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nutrition

  • Les priorités de la Commission Européenne définies pour la recherche en agroalimentaire

    Avec le rapport « Tomorrow’s Healthy Society – Research Priorities for Foods and Diets », la Commission Européenne a identifié ses priorités pour mettre en œuvre le programme de recherche Horizon 2020 dans le secteur agroalimentaire

    A la demande de la Direction générale de la recherche et de l’innovation, le Joint Research Center (JRC) s’est projeté à l’horizon 2050.

     

    Centrée sur le consommateur européen, la réflexion du groupe a retenu comme hypothèses globales communes : changement climatique modéré (augmentation de la température de 2°), faible taux de croissance, population mondiale de 9 milliards de personnes, population européenne stable avec augmentation à 28% des personnes âgées et immigration continue pour renforcer la population active, développement des applications digitalisées.

     

    recherche,agroalimentaire,horizon 2020En s’appuyant sur une analyse factorielle des habitudes alimentaires et de ce qui peut les influencer (équilibre temps de travail/loisirs, références sociales individuelles, acceptabilité des évolutions technologiques, évolution des structures de la chaine agro-alimentaire, politiques en termes d’environnement, de nutrition et de santé appliquées à l’agroalimentaire),

     

    Elle décrit quelle pourrait être la situation de l’Union européenne en 2050 avec deux facteurs discriminants : les prix agricoles (bas ou élevés) et les valeurs sociales dominantes (sens communautaire ou individualisme).


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    4 scénarios ont servi de base pour identifier les priorités de recherche :

    - « Healthy new world », caractérisé notamment par des efforts importants de prévention des maladies,

    - « Heal the world », avec une chaîne alimentaire européenne plus durable sur le plan environnemental),

    - « Eat to live » où les inégalités sociales s’accroissent encore de manière significative, 

    - « Me, myself and I », où l’individualisme et les nouvelles technologies règnent.

    10 thème prioritaires

    10 thèmes prioritaires de recherche ont été identifies pour répondre aux challenges et aux opportunités qui découlant de ces scénarios, Ils peuvent être regroupés en 4 domaines

    1. Vers une alimentation plus saine : élaboration de politiques intégrées;

    . Améliorer les bases scientifiques pour l'adoption de comportements alimentaires sains

    . Développer une démarche scientifique pour appréhender les politiques alimentaires et de la nutrition

    . Fournir un cadre pour concevoir, suivre et évaluer les politiques

    2. Alimentation, de nutriments et la santé: interactions croisées et les risques émergents;

    . Approfondir la compréhension de la nutrition humaine et de sa complexité

    . Anticiper les risques émergents

    3. Faire des régimes alimentaires individualisés une réalité

    . Créer et développer les données nécessaires aux régimes individualisés

    . Analyser la faisabilité et les impacts de régimes alimentaires sains individualisés

    4. Esquisser et promouvoir le système alimentaire de 2050

    . Comprendre le rôle social de l’alimentation

    . Esquisser un système alimentaire durable avec la production d’ingrédients alimentaires sûrs pour la santé

    . Soutenir les technologies qui répondent aux besoins sociaux 

    Le groupe d’études était constitué d’universitaires et de cadres des services de la Commission. Bien que le rôle social de l’alimentation constitue l’un des thèmes prioritaire de recherche, on peut noter que aucun charcheur universitaire français ou italien n’a été mis à contribution… Espérons que les chercheurs originaires de pays où la gastronomie constitue un élément du patrimoine mondial seront plus impliqués dans la mise en œuvre du programme Horizon 2020.

     

    Par ailleurs, il est dommage que n’apparaisse pas dans le rapport les interactions entre un modèle alimentaire européen et les autres modèles. Il est très probable que ces interactions, déjà perceptibles depuis la seconde guerre mondiale, ne feront que s’amplifier avec la mondialisation des entreprises industrielles et commerciales. Ce travail semble avoir été trop influencé par la mode du « locavore »…

    Source :  European Commission

  • Le logo simplifié d’étiquetage nutritionnel, une fausse bonne idée

    Des scientifiques plaident pour le vote "d'un étiquetage nutritionnel simplifié unique" des aliments dans la loi de santé publique et critiquent le système proposé par Carrefour, lui demandant d'y renoncer.

    Dans leur tribune publiée dans le Journal international de Médecine (JIM.fr) à l'initiative de plusieurs sociétés savantes, dont la Société française de santé publique, les signataires estiment que Carrefour aurait dû attendre et se conformer à un système unique officiel, validé par les pouvoirs publics.

    Pas simple de satisfaire les attentes du consommateur !

    Il y a une forte attente des consommateurs pour un étiquetage l’informant sur la qualité nutritionnelle des aliments pour équilibrer sa nourriture.

    Un tel étiquetage, à l'instar de ce qui se fait déjà pour l'habitat ou l'électroménager, est l'une des mesures phares du projet de la loi de santé présenté le 13 octobre en conseil des ministres.

    nutrition, étiquetage, code couleurs

    L'Agence sanitaire de sécurité sanitaire (ANSES) et le professeur Hercberg, président du Programme national nutrition santé, préconisent un système de 5 couleurs allant du vert pour les produits les plus recommandables au rouge pour les aliments les plus déséquilibrés.

    Pourtant, cette recherche d’un système simplifié contredit la complexité des besoins de l’être humain, beaucoup plus complexe qu’un appareil électroménager. Les besoins d’un adolescent et ceux d’un senior sont en effet très différents.

    En fait, hormis le cas des nutriments sources d’allergies, c’est l’excès de quantités consommées qui pose problème. L’un des meilleurs exemples est celui de l’huile de palme qui est souvent présentée dans notre pays comme un produit dangereux. Or, l’huile de palme est consommée sans problème depuis plus de 5.000 ans par les Africains des régions bordant le Golfe de Guinée. Mieux, l’huile de palme rouge (sa couleur naturelle avant raffinage) est source de vitamines indispensables comme la vitamine A pour l’acuité visuelle et la vitamine K.

    L’affichage Carrefour sabote le projet d’affichage officiel

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    Le 24 septembre, Carrefour a annoncé la mise en place de son système d'étiquetage nutritionnel. Entre fin 2014 et le printemps 2015, les produits de marque Carrefour doivent être siglés d'un pictogramme de couleur verte, bleue, orange ou violette, en forme de pyramide inversée.

    Attribuant lui-même les notes à ses produits, le groupe n'a pas retenu la couleur rouge !

    Les produits Carrefour porteront aussi une indication de fréquence d'utilisation associée à chaque couleur : "trois fois par jour", "deux fois par jour", "une fois par jour" et "de temps en temps"".

    Or "ces messages d'accompagnement sont indéfendables sur le plan scientifique", relèvent les signataires de la tribune publiée dans le Journal international de Médecine (JIM.fr) à l'initiative de 33 sociétés savantes et associations, dont la Société française de santé publique,. On trouve ainsi dans le catalogue proposé par le groupe: pizza au fromage, "à consommer une fois par jour".

    Sources : Nouvel Observateur, passeportsante.net 

  • La sécurité nutritionnelle humaine menacée par l’augmentation du CO2 dans l’air

    culture,céréales,nutimentsDes chercheurs de l'Université israélienne de Ben Gourion ont montré que l'augmentation des taux de dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphère fait diminuer de façon dramatique la quantité de zinc, de fer et de protéines dans les plantes, menaçant directement la sécurité nutritionnelle de nombreuses populations.

    Une analyse crédible à grande échelle

    Les plantes utilisent le CO2 lors de la photosynthèse. Elles le piègent, le fixent et l'utilisent pour fabriquer leurs propres nutriments. Il existe plusieurs mécanismes de fixation du CO2, parmi lesquels celui dit en "C3" (pour le blé, le riz, le soja, etc.) et le mécanisme de fixation "en C4" (mais, sorgho, etc.). Le premier est typique des régions à ensoleillement faible, eau abondante, faible taux de CO2 et températures moyennes. Le second, plus efficace, est typique des zones chaudes, sèches, très ensoleillées et où le taux de CO2 est plus élevé.

    Depuis le début des années 1990, les chercheurs ont constaté une diminution des quantités de zinc et de fer dans certaines plantes utilisées pour la nutrition humaine, comme le blé, l'orge et le riz. Cette baisse se produisait lorsque ces plantes étaient cultivées dans une atmosphère artificielle avec un taux élevé de CO2 imposé. Cependant les conditions de cultures et la petite taille des échantillons ne permettaient pas de tirer des conclusions significatives.

    Depuis, une nouvelle technologie de culture a été mise au point, le Free Air Concentration Enrichment (ou FACE). Cette technique permet de cultiver des plantes à l'air libre tout en modifiant la quantité de CO2 absorbée par les végétaux. Des tuyaux horizontaux ou verticaux sont placés autour des terrains expérimentaux et diffusent du CO2 jusqu'à atteindre le taux désiré. Celui-ci est dosé grâce à des capteurs eux-mêmes reliés à un ordinateur chargé de réguler les émissions.

    Le problème de la petite taille des échantillons a ainsi été résolu en regroupant des données venant de cultures utilisant le FACE au Japon, en Australie et aux Etats-Unis. L'équipe du docteur Kloog du Department of Geography and Environmental Developmentde l'Université Ben Gourion du Néguev a ensuite analysé ces données, effectuant des comparaisons entre 143 échantillons récoltés après 6 périodes de culture et regroupant 41 génotypes végétaux différents. Les analyses concernaient la partie comestible du riz, du blé, du soja, des petits pois, du mais et du sorgho. Les taux de CO2 administrés étaient de 546 à 586 parties par million, ce qui correspond aux taux atmosphériques moyens estimés pour 2050.

    Des résultats inquiétants et une piste d’espoir

    Grâce à cette méthode, les chercheurs israéliens ont montré que le zinc, le fer et les protéines diminuent de façon significative dans les plantes "C3", cultivées avec un haut taux de CO2.

    On note ainsi une baisse de 9,3%, 5,1% et 6,3% respectivement en zinc, fer et protéines dans le blé cultivé dans ces conditions. Pour les légumes (soja et petits pois), la baisse concernait uniquement les taux de zinc et de fer 

    De plus la biodisponibilité de ces nutriments peut être réduite. En effet, l'étude montre que le taux de phytate diminue de façon significative dans le blé cultivé dans les conditions "FACE". Or, le phytate est une molécule importante, qui conditionne l'absorption du zinc par l'intestin lors de la digestion.

    Etant donné que les taux de CO2 sont appelés à augmenter de manière significative (et ce, même si des changements réels sont opérés dans les prochaines années au niveau des politiques environnementales), les carences en fer, zinc et protéines risquent de causer un désastre humanitaire.

    Néanmoins, un espoir subsiste car les analyses concernant les champs de riz ont montré une grande variabilité entre les échantillons, suggérant qu'il existe certains génotypes moins sensibles à l'augmentation de CO2 que d'autres. Ces plants peuvent servir de base pour créer des cultures plus résistantes et tenter d'éviter ainsi les risques de malnutrition.

    Source : Nature, May 7, 2014

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