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  • Les interprofessions agricoles africaines doivent être adaptées au contexte local

    Les interprofessions françaises ont fait la preuve de leur efficacité pour développer les filières agroalimentaires. Les interprofessions agricoles africaines ont beaucoup de mal à se mettre en place alors que celles qui existent au Benin, au Burnika Faso, au Mali et au Sénégal ont bénéficié d’un appui très significatif tant des organisations agricoles françaises que des bailleurs de fonds (Banque Mondiale, FMI, USAID).

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    Pour favoriser le transfert d’expérience et sans chercher à imposer le modèle français, la Fondation FARM a organisé en décembre un voyage d’études auquel ont participé Ablaye DIENG, président du Comité national de concertation sur la filière tomate industrielle du Sénégal (CNCFTI), Lionel GUEZODJE, président de la Fédération des unions de producteurs du Bénin (FUPRO), Bintou GUINDO, présidente de l’Interprofession de la filière échalotes/oignon du Mali (IFEO), Salif Ayéfoumi OLOU ADARA, président de la Centrale  des producteurs de céréales du Togo (CPC) et Soumaïla SANOU, président du Comité interprofessionel des filières céréales et niébé du Burkina Faso (CICB).

    Trois défis pour les Africains

    Un défi législatif : le cadre législatif des interprofessions agricoles ouest-africaines est soit relativement récent, soit inexistant. Les lois d’orientation agricole du Sénégal et du Mali, qui évoquent les interprofessions, datent respectivement de 2004 et 2005. Au Burkina Faso, l’interprofession céréalière existe depuis près de dix ans, mais la loi régissant les interprofessions n’a été promulguée qu’en octobre 2012. Surtout, le principe de subsidiarité et de co-gestion qui fait la force du dispositif français, à savoir de réelles délégations de pouvoir de l’Etat, qui permet d’imposer à tous les opérateurs les règles édictées par l’organisation interprofessionnelle n’est pas acquis en Afrique, notamment dans le secteur céréalier.

    Un défi financier : le système de financement des interprofessions « à la française » est mis en œuvre après une forte concertation avec les pouvoirs publics. Ce système repose sur le principe de « cotisations volontaires obligatoires » (CVO), qui implique de réaliser des prélèvements financiers auprès de certains acteurs de la filière selon des modalités bien définies et reconnues par la loi. Pour les filières intégrées, telles que la tomate destinée à la conserverie au Sénégal, le point de prélèvement est identifiable. Par contre, la plupart des autres marchés sont plus ou moins formels, avec de nombreux intermédiaires, rendant beaucoup très difficile les prélèvements. Ainsi, après sept années d’existence, les cotisations des membres de l’interprofession céréalière d’Afrique de l’Est ne représentent que 2% des recettes…

    Un défi structurel : les interprofessions agricoles ouest-africaines ont du mal à impliquer les autres acteurs des filières (transporteurs, commerçants, etc.). Néanmoins, le Réseau ouest-africain des céréaliers (ROAC) est sur le point de voir le jour avec le soutien de l’agence américaine de développement international, USAID.

    Source : FARM 

  • Les consommateurs européens ne sont pas les seuls influencés par la météo

    La rigueur hivernale qui perdure a incité CLIMPACT, leader européen dela Business Intelligence  Climatique, à analyser l’impact de la météo du mois d’avril 2012 sur 305 catégories de produits de grande consommation. Par rapport aux ventes lors de la semaine 16 d’avril 2011 qui avait été doux, les écarts de volume sont très importants, en particulier en forte hausse pour les fromages à consommer chaud (jusqu’à +91%), les soupes (+66%), les légumes secs (+22%) ; en forte baisse les saucisses fraîches (-42%) et les crèmes glacées (-25%).

    Mais ces écarts de volume ont peu d’influence en Europe sur les prix de vente du fait que les entreprises des filières agroalimentaires négocient entre elles des contrats pluri-mensuels, voire annuels. Il n’en est pas de même pour les produits alimentaires de base dans les pays les moins développés.

    Les tensions liées à l’insécurité alimentaire nourrissent l’instabilité politique des pays d’Afrique sahélienne et tropicale (Guinée Bissau, Mali, Soudan/Soudan du Sud…). Le nouveau président sénégalais Macky Sall et son Premier Ministre l’ont bien compris en décrétant la semaine dernière une forte baisse des prix du riz, de l'huile et du sucre.

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    Ainsi, au Niger, la campagne agricole 2011/2012 s’est achevée par un déficit céréalier d’environ 520.000 tonnes soit 14% des besoins. Le bilan fourrager est déficitaire d’environ 10.000.000 tonnes de matières sèches. Toutes les régions du pays sont déficitaires à des degrés différents, toutefois les régions de Tillabéry, Tahoua, Diffa et Niamey sont les plus fortement touchées et 1.324.435 personnes sont en insécurité alimentaire sévère.

    Dans l’ouest du Tchad, les populations doivent une nouvelle fois se préparer à une période de soudure difficile entre la fin des précédentes récoltes et l’épuisement des stocks. A Mao, « Ça fait plus de dix ans qu’il n’y a pas de bonne pluie, explique une femme de paysan découragée. Même pour les animaux, il n'y a pas les herbes qu'ils doivent manger pour donner le lait, etc. Et des fois, ils meurent de faim ». Du fait de sa rareté, le prix du mil a triplé sur le marché depuis la récolte.

    Au Burkina Faso, la récolte céréalière de 2011-2012 est en baisse de 19,6% par rapport à la campagne agricole précédente et de 5,1% par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Le bilan céréalier national brut dégage un déficit de 152 462 tonnes. La tension alimentaire qui s’annonce est aggravée par la crise au nord du Mali qui a entraîné un afflux massif de réfugiés maliens et de leur cheptel qu’il faut également nourrir…

    Les Egyptiens s’inquiètent des conséquences de la sécheresse qui a frappé l’Ethiopie etla Somalieoù le Nil prend sa source. Si l’eau vient à manquer, l’irrigation sera réduite dans le delta du Nil et les conséquences seront immédiates sur le volume de production agricole. D’ores et déjà, la production du pain est subventionnée par l’État pour pérenniser la distribution de cette denrée alimentaire de base. Selon un boulanger du Caire, une « nouvelle révolution » guette l’Égypte, si le gouvernement retire sa subvention.

    Comme on le voit, le monde entier est confronté aux incertitudes météorologiques, mais avec des incidences plus ou moins graves à court terme. S’il est vrai que le genre humain est encore soumis aux contraintes climatiques, il se distingue des autres espèces animales par une dignité qui lui est propre : il peut décider volontairement de faire preuve de solidarité et de générosité. Il appartient aux responsables politiques d’avoir le courage d’en faire prendre conscience à leurs électeurs. L’Histoire démontre que les murailles aux frontières ne résistent pas aux voisins affamés… Les antiques empereurs de Rome et Pékin pourraient en témoigner...

    M.F. 

     

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