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santé

  • La biodisponibilité des aliments un concept essentiel en nutrition

    L’aliment n’est plus considéré seulement comme la somme quantitative des constituants nutritionnels mais comme une structure physique complexe qui influence le devenir digestif des nutriments, leurs effets métaboliques et in fine leurs effets sur la santé à long terme. On parle maintenant de "matrice alimentaire".

    Trois chercheurs de l’INRA (Anthony Fardet, Isabelle Souchon et Didier Dupont) analysent les effets sur la santé des nutriments en considérant à la fois les macronutriments, les micronutriments et les fibres selon une perspective qualitative impliquant des notions d’interaction des nutriments avec les principes de la digestion et de l'absorption des fractions d'aliments. L’originalité de leurs travaux est de partir des "effets santé" recherchés pour remonter à la formulation et au procédé de transformation de l’aliment.

    Un exemple typique : le pain et les pâtes alimentaires à base de blé dur. A composition strictement identique, ils ont des effets nutritionnels très différents : le pain est un sucre dit "rapide" et les pâtes un sucre "lent" avec des conséquences métaboliques importantes, notamment sur la régulation de la glycémie.

    Les poudres de lait, un outil privilégié de recherche de matrice alimentaire

    poudres lait infantiles, lait maternel,digestibilité,protéinesLe lait est une source unique de protéines à haute valeur nutritionnelle. Pouvant être décliné en une multiplicité de produits alimentaires, il constitue un matériau d’étude privilégié pour mettre en évidence l’influence de la structure d’un aliment sur sa digestibilité.

     

    - L’effet microstructure

    Des poudres de laits élaborées à partir de lait écrémé, auxquelles différents types de traitements thermiques couramment utilisés en industrie ont été appliqués (80°C/20s ; 85°C/180s ; 105°C/60s), ont été soumises, après réhydratation préalable, à un test de digestion in vitro, simulant le tube digestif d’un enfant.
    Les résultats obtenus mettent en évidence la formation d’agrégats protéiques, avec une résistance accrue de la caséine à la digestion dans le cas des poudres chauffées, par comparaison à la poudre non traitée thermiquement. Ceci prouve que le traitement thermique agit directement sur la cinétique de digestion en modifiant la microstructure de l’aliment.

     

    - L’effet macrostructure

    Ces poudres de lait écrémé traitées thermiquement ont servi à réaliser deux types de gels au pH soit acide, soit neutre. La digestion de ces gels a été comparée à celle de la poudre de lait chauffée et réhydratée. De cette façon, il a été possible de comparer la digestion de matériaux de composition identique mais de structures macromoléculaires différentes (gel versus liquide) sur des modèles de mini-porcs.

    Résultat : la gélification ralentit la vidange gastrique des protéines et donc l’absorption des acides aminés dans le sang. Elle diminue également la concentration plasmatique maximale en acides aminés.

     

    - Mieux comprendre les différences entre lait maternel et lait en poudre

    Bien que de plus en plus proches du lait maternel en termes de composition, les formulations de poudres infantiles présentent des différences de structures notables avec le lait maternel. Les scientifiques cherchent à comprendre l’influence de ces différences de structure sur la digestibilité des protéines et des lipides, en utilisant des modèles de digestion in vitro et in vivo.

     

    Si le rôle de la structure du lait maternel ou des poudres, sur les cinétiques de digestion des lipides et des protéines, commence à être bien appréhendé, les impacts physiologiques restent encore largement méconnus, particulièrement chez les nouveau-nés nourris exclusivement grâce aux laits infantiles en poudre.

    Un réseau international sur la bio-digestibilité des protéines, Infogest

    InfogestLancée en 2011 et financée par le programme européen Cost 2011-2015 (Cooperation in Science and Technology), l’action Infogest vise à créer un réseau international autour de la digestion des protéines dans les matrices alimentaires et de l'impact des produits d'hydrolyse sur la santé de l'homme.

     

    Ce réseau européen coordonné par l’Inra, cherche par ailleurs à harmoniser les modèles de digestion actuellement utilisés, en incluant leur validation sur l’homme, en particulier sur des populations spécifiques comme le nourrisson, la personne âgée, le sportif…

     

    Le réseau de chercheurs déborde largement l’Europe : il implique maintenant 330 chercheurs dans 34 pays (USA, Argentine, Australie, Canada, Nouvelle-Zélande…) de 110 institutions ainsi que des équipes R&D d’entreprises agroalimentaires.

  • Nos performances sportives sont meilleures à jeun

    Tout le monde s'accorde à dire que faire de l'exercice physique est bénéfique pour la santé ! Encore faut-il comprendre pourquoi et dans quelles conditions ces effets bénéfiques sont optimalisés.

    performance,neurosciences,autophagie,endurance,santéC'est à cela que s'intéresse l'équipe de recherche de Marc Francaux, professeur à l'Institut des neurosciences de l'Université Catholique de Louvain (Belgique). Plus particulièrement, les chercheurs de l'UCL étudient les effets d'un système de dégradation appelé autophagie (se manger soi-même) qui correspond à puiser dans ses réserves.

    Ils ont été les premiers à démontrer, récemment, que ce système était activé dans le muscle des sportifs ayant réalisé un exercice d'ultra-endurance.


    Dans un article scientifique publié en octobre 2013 dans la revue American Journal of Physiology, les chercheurs de l'UCL démontrent que l'autophagie est également activée lors d'un exercice d'endurance plus classique, et que le fait de le réaliser à jeun augmente ses effets.

    En quoi activer l'autophagie est-elle bénéfique pour la santé ?


    A priori, on pourrait croire qu'activer un système de dégradation est plutôt délétère. C'est en effet le cas, si celui-ci est activé de manière chronique dans le cas de famine.

    Par contre, lors de l'exercice, l'autophagie est activée de manière transitoire. Ce système de dégradation va en quelque sorte "laver" les cellules des protéines et des organelles devenues non-fonctionnelles avant que d'autres systèmes ne se chargent de leur régénération. Elle va donc contribuer au renouvellement des structures cellulaires. D'autres chercheurs ont par ailleurs démontré que l'absence d'autophagie dans le muscle conduit à des myopathies.

    Les travaux du professeur Francaux et de son groupe suggèrent que les entraînements réalisés à jeun pourraient avoir de meilleurs effets que ceux réalisés nourris. Les sportifs d'endurance les pratiquent d'ailleurs depuis longtemps. Mais, cette modalité d'entrainement pourrait également se révéler plus bénéfique pour Monsieur et Madame tout le monde et plus particulièrement pour les personnes souffrant de troubles du métabolisme.

     

    Qu’en est-il de l’impact sur les performances cérébrales ?

     

    Autre aspect… On sait que le cerveau est très énergivore. Le cerveau n’est pas un muscles mais le jeun périodique est pratiqué depuis des siècles par les ascètes. N’aurait-il pas un effet comparable sur les performances cérébrales ?

     

    Chez l'homme, la capacité à mémoriser diminue vers cinquante ans, et ces difficultés s'accélèrent avec l'âge. La spermidine, qui se trouve dans le corps humain ainsi que chez de nombreux animaux, augmenterait les performances cognitives de personnes atteintes de maladies liées à la mémoire. Le déclenchement de la démence serait lié à l'agrégation de protéines. Celles-ci s'accumulent au cours du temps dans les cerveaux.

    Les chercheurs allemands Stephan Sigrist (Université libre de Berlin) et Frank Madeo (Université Karl-Franzens de Graz) ont montré que la spermidine a un rôle d'autophagie en déclenchant un processus de nettoyage au niveau cellulaire. L'introduction de petites quantités de spermidine fait diminuer de façon significative la quantité d'agrégats de protéines dans le cerveau, et les capacités de mémorisation sont accrues.

    Certaines publications notent que la mémorisation est corrélée avec la glycémie, celle-ci diminuant lors du jeûne.

    Les besoins de la tête et des jambes seraient-ils antagonistes ? Une piste de recherche pluridisciplinaire à approfondir…

    Source : American Journal of Physiology - Endocrinology and Metabolism

  • Le régime alimentaire du père avant la conception aurait un rôle crucial dans la santé de ses enfants

    Le régime alimentaire d'un père avant la conception jouerait un rôle crucial dans la santé de ses enfants, selon une étude de l'Université McGill.

