Avertir le modérateur

msc

  • La perte de confiance en alimentaire a des effets inéluctables

     

    Les consommateurs sont intraitables lorsqu’on les trompe et les donneurs d'ordres (entreprises de seconde transformation, distributeurs) sur-réagissent pour protéger leur image !

    Les réactions de défiance à l’égard de l’entreprise Spanghero ne se sont pas fait attendre avec des conséquences sociales inéluctables.

    allégation,boeuf,spanghero,liquidation judiciaire,viande bovine,CSPO,risque,huile de palme,fraudePointée du doigt comme étant l’une des principales entreprises impliquées dans le non respect de l’allégation « pur bœuf », Spanghero a perdu en deux mois tous ses clients. Sans réserve financière, la conséquence ne s’est pas faite attendre : le tribunal de commerce a prononcé sa liquidation judiciaire et les 300 salariés s’inquiètent, à juste titre, pour leur avenir. L’ensemble du secteur des plats cuisinés préparés à base de viande souffre de la défiance des consommateurs, ce qui ne facilite pas la mission du liquidateur pour trouver un repreneur dans un délai de 3 mois…

    Mais n’est-ce pas le risque couru par les entreprises qui arborent fièrement un logo de qualité sans en respecter les contraintes ? Et elles sont nombreuses si on en croit l’étude américaine sur le respect du logo MSC

    D’autres logos comme CSPO (production durable d'huile de palme certifiée) couvrent des processus et des engagements aux exigences plus ou moins strictes. Ce choix pour accélérer leur adoption par les entreprises avait à l'origine sa raison d'être. Ce logo couvre une grande partie de la production agricole mais le respect de la traçabilité le long de la "supply chain" est encore faible, au risque de jeter le discrédit sur l’ensemble des partenaires…

    Seuls le risque d’une sanction proportionnée mais suffisamment lourde peut dissuader les fraudeurs potentiels. Dans le cas particulier, le groupe actionnaire (un groupe coopératif !) va perdre une bonne partie de son investissement et beaucoup de salariés vont devoir rechercher un autre emploi que le chômage est déjà important en Languedoc. La fraude permettait à l’entreprise d’être très compétitive sur les prix. Tout le monde en profitait, directement ou indirectement. Mais la chute en est que plus dure.

    La compassion pour les salariés de Spanghero exprimée par le Ministre de l’Agroalimentaire Guillaume Garot était la moindre des choses, mais sans plus. La défiance pour le secteur aura des effets durables sur toutes les entreprises concernées. Espérons que les responsables professionnels en tireront les leçons.

  • Une étude remet en cause la crédibilité du label MSC "pêche durable"

     

    MSC,produits de la mer,durable,envrironnement

    Une étude scientifique américaine parue dans la revue Biological Conservation annonce que le label "MSC pêche durable" est trop indulgent.

    Or, ce label a été créé en 1997 afin de proposer le meilleur choix aux consommateurs en produits de la mer pour lutter contre les problèmes générés par la pêche intensive.

     

    Jennifer Jacquet, professeur adjoint en environnement à l’université de New York et l’une des onze auteurs de l’étude, s’explique: "Quand les consommateurs veulent du poisson durable, il existe deux options pour répondre à cette demande: la pêche peut devenir plus durable ou la définition de durable peut être édulcorée jusqu’à devenir pratiquement dénuée de sens. Avec le label MSC, c’est la seconde option qui a été maintes fois choisie".

     

    Les chercheurs ont analysé 19 objections émises par des ONG, à propos en particulier des pêches de légine australe et de krill antarctique.

     

    1 produit sur 3 sont en cause

     

    MSC utilise trois principes pour certifier une pêche comme durable: la durabilité des stocks ciblés, l’impact faible des pêches sur l’écosystème et une gestion efficace.

     

    Selon leurs analyses, les chercheurs estiment que 12% des allégations représentant 35% du volume des produits de la mer qui portaient ce label ne répondraient pas à ces normes.

     

    "La définition de la durabilité du MSC est totalement déphasée par rapport à la perception du grand public de ce que signifie ce terme. Lorsque le MSC labellise durable une pêche à l’espadon qui capture plus de requins que d’espadons, il est temps de réévaluer les normes", déclare Claire Christian, analyste politique auprès de l’Antarctic and Southern Ocean Coalition et l’une des auteurs de l’étude.

     

    Le label Marine Stewardship Council (MSC) a été créé en 1997 et a pour but de proposer le meilleur choix environnemental en produits de la mer aux consommateurs afin de lutter contre les problèmes engendrés par la pêche intensive.

