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moralement condamnable

  • Etre ou ne pas être végétarien, véritable question de religion

    Alors que le Salon International de l'Alimentation (SIAL) ouvre ses portes à Paris, le Figaro Magazine du 11 octobre 2014 publie un article de Martine Betti-Cusso qui est présenté comme une enquête sur une nouvelle « guerre de religion alimentaire » contre la consommation de viande. Pourtant, celle-ci accompagne nos repas traditionnels depuis des dizaines de millénaires.

    La religion du végétal a plusieurs chapelles

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    Les adeptes, en majorité des cadres urbains, sont mus par idéal philosophique ou religieux, par choix médical, par conviction écologique, par respect pour les animaux, ou par envie d’un autre mode de vie.

    Il y a d’abord les ovo-lacto-végétariens qui se nourrissent de fruits, de légumes, de céréales et de légumineuses, d’œufs et de produits laitiers, mais éliminent viandes et poissons.

    Plus stricts, les végétaliens bannissent tout produit animal, y compris les œufs, les produits laitiers (beurre, crème, yaourts, fromages…) et même le miel.

    Véritables intégristes, les végans excluent de leur assiette et de leur mode de vie toute forme d’exploitation animale : fourrure, cuir, laine, jusqu’aux oreillers de plumes…

    Comme dans toutes les religions, il y a les croyants non-pratiquants. Ces « flexivégétaliens » ou « flexitariens » privilégient légumes et légumineuses en s’autorisant des écarts.

    Le végétarisme, un courant en croissance en Occident

    Venu du monde anglo-saxon, le mouvement s’amplifie avec l’évocation de la souffrance des animaux. Selon un sondage réalisé en 2012 par Terra Eco-Opinion Way, la maltraitance des animaux serait la motivation initiale de 75 % des végétariens.

    S’ils ne représentent encore que 2 à 3 % de la population française, cette proportion serait de 10 % en Allemagne. Un indicateur du dynamisme de la demande : l’évolution du nombre de restaurants végétariens. Il aurait doublé en 5 ans à Paris où ils seraient une quarantaine. Ils sont déjà 140 à Londres et 159 à New-York.

    Toutefois, le mouvement n’entraine pas obligatoirement une baisse de la consommation moyenne de viande si on tient compte de l’impact de la hausse du prix (50% en 13 ans). Cette consommation est même en croissance au Danemark, aux Pays-Bas et au Portugal en dépit de la crise économique. Elle est même en augmentation en Inde alors que 40% de la population y est végétarienne. Si la vache y est sacrée, on observe un appétit croissant pour la viande de poulet et les saucisses de porc.

    Des avis scientifiques contradictoires

    Pour les nutritionnistes, la consommation excessive de viande est un facteur de risque de maladies cardio-vasculaires. D’un autre côté, les produits animaux apportent des acides aminés essentiels absents des végétaux. Il en est de même de l’un des deux omégas 3 (DHA - acide cervonique) ainsi que des vitamines D, A et B12. Sans doute la raison pour laquelle, au fil de son évolution, l'homme s'est affirmé omnivore.

    Les premières évaluations des écologues de la FAO sur l’impact environnemental, en particulier sur l’effet de serre (émissions de CO² et de méthane), sont contestées. Très sensibles au modèle nord-américain de l’élevage intensif, elles omettaient l’effet de stockage des prairies naturelles sur le carbone émis par les ruminants, ainsi que sur l’épuration des eaux et sur la biodiversité. D'autres relèvent que plus du tiers des céréales sont cultivées pour nourrir des animaux.

    Plutôt que l’abstinence totale, plusieurs personnalités, dont Rajendra Pachauri, président du Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat (Giec) préconisent de s’abstenir de manger de la viande au moins une fois par semaine. Elles redécouvrent l’intérêt du jeûne que les chrétiens observaient traditionnellement le vendredi !...

    L’abattage rituel pollue le débat

    Certains reportages illustrés par des images sanglantes sur l’élevage d’animaux entravés ou sur certaines méthodes d’abattage peuvent dégoûter de manger de la viande.

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    En France, la loi impose l’étourdissement des animaux avant leur abattage tout en prévoyant une exception pour les rituels halal et casher. Or, par souci de simplification pour les gestionnaires d’abattoir, cette pratique qui vide de son sang l’animal encore vivant s’est développée plus que nécessaire.

    Alors que la demande représente en France environ 10 % des abattages totaux, on estime cette proportion à 40 % pour les bovins et c’est même la quasi-totalité en Ile de France.

    Certains relèvent même le problème que cette généralisation pose dans le pays de la laïcité : une dîme de 0,10 à 0,15 euro par kilo est versée aux responsables de mosquées qui apposent leur label de garantie du respect du rituel, ce dont un athée n’a rien à faire.

    Un moine bouddhiste, Matthieu Ricard, place finalement le débat sur un plan philosophique : « La personne humaine a une valeur qui est reconnue comme non négociable. L’étape suivante est d’élargir ce processus de considération aux animaux, en admettant que toute souffrance et toute mise à mort d’un animal est moralement condamnable si elle n’est pas absolument nécessaire ».

    Certains voient dans la production de viande « in vitro » à partir de cellules souches la solution pour satisfaire les besoins nutritionnels de l’homme sans élever et abattre des animaux. Mais d’autres ont déjà qualifiés ces steaks de « Frankenburger »… Comme quoi ce que l’homme ingère est un sujet qui soulève les passions.

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