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  • L'ento-raffinerie, une démarche surprenante des chercheurs de l’INRA

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    Les orientations de recherches de l’INRA pour d’ici 2020 sont guidées par un objectif majeur : qu’en 2050, le monde mange sainement et durablement. Pour cela, 4 chantiers scientifiques prioritaires ont été identifiés :

    ·         Améliorer les performances économiques, sociales et environnementales de l’agriculture

    ·         Assurer des systèmes alimentaires sains et durables

    ·         Valoriser la biomasse

    ·         Atténuer le réchauffement climatique et s’y adapter

    La nutrition humaine étant le vecteur qui offre la plus grande valeur ajoutée de manière durable, on aurait pu penser qu’un programme de recherche parmi les plus innovants aura pour objectif d’optimiser les connaissances actuelles.

    En effet, bourrés de protéines et de bonnes matières grasses, les insectes seraient l’alimentation idéale, nutritive et écologique pour satisfaire une population en croissance sur des surfaces de terres cultivables en constante diminution. La FAO recommande même leur consommation ! Produire un kilo de bœuf nécessite en effet dix kilos de maïs, tandis qu'il ne faut qu'un kilo de maïs pour produire un kilo d'insectes

    Les laboratoires publics et privés du projet configurent des élevages à petite échelle, formulent la composition nutritionnelle et travaillent sur l’hygiène de l’aliment. Les coûts de production sont actuellement prohibitifs mais les premières pistes sont très encourageantes. De plus, l’extraction et la séparation des protéines et de la chitine des insectes est un véritable défi technologique.

    Le choix prioritaire de l’INRA : l’ento-raffinerie pour l’alimentation animale

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    Les scientifiques doivent imaginer les conditions économiquement viables d’élevage massif d’insectes, la formulation d’une farine optimale qui entrera dans l’alimentation des poissons ou des poulets, le bilan environnemental de ce nouvel élevage ainsi que la réaction des consommateurs.

    Pour le coordinateur du projet, « d’ici 2016, on a grand espoir de voir dans les auges de la farine d’insecte ! » Le menu mouches-vers de farine conviendra-t-il aux poissons et aux poulets ? Deux laboratoires de l’Inra étudient les caractéristiques nutritives et physicochimiques des farines d’insectes et leur impact sur la croissance des animaux. Une autre équipe se penche sur l’analyse sensorielle et l’appétence de ces farines pour les animaux. Sans oublier l’autre bout de la chaîne, le consommateur final. « Nous anticipons l’arrivée sur le marché de ces poissons et poulets nourris aux farines d’insectes : combien les consommateurs Occidentaux seront-ils prêts à payer et quels sont les mécanismes d’incitation pour changer les comportements ? » s’interroge Sabrina Teyssier économiste à l’Inra.

    2 espèces faciles à élever ont été choisies : le ver de farine, Tenebrio molitoret la mouche soldat Hermetia illucens. Le premier est élevé à l’échelle pré-industrielle pour les animaleries et la consommation humaine, et il a des besoins en température et en humidité très modestes. La seconde est capable de consommer des déchets carnés et du lisier : c’est le spécimen « développement durable » de l’INRA pour produire des protéines issues de déchets valorisables en alimentation animale ! Comme à l’époque pour le ver à soie, envisager une production industrielle de ces insectes nous engage dans un processus de domestication et c’est une aventure passionnante car il va falloir adapter et inventer de nouvelles techniques d’élevage, de nourrissage, d’extraction de protéines …» s’enthousiasme le chercheur Frédéric Marion-Poll.

    Mais on peut encore se demander pourquoi s’efforcer encore d’introduire un maillon supplémentaire dans la chaîne alimentaire. La culture d’agronome est décidément très puissante au sein de l’INRA. Le pire, c’est que ce modèle alimentaire risque d’être une nouvelle référence de « progrès » pour les consommateurs des pays du Sud qui consomment déjà couramment des insectes ! Est-ce servir ainsi au bien commun de l’humanité ? Je me le demande…

    Source : INRA

  • Pour une gouvernance mondiale des océans

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    Est-ce une coïncidence, mais France Télévision avait programmé pour le week-end suivant le 21 décembre (hypothétique jour de la fin du monde qui n’était que le dernier d’un cycle maya de 5200 ans…) plusieurs documentaires sur notre planète : « Voyage aux origines de la Terre » (1) rediffusé par France 5 le samedi, « Planète océan » le dimanche après-midi sur France 2, suivi de la rediffusion par France 5 d’un gros plan sur « Les Abysses » (2), auxquels il faut ajouter le débat « C’ dans l’air » intitulé :La fin d’un monde.

    Alors que nous craignons le réchauffement climatique, « Voyage aux origines de la terre » rappelle opportunément que notre planète a subi de bien plus amples modifications de la température que celle présentée comme catastrophique qui nous attend au cours de ce siècle. La vie en a supporté bien d’autres… et, selon ce documentaire, l’homo sapiens est devenue l’espèce dominante à la suite d’une série de catastrophes naturelles toutes aussi improbables que les autres ! Ferons nous preuve d’assez de résilience au sein du nouveau monde qui nous attend ? 

    « Les Abysses » montre l’importance de la neige marine. Ainsi les poissons morts rejetés par les pêcheurs ne sont pas réellement perdus. Ils constituent une alimentation de choix pour une multitude de micro-organismes, pour le zooplancton et pour les animaux marins des profondeurs qui vivent dans un milieu apparemment incompatible avec la vie que nous connaissons (obscurité quasi absolue, température, pression extrême…). Encore faut-il s’entendre sur une définition de la vie, sur ce que sont des êtres vivants, des êtres intelligents, des êtres conscients… Il est dommage qu’une partie du commentaire se contredise. Après avoir fait découvrir la vie bactérienne qui prolifère grâce à la chimiosynthèse sur les cheminées hydrothermales (fumées noires) d’où sortent les panaches toxiques de sulfure d’hydrogène, la phrase suivante souligne le rôle indispensable de l’oxygène, du soleil et de la photosynthèse alors que celle-ci n'est pas la seule voie de transformation de l'énergie…

    De son côté, lors de ses interventions didactiques, Bruno Parmentier, ancien directeur de l’Ecole Supérieure d’Agronomie d’Angers, auteur de « Nourrir la planète » et promoteur de l’agriculture biologique intensive, montre clairement qu’il est possible et nécessaire de doubler la production agricole en Afrique pour y faire face à l’augmentation de la population et à la lutte contre la malnutrition. En particulier, il prévoit une augmentation de la production de protéines animales à partir d’animaux à sang froid (crevettes, poissons, insectes) pour satisfaire la demande. Les Hollandais ont déjà pris les devants avec la ferme « insecten kwekerij » de Roland Van de Ven et le programme de recherche d’extraction des protéines d’insectes financé par le gouvernement.

    Le documentaire « Planète océan » est, sans conteste, le documentaire le plus agréablement illustré et le mieux structuré avec de nombreuses informations factuelles : 

    -          la moitié des hommes vivent à moins de 100 km du rivage

    -          un milliard d’êtres humains dépendent directement de l’océan pour leur alimentation en protéines

    -          la pêche fait vivre 500 millions d’humains

    -          la culture des algues occupe 530.000 hectares et fait vivre un million de personnes. Comme les agriculteurs, les algoculteurs ont sélectionné à des fins alimentaires 50 des 30.000 espèces d'algues

    -          le transport maritime a joué un rôle majeur dans la mondialisation des échanges et 11 des 50 principaux ports sont chinois

    De plus, avec le choix de s’exprimer à la première personne en parlant an nom de tout Homme, Yann Arthus-Bertrand montre un réel talent de conteur. Il termine son exposé par un véritable programme d’actions, estimant à juste raison que la discussion ne suffit plus. Par contre, il est dommage qu’il éprouve le besoin de dire « il n’y a rien à attendre d’aucune religion, seule l’intelligence me donnera la capacité d’agir. »

    Il est indispensable je promouvoir une gouvernance mondiale des océans, ceux-ci constituant la partie dominante de notre planète terre. En écartant d’emblée lers 5,5 milliards d’êtres humains pour qui le spirituel va au-delà de la simple intelligence, Yann Arthus Bertrand se prive d’autant de d’hommes et de femmes de bonne volonté. La mobilisation de tous est en effet urgente et indispensable.

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    (1)   video visible sur http://videos.france5.fr/video/iLyROoafZa0e.html

    (2)   téléchargeable sur http://www.t411.me/torrents/le-secret-des-abysses-reportage-france-5-fr-bonne-qualite

     

     

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