisé pour l’alimentation animale ; le tourteau de soja est la première source de protéines du bétail dans les pays industrialisés. L’Union européenne en est de très loin la 1ère importatrice, essentiellement en provenance d’Amérique latine, en raison d’un déficit de cultures locales riches en protéines pour ses animaux d’élevage. La consommation mondiale d’huile comme de tourteaux est en progression constante, tirée notamment, et respectivement, par l’essor du biodiesel et de la consommation de viande dans le monde.

    La Chine devrait importer 55,5 millions de tonnes de graines de soja au cours de la campagne 2011-2012 selon les prévisions de l’USDA, contre 28,7 millions de tonnes seulement quatre ans plus tôt. Pour assouvir ses besoins toujours croissants, la Chine a augmenté ses capacités de trituration et est devenu en 2011 le 1er producteur d’huile et de tourteaux de soja, devant les USA.

    Après une récolte 2010-2011 record à 264 millions de tonnes, celle de la campagne 2011-2012 est attendue en repli de 5% en raison d’une réduction dans les 4 premiers pays producteurs (Etats-Unis, Brésil, Argentine et Chine). La récolte américaine, réalisée en septembre, serait en recul de 8% et les récoltes en Amérique latine ont fortement baissé à cause d’une sécheresse au Brésil, en Argentine et au Paraguay.

    Le marché du soja est corrélé à ceux des autres oléagineux, les huiles et tourteaux étant en grande partie substituables entre eux. Pour la campagne 2011-2012, la demande globale en huiles végétales devrait être supérieure à la demande selon la FAO, ce qui devrait conduire à une baisse de 5% des stocks selon les estimations de novembre 2011 – c’est-à-dire d’avant les révisions à la baisse des récoltes de soja en Amérique du Sud. Le contexte globalement tendu sur le marché a conduit à des prix relativement élevés au cours de l’année 2011 et, après un léger repli, la sécheresse en Amérique du Sud a alimenté une nouvelle hausse fin-2011-début 2012.

  • Une étude internationale montre que le coton OGM est bénéfique à l’environnement.

    L’étude publiée le 13 juin dans la revue "Nature" par une équipe de chercheurs chinois de l'Académie des sciences agronomiques de Chine à Beijing et un français de l’INRA Sophia-Antipolis met en évidence l'impact positif de la culture à grande échelle du coton OGM Bt sur l’environnement.

    coton Bt, OGM, ChineLes vastes cultures de ce coton transgénique résistant à la pyrale limitent l’utilisation d'insecticides chimiques grâce à ses protéines insecticides de la bactérie Bacillus thuringiensis (Bt). Sur la base de données de 1990 à 2010 sur 36 sites dans 6 provinces du Nord-Est de la Chine, les chercheurs ont mis en évidence la corrélation entre l'implantation de coton Bt sur cette longue période, de la réduction concomitante de l'utilisation d'insecticides chimiques avec un développement des populations d'auxiliaires des cultures et une diminution des insectes ravageurs.  Ils ont observé une forte augmentation d’arthropodes prédateurs généralistes  (coccinelles, chrysopes et araignées) et une forte diminution des ravageurs pucerons généralement associés à l'adoption généralisée du coton Bt avec une réduction des pulvérisations d'insecticides.

    Les chercheurs ont même observé que l’augmentation du nombre de coccinelles, chrysopes et araignées pourrait aussi avoir des effets bénéfiques sur des cultures non transgéniques voisines telles que celles de maïs, arachide et soja. L’usage de ce coton OGM accroîtrait ainsi l’efficacité de la lutte biologique naturelle dans les paysages agricoles !

    L’impact de cet effet bénéfique est important en Chine si on tient compte que le coton Bt y couvre 3,9 millions d’hectares, soit 71% de la surface cotonnière.

    Il serait intéressant de vérifier si on observe les mêmes effets bénéfiques dans d’autres régions du monde (Inde, USA, Afrique…)

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