    Les mères monopolisent toute l'attention. Cependant, publiée dans la revue Nature, une étude menée par Sarah Kimmins, chercheuse de l'Université québécoise McGill, indique que le régime alimentaire d'un père avant la conception de l'enfant pourrait jouer un rôle aussi important dans la santé future de ses enfants.

    Cette étude s'est concentrée sur la vitamine B9, également appelée folate, qui est présente dans quantité de légumes verts ainsi que dans les céréales, les fruits et la viande. Il est établi que pour prévenir les fausses couches et les anomalies congénitales, les mères doivent ingérer des quantités suffisantes de folate.

    En revanche, peu ou pas d'attention a été portée à la façon dont l'alimentation paternelle peut affecter le développement embryonnaire de ses enfants. L'étude du groupe de recherche de la professeure Kimmins démontre pour la première fois que les taux de folate présents chez le père peuvent être aussi importants pour le développement et la santé des enfants que ceux de la mère.

    "Bien que de l'acide folique soit ajouté en supplément à de nombreux aliments, les pères qui ont une alimentation riche en gras ou en produits de restauration rapide ou qui sont obèses, courent le risque de ne pas pouvoir métaboliser les folates aussi efficacement que des personnes qui ont des taux normaux de cette vitamine" précise Sarah Kimmins.

    De graves malformations congénitales potentielles

    L'équipe de chercheurs est arrivée à ces conclusions en travaillant sur des souris et en comparant la progéniture de pères soumis à un régime alimentaire comportant des quantités réduites de folate avec celle de pères dont le régime comportait des quantités suffisantes de folate. Ils ont en effet observé que la carence en folate chez le père était associée à une augmentation de diverses anomalies congénitales chez sa descendance.

    nutrition,pré-conception,père, santé,régime alimentaire,R&D"Nous avons été très surpris d'observer une augmentation de près de 30 pour cent des anomalies congénitales chez les portées dont le père avait des taux réduits de folate, ajoute Romain Lambrot, du Département de sciences animales de l'Université McGill, l'un des chercheurs qui a travaillé sur cette étude. Nous avons détecté des malformations squelettiques très sévères au niveau cranio-facial et à la colonne vertébrale." (sur la photo : cotes non-alignées)

    Cette étude de l'équipe de Sarah Kimmins démontre que certaines régions de l'épigénome du sperme sont sensibles à certains facteurs auxquels nous sommes exposés, notamment par notre alimentation. Ces facteurs extérieurs peuvent ainsi altérer l'information épigénomique, qui influence à son tour le développement des descendants d'une personne, mais aussi, à plus long terme, leur métabolisme et les maladies qui pourraient les toucher.

    Il faut rappeler que l'épigénome est une sorte d'interrupteur moléculaire qui peut donc être modifié par des facteurs environnementaux et qui est impliqué dans l'apparition de nombreuses maladies, telles que le cancer et le diabète. L'épigénome contrôle si un gène est exprimé ou non; ainsi il détermine si une information potentiellement transmissible le sera.

    Nous savions que la majorité de l'épigénome est effacée puis ré-établie lors de la formation du sperme. Or, cette étude démontre qu'en plus de contenir l'information nécessaire au développement de l'embryon, le sperme conserve également en mémoire les facteurs auxquels un père a été exposé par son environnement, son alimentation et son mode de vie. "Notre étude suggère que les pères devraient réfléchir à ce qu'ils mangent, à ce qu'ils boivent, à ce qu'ils fument et se souvenir qu'ils sont les garants de la santé des générations futures" conclut la professeure Kimmins.

    Cette étude suscite des inquiétudes quant aux effets à long terme des régimes alimentaires des pays occidentaux, ainsi que ceux qu'entraîne l'insécurité alimentaire. La prochaine étape du projet de recherche consistera donc à déterminer les liens qui peuvent exister chez les hommes entre le régime alimentaire, le surpoids et la santé de leurs enfants."

    Source : Nature

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