    Cette mise en cause de la rigueur de la certification du Marine Stewardship Council doit inciter tous les organismes certificateurs à faire preuve d'une grande transparence sur leurs critères d'évaluation. Le risque est de faire douter les consommateurs du sérieux des labels et de détruire leur confiance pour ne plus choisir que le critère du prix…

     

     

    Sources: LSA, Jacquet

  • Un nouvel outil contre la surpêche et les certifications de poissons frauduleuses : les empreintes génétiques

    Selon le rapport de la FAO du 9 juillet, près de 30 % des stocks halieutiques sont surexploités et 57 % sont pleinement exploités, c'est-à-dire que les prises atteignent ou avoisinent le rendement d’équilibre maximal.

    Or, les pêches et l'aquaculture durables jouent un rôle crucial dans la sécurité alimentaire et nutritionnelle de millions de personnes. Les chiffres record de 128 millions de tonnes de poissons pêchés pour la consommation, d’une valeur estimée à 217,5 milliards US dollars ont été enregistrés en 2010.

    Le secteur est aussi une source de revenus pour 55 millions de personnes. 90% sont des pêcheurs artisanaux. Les femmes constituent au moins 50 % de la main-d'œuvre; elles commercialisent jusqu'à 60 % des fruits de mer en Asie et en Afrique de l'Ouest.

    Les produits de la pêche sont parmi les denrées alimentaires les plus échangées dans le monde. Le commerce mondial a repris sa croissance en 2010 sous l'effet d'une demande soutenue, de politiques de libéralisation, de la mondialisation des systèmes alimentaires et d'innovations technologiques. Les échanges internationaux ont représenté le chiffre record de 109 milliards US $ et devrait atteindre un nouveau record estimé à 125 milliards de US $ en 2011. La production aquicole est un des secteurs de production animale à plus forte croissance et croît plus vite que la croissance démographique - tendance appelée à perdurer.

    Selon le Directeur général de la FAO, José Graziano da Silva, « les moyens d'existence de 12 % de la population mondiale en dépendent directement ou indirectement. Elles sont la principale source de protéines pour 17 % de la population mondiale et pour environ 25 % dans les pays à faible revenu et à déficit vivrier ».

    "La surexploitation a non seulement des répercussions sur l'écologie, mais elle amenuise également la production halieutique, avec des effets négatifs d'ordre social et économique", affirme le rapport. "Pour accroître la contribution des pêches marines à la sécurité alimentaire, aux économies et au bien-être des communautés côtières, des plans de gestion efficaces doivent être mis en place pour reconstituer les stocks surexploités".

    Le Code de conduite de la FAO pour une pêche responsable ainsi que des plans d'action internationaux et directives techniques qui s'y rattachent en vue de la réalisation d'un système de production vivrière mondial durable sont d’autant plus importants si on intègre les incertitudes découlant des changements climatiques.

    Les principales menaces pesant sur le potentiel des pêches et de l'aquaculture dérivent essentiellement de la gestion inefficace et d'une mauvaise conservation des habitats du fait de la pêche illégale, non déclarée et non régulée.

    Pour lutter contre la pêche illégale, des règles internationales ont été imposées avec la surveillance des zones de pêche et le respect des quotas. Afin de promouvoir la pêche raisonnée, de nombreuses sociétés de pêche ont été "éco-certifiées" par des organisations indépendantes de consommateurs telles que la Marine Stewardship Council (MSC). Les éco-certifications sont des labels de pêche raisonnée, la pêche "éco-certifiée " s'applique aux espèces, aux régions (élevages) spécifiques qui sont régulées de près, surveillées et contrôlées afin de contrecarrer la surpêche.

    fao,peche,aquaculture,halieutique,adn,stoks,durable,responsable,securite alimentaire,poisson,revenus,commerce mondial,protéines,peche raisonnée,ecolabel,universite,louvain,nature communications,marine stewerdship council,msc
    Pour renforcer l’efficacité des contrôles et lutter contre la fausse éco-certification, les chercheurs de l'Université catholique de Louvain, travaillant dans le cadre du programme européen FishPopTrace, viennent de développer une méthode qui permet d’identifier avec précision l’origine d’un poisson en analysant les variations d’ADN. Une base publique européenne de données a été créée avec les données ADN de 4  espèces commerciales parmi les plus communes en Europe (sole, merlu, cabillaud et hareng). 

    La technique génétique développée par les chercheurs de l'Université catholique de Louvain permet d'identifier si un poisson donné provient d'une zone d'élevage raisonnée, d'une région certifiée ou d'un stock donné et non d'une zone de surpêche.

    Compte tenu du fait que rien ne ressemble plus à un poisson qu'un autre poisson, l'analyse génétique est la seule fiable pour déterminer ces critères. Les méthodes certifiant un contrôle indépendant des prises et les écolabels sont très rares et d'une nécessité pressante. Les travaux des chercheurs ont été publiés dans la revue scientifique Nature Communications.

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu