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rendement

  • Des chercheurs espèrent fabriquer du carburant avec le CO2 atmosphérique

    PNAS,biocarburant,photosynthese
    Des chercheurs de l’Université de Géorgie viennent de publier dans une revue de l’Académie des Sciences un article très intéressant : ils auraient découvert un procédé biotechnologique pour transformer le CO² de l’atmosphère. De quoi faire rêver les écologistes… Plutôt que de stocker le CO² pour éviter son émanation et accroitre l’effet de serre, l’optimum serait en effet de le recycler.

    La photosynthèse par les plantes est le procédé le plus efficace pour recycler le carbone en utilisant l’énergie provenant du soleil. Mais la transformation des matières carbonées d’une plante est coûteuse en énergie. Les scientifiques recherchent dont des micro-organismes au rendement plus élevé.

    Inspirés par la photosynthèse et les potentialités des OGM, les scientifiques ont cherché un organisme capable de réaliser la photosynthèse. Ils ont identifié Pyrococcus furiosus, un micro-organisme qui survit dans des eaux à 100° que l’on trouve dans les fosses océaniques et se nourrit d'hydrates de carbone. En insérant dans son génome 5 gènes de Metallosphaera sedula qui vit à une température de 73°, les chercheurs ont créé un micro-organisme capable de se nourrir au dioxyde de carbone aux alentours de 70°.

    Pyrococcus furiosus ainsi modifié est capable d’utiliser l'hydrogène et d’incorporer le CO² dans l’acide 3-hydroxypropanoïque, l’un des 12 principaux produits chimiques utilisés par les industriels pour fabriquer par exemple de l'acrylique. Sur ce modèle, de nouvelles modifications génétiques pourraient être effectuées afin de produire d'autres produits industriels dont, peut-être, des carburants

    Lorsqu’on sait qu’à eux seuls, les USA émettent plus de 5,5 milliards de tonnes de CO², on imagine aisément le potentiel de matière première pour une production industrielle.

    De plus, cette découverte permettrait de développer un processus neutre en carbone - ce qui est déjà un progrès par rapport à l'utilisation de gaz naturel, de pétrole ou de charbon- mais ce ne sera pas neutre sur le plan énergétique.

    En effet, selon le second principe de la thermodynamique – appelé également principe de Carnot - les phénomènes physiques, en particulier lors des échanges thermiques, sont irréversibles du fait de l’hétérogénéité du système, des frottements, des réactions chimiques, etc. Lorsqu’on veut transformer le système, il y a création d’entropie. D’où les notions de rendement et de «dégradation de la qualité de l’énergie».

    Le recyclage du carbone entrainera inéluctablement une perte d’énergie sous une forme ou sous une autre. Le bilan environnemental global devra donc en tenir compte pour vérifier qu'il est durable.

    Source : Proceedings od the National Academy of Sciences of the USA

  • Les Anglais appellent à la lutte contre la malnutrition

    Lors du compte rendu du G8 et du Sommet de l’OTAN devant la Chambre des Communes, le Premier Ministre britannique David Cameron avait annoncé l’organisation d’un événement sur le thème de la sécurité alimentaire pendant les Jeux Olympiques (cf. mon article du 24 mai).

    Cet événement a pris la forme d’une rencontre de haut niveau 10 Downing Street à l’issue des Jeux Olympiques. Le Premier Ministre britannique et le vice-président du Brésil Michel Temer, accompagnés des doubles médaillés d’or olympiques Mo Farah et Haile Gebrselassie, ont lancé un appel au monde pour lutter contre la malnutrition dans les pays les plus pauvres du monde, en particulier celle de 170 millions d’enfants malnutris.

    Lors de cette rencontre à laquelle s’étaient joints des représentants de gouvernements, d’organisations caritatives et d’entreprises internationales, le Professeur Douglas Kell, directeur du BBSRC, a souligné les conséquences irréversibles de la malnutrition des mères et des nourrissons pendant les 1.000 jours après la conception. Cette malnutrition conduit à des enfants physiquement diminués qui, devenus adultes, auront un plus faible revenu. De plus, avec la hausse des prix alimentaires et de la pression sur les ressources naturelles, le problème ne fera qu’empirer si rien n’est fait.

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    Comme l’a indiqué le Professeur Douglas Kell, la recherche scientifique peut proposer des manières innovatrices pour améliorer la nutrition des enfants du monde les plus pauvres. Pour preuve : le triplement des rendements du blé britannique depuis les années 1940 ainsi que l’amélioration de la qualité et de la valeur nutritionnelle des produits de l’élevage. Le BBSRC soutient actuellement les efforts dans le domaine végétal pour fixer l'azote, accroitre la tolérance à la sécheresse et mieux comprendre la biologie de la racine. Avec le Département pour le Développement International (DIFID), il développe un pour améliorer la qualité nutritionnelle du riz dans les sols déficients en zinc.

    BBSRC est l’un des 7 Research Councils UK (RCUK) créés par le Department for Business, Innovation and Skills (BIS) du gouvernement anglais. Avec un budget de £445M, il soutient les travaux de 1.600 chercheurs and 2.000 étudiants qui travaillent dans les universités and instituts du Royaume-Uni. Il investit avec de possibles retombées mondiales £8M en recherche pour augmenter la valeur nutritionnelle des grains, £17M pour diversifier les variétés de blé et £15M pour réduire les pertes de récolte. Il participe également au Global Food Security Programme anglais de £400M.

  • Une initiative innovatrice et exemplaire dans la filière blé française

    J’ai assisté ce 14 février 2012 rue de Rivoli à Paris à la signature d’un contrat qui est innovateur et exemplaire dans le secteur des céréales : à l’initiative des dirigeants de McDonald's France, des fournisseurs de chaque niveau de la filière blé se sont engagés sur un volume acheté à un prix ferme garanti sur 3 ans renouvelables à partir de la récolte de l’été 2012. Les 8.500 tonnes/an qui seront collectées par les coopératives Valfrance et Beauce Gâtinais Céréales, puis écrasées par les Grands Moulins de Paris/Nutrixo et transformées en petits pains spéciaux par East Balt France, correspondent à 25% des besoins du groupe de restauration rapide en France. Par ce contrat, 140 agriculteurs du Loiret et les entreprises de collecte et de transformation s’affranchissent des fluctuations du marché des matières premières.

    Cette initiative est un nouvel exemple de l’exception française marquée par l’importance des démarches interprofessionnelles alors que la majorité des acteurs économiques des autres pays font totalement confiance au marché pour gérer les transactions entre acheteurs et vendeurs.

    Il est vrai que cette démarche est exigeante. En effet, elle a demandé plus de deux ans de négociations alors que chaque partenaire avait été sensibilisé par la grande volatilité des prix depuis 2007… Un gros travail d’analyse des coûts de production des agriculteurs concernés qui a conduit à introduire une clause d’indexation au-delà de plus de 10% de variation du prix des engrais, poste de dépenses qui a expliqué 25% des variations des coûts au cours des 5 dernières années. Parallèlement, les essais ont été poursuivis pour tester les rendements de plusieurs variétés de blé de « force » (à forte teneur en protéines) pour leur rendement meunier et boulanger. Par ailleurs, les procédures de traçabilité jusqu’à la parcelle ont été mises en place.

    L’entreprise boulangère East Balt souhaite que ce contrat représente 50% des besoins de McDonald’s, son partenaire depuis 20 ans. Ce n’est pas utopique puisque, lancé en 2009, l’accord avec Mc Cain et ses partenaires planteurs assure 80% des besoins en pommes de terre de la chaîne de restauration rapide.

    Cette démarche garantit le facteur économique de toutes les parties contractantes qui est l’un des 3 facteurs du développement durable. Pour progresser sur le plan environnemental, plusieurs cahiers de charge ont été rédigés en s’appuyant sur un réseau de fermes de référence. Sur le plan de la responsabilité sociétale, le député Michel Raison, rapporteur du projet de loi de modernisation agricole adopté par le Parlement français en juillet 2010, il reste encore des efforts à faire en terme d’équilibre alimentaire des clients de la chaîne…

    J’ai demandé à Mr Petit, PDG de McDonald’s France, si cette initiative est transposable dans d’autres pays. La réponse de son directeur des achats, Mr Bordas, qui a été le principal artisan de l’accord, a été claire : toutes les initiatives françaises sont examinées avec attention mais le groupe McDonald’s veut s’intégrer dans chaque société locale en favorisant les approvisionnements locaux. Pour ces dirigeants français, le groupe s’ouvre de plus en plus aux caractéristiques locales. C’est ainsi qu’à été annoncé que McDonald’s France va lancer en avril des sandwichs sous forme de baguettes et revenir au service à la table. Le groupe capitalise en fait surtout sur la notoriété de sa marque, signe de garantie de qualité sanitaire alimentaire, et sur la puissance de sa politique de communication.

    Le groupe s’est fixé des objectifs ambitieux dans le domaine environnemental (réduction de la consommation d’eau, des émissions de gaz à effets de serre. des besoins en matières azotées, amélioration du bien-être des animaux…). J’en viens à rêver qu’il se mobilise avec la même efficacité pour œuvrer avec d’autres acteurs économiques à une alimentation durable de tous les habitants de la planète…

    En complément de ces informations, il est possible d'écouter les interviews réalisés par Jean-Louis Courleux de 
    Jean-Pierre Petit, PDG McDonald's France 

    Christian Renard, DG de la coopérative Valfrance

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