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  • Les entreprises de 1ère transformation des œufs paient le prix fort du bien-être des poules pondeuses

    Certains diront qu’on ne fait pas d’omelette sans casser d’œufs. Mais ceux qui travaillent dans les casseries d’œufs subissent aujourd’hui l’insuffisante coordination de la filière.

    oeufsSelon le SNIPO, faute de pouvoir payer les aviculteurs, le n°1 espagnol a été liquidé, deux entreprises allemandes sont en redressement judiciaire ainsi que le morbihanais Atlantic Ovo avec une période d’observation de six mois. 

    Quant aux entreprises utilisatrices d’ovo-produits (en particulier les fabricants de pâtes et pâtisseries aux œufs) elles auront constaté que les prix a doublé en un trimestre.

    En cause : non pas la hausse du prix des aliments pour volailles, mais la chute brutale de la production d’œufs par suite d’une exigence réglementaire européenne.

    Or cette exigence européenne a été publiée en juillet 1999, il y a 12 ans, pour améliorer les conditions d’élevage en cage des poules pondeuses. L’échéance du 1er janvier 2012 mentionnée dans la directive 1999/74/CE et adoptée par le Conseil des Ministres de l’Agriculture paraissait alors lointaine. Elle laissait le temps nécessaire aux producteurs pour adapter leurs poulaillers.

    Pourtant, le 19 mars 2010, dans sa réponse à une question posée par le député de Moselle Michel Liebgott, le ministre français a confirmé « les éleveurs doivent prendre les dispositions nécessaires pour que, dès le 1er janvier 2012, aucune cage non aménagée ne subsiste. Au 1er janvier 2010, environ 40 % des élevages sont déjà passés aux nouvelles normes. Il n'est pas envisagé de demander une dérogation à la mise en place de cette nouvelle mesure prévue au 1er janvier 2012. Le plan de modernisation des bâtiments d'élevage a été inscrit dans la nouvelle programmation du plan de développement rural hexagonal et, dans ce cadre, les interventions des collectivités territoriales sont ouvertes à l'ensemble des filières de production animale. Les producteurs de poules pondeuses peuvent ainsi bénéficier d'une aide des collectivités locales pour la modernisation de leurs bâtiments d'élevage. »

    Faute d’une concertation suffisante entre les aviculteurs et les casseurs d’œufs, il manque 10% de production pour satisfaire la demande des industriels de produits élaborés. D’où la flambée des prix des œufs pour l’industrie. Les experts estiment qu’il faudra un semestre pour que le marché retrouve son équilibre. Mais d’ici cet automne, faute de trésorerie et de pouvoir répercuter le coût des oeufs, plusieurs PME spécialisées n’auront pu résister à la crise et auront disparu. 

    M.F. 

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