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  • Les filières animales devraient être plus soutenues par les pays africains du Sahel

    Les filières animales devraient être plus soutenues dans les grands pays d’élevage du Sahel comme le Niger, le Mali ou le Burkina Faso en proportion du budget général de l’Etat et en comparaison des soutiens accordés à l’agriculture végétale. Or, ces filières sensibles pourraient devenir un socle de l’intégration régionale ou une sérieuse pomme de discorde. 

    Selon l’OCDE, si on comptabilisait la contribution de l’élevage à l’agriculture (fumure, attelage), ainsi que d’autres services (sous produits, épargne), la contribution au PIB agricole s’élève à 50% au Mali, Burkina Faso, Niger,  Mauritanie et Tchad.

    Mais, dans l’ensemble de l’économie dans ces pays, certaines analyses notent que « le poids relatif de l'élevage dans les économies nationales est en baisse constante. Il ne représenterait plus aujourd'hui que 10 à 15% du PIB au Burkina et au Niger. Or, c’est le principal produit échangé entre les pays sahéliens et les pays côtiers. Il représente donc un important facteur d’intégration régionale.

    Une réalité surprenante et diverse

    sahel,politique agricole,élevage,consommation de produits animaux,produits laitiers,sécurité alimentaire,éthnique,niger,mali,burkina fasoElle est surprenante dans des pays qui respectent leurs engagements à dédier 10% du budget national à l’agriculture.

    C’est surtout étonnant quand leurs  filières animales sont dites par tous comme stratégiques, porteuses ou prioritaires.

    On distingue traditionnellement dans les pays sahéliens les populations d’éleveurs (ou de pasteurs) situées plutôt au Nord, des agriculteurs sédentaires établis au Sud dans les zones plus humides. Cette « spécialisation » économique correspond aussi à des modes de vie et des traditions ethniques différentes. Elle est aussi liée à des causes climatiques : les grands espaces arides au Nord sont impropres à l’agriculture et sont principalement mis en valeur par les grands troupeaux et la pratique de l’élevage transhumant.

    De plus en plus d’éleveurs traditionnels développent des activités agricoles et deviennent des «agropasteurs». De même, de plus en plus d’agriculteurs traditionnels investissent dans l’élevage (certains parlent de « pastoralisation »), qui fournit des services agricoles importants (fumure et attelage) et constitue une activité rentable.

    De « nouveaux acteurs », grands propriétaires disposant de milliers de têtes de bétail, sont arrivés dans le secteur, en particulier après les grandes sécheresses, et profitant de la dégradation continue des termes de l’échange bétail/céréales et de l’appauvrissement des pasteurs. Il existe quelques fermes dites « modernes » laitières ou mixtes, en périphérie des villes, pratiquant l’élevage sédentaire, semi intensif voire hors sol et fortement encouragées par les autorités locales 

    Une offre qui ne suit pas une demande africaine dynamique

    La production animale est tirée par une demande urbaine des pays côtiers en forte croissance. Les dépenses alimentaires se divisent en trois part équivalentes : 1/3 de produits animaux, 1/3 de produits de sauce, 1/3 d’amylacées de base. On estime que la demande urbaine africaine en produits carnés aura plus que triplé entre 2005 et 2025 (OCDE), surtout celle des viandes blanches qui progresse la plus vite 

    Bien que la consommation de produits laitiers soit globalement en hausse, la filière lait peine à se développer dans les quatre pays. L’offre ne suit pas la demande urbaine et les importations de poudre augmentent à un rythme soutenu. Ces importations croissantes sont à la fois une réponse de court terme au déficit de l’offre et une cause de celle-ci, puisque le prix du lait en poudre importé défie toute concurrence sur les marchés et  décourage ainsi la production et la structuration de filières locales. D’autres facteurs permettent d’expliquer ce problème du lait, parmi lesquels l’insuffisance d’alimentation pour le bétail en saison sèche et des difficultés structurelles, notamment au niveau de la collecte et de la conservation de ces produits périssables. Avec la mise en place du tarif extérieur commun de la zone Cedeao (Tec) et la fin des quotas laitiers en Europe, les importations vont encore croitre.

    De faibles soutiens publics à l’élevage

    sahel,politique agricole,élevage,consommation de produits animaux,produits laitiers,sécurité alimentaire,éthnique,niger,mali,burkina fasoLes pays du Sahel respectent les engagements de Maputo de consacrer 10% de leur budget à l’agriculture, mais la part de l’élevage ne représente que le dixième des soutiens agricoles publics et de l’aide internationale.

    Les produits animaux sont considérés comme des produits « de luxe », touchant les populations aisées, et n’intervenant pas dans une problématique de sécurité alimentaire.


    Les différentes politiques sont surtout axées sur la promotion des techniques de production dites (semi) intensives (insémination artificielle, stabulation…). L’accent est mis sur la santé animale, l’amélioration génétique, le développement de « fermes modernes » péri-urbaines en lien avec l’aval et à la transformation.

    Par ailleurs, les politiques publiques cherchent à réduire la mobilité des éleveurs par la réalisation d’ouvrages hydro-pastoraux et par l’organisation de zones et d’unités pastorales. Cette politique de sédentarisation vise à taxer une filière considérée comme prospère, limiter les conflits agriculteurs/éleveurs attribués aux transhumants, en finir avec un mode de production réputé incapable de répondre à la demande sur le long terme, limiter les impacts réels ou supposés de l’élevage sur l’environnement. Or, la plupart des fermes modernes basées sur l’exploitation des parcours et des ranchs d’Etat sont des échecs.

    Malgré tout, on observe une tendance à la hausse de la part de l’élevage dans les dépenses agricoles, en particulier au Mali, au Niger et au Sénégal

    Des préjugés persistants 

    Pendant longtemps, les élites au pouvoir se sont méfiées des éleveurs, en particulier des éleveurs transhumants considérés comme des populations incontrôlables parce que mobiles, indisciplinées et privilégiées.

    Les éleveurs sont considérés comme des populations nanties, que la possession d’un cheptel place hors du danger de la faim. C’est omettre leur vulnérabilité particulière aux aléas climatiques et la différentiation croissante entre une population de petits éleveurs précaires aux côtés de grands éleveurs « nantis » ; dans les régions sahéliennes « 15% des ménages peuvent posséder à eux seuls environ 47% des terres cultivées, 54% du cheptel petit ruminant et 70% du gros cheptel » selon l’expert Seidou Bakari (2013).

    Le mode de production pastoral ou agro-pastoral est assimilé à une catégorie ethnique alors que si les bergers appartiennent souvent à la communauté peul, la propriété du bétail, y compris du bétail transhumant est beaucoup moins identifiable, et concerne la quasi-totalité des groupes ethniques.

     

    Source : Inter-reseaux.org

  • Le Mali, futur risque majeur pour la sécurité de l’Europe

    Le magazine L’Express publie dans son n°3178 le billet de Jacques Attali intitulé « Après l’Afghanistan, le Mali ». La rédaction de l’Express enfonce le clou en ajoutant en encart « Notre sécurité est en jeu en ce pays déstabilisé. Agissons contre l’islamisme ! ».

    Comme d’habitude, l’ancien conseiller de François Mitterand souligne l’un des enjeux stratégiques majeurs auquel sera prochainement confronté l’Europe et, plus particulièrement du fait de l’importance de la diaspora malienne en France, le nouveau Président de la République François Hollande.

    desertification, Mali, Niger

    Aux bouleversements politiques inaugurés dans tout le nord de l’Afrique par l’intervention militaire en Libye ainsi que la migration des miliciens maliens avec un important arsenal militaire s’ajoute les effets de la sécheresse qui frappe tout le Sahel depuis l’an dernier.

    Des dizaines de milliers de Maliens se sont réfugiés au Niger. Le Programme Alimentaire Mondial a commencé la distribution de céréales à près de 4 millions de personnes de la région pour réduire ce flux de migrants. Le quotidien britannique The Guardian en rend compte avec un reportage photos sur son site.

    Malheureusement, les débats lors des campagnes électorales n’abordent guère ces thèmes et n’aident pas les électeurs à se faire une opinion sur ces enjeux. Ce seront encore moins les débats locaux pour les élections législatives qui les aborderont… Quant à l’Union Européenne, elle est obnubilée par la crise financière à gérer et les ONG sont essentiellement sensibles à l’urgence humanitaire. Faudra-t-il donc attendre un 11 septembre en Europe pour que nous nous saisissions de la question ? Tous les pompiers savent qu’on peut éteindre le démarrage d’un feu en forêt avec un verre d’eau mais qu’ensuite, lorsqu’on le laisse prendre son ampleur, il devient extrêmement difficile à maitriser aux prix de lourdes pertes...

    Il est urgent de construire une stratégie globale sur le Sahel. Le Président Obama est conscient de l'enjeu puisqu'il avait mis la question de la sécurité alimentaire au Sahel à l'ordre du jour du G8 de Camp David. Il faut organiser un Sommet des chefs des Etats africains et européens et qu'il prenne les décisions qui s'imposent avant qu'il ne soit trop tard !!!

    Michel Foucault 

  • Le 1er juin, Journée mondiale du lait

    Ce vendredi 1er juin a dite "Journée Mondiale du Lait". 

    world Food Milk, Jourmée mondiale du laitSuite à l’initiative de Cool Milk qui distribue du lait dans les écoles britanniques, initiative relayée par des firmes nord-américaines telles que Roberts Dairy, Dairy Farmers of America, Liberty Farmers Market et DeLaval, la FAO a lancé la Journée Mondiale du Lait dans le but de vanter les bienfaits du lait : ses richesses naturelles et sa valeur nutritive mais aussi son poids économique pour les filières de l’alimentation et de l’agriculture. 

    En Europe continentale, je n’ai eu écho de manifestations sur ce thème qu’en Belgique. Les salariés et les éleveurs adhérents de la coopérative Campina ont distribué gratuitement du lait et des bons de réduction aux banlieusards arrivant entre 6h30 et 9h30 dans les gares d'Anvers, Gand, Bruxelles Central et Namur.

    De son côté, l’ONG « Vétérinaires sans frontières » renouvelle depuis 2008 une manifestation qui valorise l’humour belge : la fameuse fontaine bruxelloise du Manneken Pis urine aujourd’hui du lait à la place de l’eau. La statuette a été revêtue d’une tenue d’éleveur éleveur africain. Cette manifestation veut souligner le problème grandissant de la pénurie de lait en Afrique. L’ONG relève qu’une vache belge produit en moyenne30 litres de lait chaque jour alors qu’une vache africaine ne donne en moyenne que2,5 litres faute d’hygiène et de sélection mais surtout faute d’eau, de nourriture, en quantité suffisante.

    Or la question est vitale pour les pays du Sahel : au Mali et au Niger 80% à 85% de la population vit de l’élevage. C’est dire son importance, surtout lorsque, comme encore cette année, sévit la sécheresse.

    Célébrant aujourd’hui la Journée mondiale du lait, le ministre de l'Elevage du Niger, M. Elhadji Ousmane Ibrahim, a relevé que le contexte international est favorable au développement de la filière lait. En effet, le monde est entré dans une ère de hausse des prix des denrées alimentaires, marquée par une flambée brusque des prix du lait en raison d'une demande et de besoins mondiaux croissants de cette denrée indispensable à la vie, du premier jour de naissance jusqu'au dernier. 'Pour le ministre, « la hausse des prix des denrées alimentaires est un problème mondial, il est particulièrement une préoccupation majeure pour les populations pauvres d'Afrique sub-saharienne qui vivent avec moins de 1 dollar par jour… » Toutefois, ''l'espoir est permis puisque la hausse des prix est aussi une opportunité pour les éleveurs et les agro-éleveurs d'augmenter leurs revenus et de sortir de la pauvreté, si des innovations technologiques, politiques, institutionnelles, de marché et de crédit, qui conviennent, sont adoptées pour accroître la productivité et la commercialisation de leurs produits ». Le ministre nigérien précise que la production nationale est estimée à 958.000 tonnes de lait pour de 35 millions de têtes, ce qui dénote la persistance d'une faible productivité liée non seulement aux facteurs défavorables de l'environnement, mais aussi aux facteurs génétiques, notamment les faibles aptitudes laitières de certaines de nos races animales. Le développement de la production laitière s’inscrira dans le programme de renaissance nationale du Président de la République dans son volet Initiative 3N, ''les Nigériens Nourrissent les Nigériens'' qui comprend l'amélioration génétique du cheptel laitier; de l'amélioration de l'alimentation et de la production fourragère; du renforcement des capacités des acteurs du secteur de l'élevage; du développement des opportunités des marchés avec l'amélioration génétique du cheptel, la création de 500 fermes modernes, de plusieurs laiteries et mini laiteries''

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