Avertir le modérateur

précaution

  • L’indice trophique, un exemple d’indicateur scientifique dangereux

    alimentation,indice trophique,prédateur,omnivoreLe n° 73 de Sciences au Sud, revue trimestrielle de l’IRD, publie un article sur les travaux récents du biologiste Sylvain Bonhommeau de l’Ifremer, travaux qui visent à situer l’homme dans la chaîne trophique, plus communément appelée chaine alimentaire.


    Ce n’est pas parce que ces travaux ont fait auparavant l’objet d’un article dans Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America qu’ils sont réellement utiles. Les chercheurs sont souvent à la recherche d’indicateurs synthétiques mais l’indice trophique est l’un des moins pertinents ! Qu’on en juge…

    Pour le biologiste, l’homme n’est qu’un modeste prédateur

    Avec 6 autres chercheurs français, Sylvain Bonhommeau a calculé l’indice trophique de nombreuses espèces pour les positionner dans la chaîne alimentaire en fonction de leur régime.

    Cet indice, qui sert souvent de référence, repose sur une échelle de 1 à 5. Le premier niveau, le rang 1, correspond aux organismes (plancton et plantes) qui transforment l’énergie solaire en biomasse. Le rang 2 est celui des animaux qui consomment ces végétaux (ruminants et autres herbivores) ; le rang 3 les carnivores qui les dévorent ; le rang 4 ceux qui les dévorent à leur tour et le rang 5 tous les prédateurs supérieurs tels que l’orque qui se nourrit de phoques, eux-mêmes se nourrissant de poissons, etc. Ceux qui ont un régime mixte ont un indice moyen.

    C’est ainsi qu’il est attribué en moyenne à l’homme le niveau trophique de 2,2, niveau qui varie de 2,04 au Burundi (régime essentiellement végétarien) à 2,54 en Islande où la consommation de poisson est importante.

    Sans être biologiste, nous savons tous que l’homme est un omnivore depuis des millénaires. C’est d’ailleurs ce qui a permis à l’espèce humaine de survivre et à se propager sur toute la terre, quelque soient les conditions climatiques locales.

    Il n’est donc pas étonnant que l’homme ait un indice trophique comparable à celui du porc, animal tout aussi omnivore.

    Un indicateur à utiliser avec beaucoup de précaution

    Un indicateur opérationnel est un indicateur qui permet de mesurer l’impact des objectifs visés. Encore faut-il qu’il ne soit pas ambivalent lorsqu’on consolide l’ensemble des indices et qu’il n’incite pas à prendre des décisions contradictoires.

    Les chercheurs soulignent que l’indice trophique de l’homme s’élève au fur et à mesure que la consommation de produits carnés simultanément à la hausse des revenus. Le niveau trophique humain se serait ainsi accru de 40% au cours des cinquante dernières années et les chercheurs s’interrogent justement sur la durabilité de cette évolution.

    Les limites de cet indicateur sont vite atteintes. En effet, que passe-t-il si on consolide l’indice entropique pour l’ensemble des êtres vivants et si on considère souhaitable de faire baisser l’indice trophique ?

    Dans cette hypothèse, l’objectif inciterait à éliminer d’abord les prédateurs supérieurs, puis tous les carnassiers (lions, loups, tigres, etc.), puis les carnivores stricts (thons, mantes religieuses..) pour s’attaquer ensuite aux omnivores…

     

    Source : Eating up the world’s food web and the human trophic level” 

  • Le goût et l’attrait du risque mortel s’expriment aussi en consommant des aliments

    Le principe de précaution n’est pas une référence universelle. S’il a été intégré dans le droit constitutionnel français, on ne peut ignorer l’attrait que le risque extrême exerce sur certaines personnes. C’est d’ailleurs ce qui explique l’engouement pour certaines activités sportives particulièrement dangereuses. Dans ce cas, la connaissance de l’importance du risque encouru n’est pas un frein, bien au contraire, puisque son affrontement provoque la sécrétion d’une véritable drogue naturelle : l’adrénaline.

    Cette attraction mortifère peut trouver sa traduction en consommant des aliments. Pour preuve : le succès du Heart Attack Grill, un restaurant de Las Vegas qui est inscrit au Guiness des records. heart attack grill,las vegas,hamburger,calorique,fast-food,crise cardiaque,restaurantC'est le fast-food qui vend les hamburgers les plus caloriques. Son «Quadruple Bypass Burger» avec 20 tranches de bacon pèse 2 livres et fait 9.983 calories !

    Depuis son ouverture en 2005, cet établissement s’est fait le symbole des excès. Après un contrôle de leur poids sur une bascule à bovins, les consommateurs pesant plus de 350 livres peuvent manger tout leur saoul gratuitement. Sur la devanture du Heart Attack Grill, un panneau indique: "Cash Only. Vous risqueriez de mourir avant que la note ne soit réglée."  Si le tenancier n’en prend pas, le risque immédiat est réel pour le consommateur.

    risque,heart attack grill,las vegas,hamburger,calorique,fast-food,crise cardiaque,restaurantUn homme de 29 ans pesant près de 600 livres y est mort en 2011. En février dernier, un homme d’environ 40 ans a eu une crise cardiaque après avoir mangé un “Triple Bypass Burger » de 6.000 calories. Le 23 avril, c’est une femme du même âge qui s'est évanouie dans son assiette pour la même raison et a dû être évacuée par les urgences médicales. Aux questions posées, le propriétaire du restaurant rétorque « Elle a eu exactement ce qu'elle voulait… Contrairement aux cigarettes, j'affiche, depuis l'ouverture du restaurant, des messages d'avertissement pour dire aux gens combien notre nourriture est mauvaise pour eux ».

    La notoriété et le succès de ce restaurant pourraient symboliser le cadre urbain dans lequel celui-ci est installé, au milieu des casinos, et le goût du risque des Américains. Mais ceux-ci n’en ont pas le monopole. D’autres, en particulier au Japon, peut-être avec plus de raffinement, apprécient de tutoyer la mort.

    Interdit à la consommation de 1603 à 1912, le fugu est depuis cette date le mets nippon par excellence. Il était d’ailleurs servi à Tokyo par Takeshi Yasuge, chef cuisinier doublement étoilé par Michelin jusqu’au décès le 10 novembre 2011 d’une cliente japonaise. La vente de fugu est interdite en Europe du fait de la dangerosité de ce poisson. Son foie et ses ovaires contiennent de la tétrodotoxine, une molécule naturelle 275 fois plus toxique que le cyanure ! La neurotoxine du fugu agit entre 20 et 30 min après absorption. S’ensuit alors une paralysie des membres, du cœur et enfin des poumons, sans perte de conscience de la victime qui meurt asphyxiée. Aucun antidote n’existe encore à ce poison «bio». La dose létale est de 1 mg pour un homme !

    Soumise depuis 1949 à une licence délivrée aux aspirants Chefs de fugu et alors que seuls 30% des candidats obtiennent leur examen, la vente de Mikaki fugu, c’est-à-dire de fugu entier sans sa partie toxique, pourrait être libéralisée du fait de ventes incontrôlée de fugu dans plusieurs provinces japonaises … Le Fugu est en effet un marché florissant au Japon : il représente un chiffre d’affaires de 4 milliards de yens, soit 31 millions d’euros.

    précaution,risque,extrême,drogue,restaurant,fugu,takeshi yasuge,chef cuisinier,michelin,tétrodoxine,cyanure,paralysie,antidote,japon,dégustation,alimentaire,viscères,chairMalgré son aspect peu ragoûtant, ce poisson des grands fonds du Pacifique, peut se vanter d’avoir un jour sur le calendrier du Japon. Pêché au printemps, puis engraissé jusqu’à l’hiver, le fugu inspire le raffinement. Il se consomme cru. Le plaisir de sa dégustation serait d’abord de l’ordre du sensitif. L’endolorissement des lèvres, au contact de sa chair, ferait partie de la magie du fugu, exaltée, probablement, par le fait de savoir qu’une goutte mortelle s’est peut être écoulée des viscères du fugu. En quelque sorte «la roulette japonaise» version alimentaire.

     

    M.F.

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu