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  • La politique algérienne de prix administrés et subventionnés du lait et du pain en débat

    L’Etat algérien consacre 10 milliards de dollars/an de subventions pour réduire le prix des aliments de 1ère nécessité que son le pain et le lait. Si la disponibilité moyenne par habitant a doublé alors que la population a quadruplé depuis l’indépendance, la politique du gouvernement a conduit le pays à devenir le 1er importateur mondial de blé et 2ème en poudre de lait .

    SIPSA, Alger
    L’inauguration le 19 mai du 12e Salon international de l'élevage, de l'agroalimentaire et du machinisme agricole «Sipsa-Agrisime-Agrofood» a donné l’occasion à M. Hamiani, président du Forum des chefs d’entreprises, d’exprimer ses réserves : «Nous soutenons la politique agricole engagée par l’Etat et nous considérons que tout ce qui se fait comme accompagnement et aides pour augmenter l’offre va dans la bonne direction. Par contre, on est plus que réservé sur les subventions accordées aux produits… ainsi, le prix bas du lait pasteurisé et conditionné en sachets qui se vend à 25 DA/litre, alors que son coût revient à 50 DA, engendre toutes sortes de détournements». Il estime que le consommateur ne profite pas de ce prix, «puisque notre lait est acheminé vers des pays voisins, alors que la poudre subventionné est utilisée dans la production des produits dérivés». C’est pourquoi il suggère «de trouver des mécanismes pour que ce soutien aille vers les gens à faibles revenus».

    Le ministre l’Agriculture et du Développement rural, M. Rachid Benaïssa, a rappelé que le soutien des produits de base «est avant tout un choix politique qu’a pris l’Algérie au lendemain de son indépendance pour lutter contre la faim». Il a noté que «ce débat n’est pas idéologique, mais il s’agit d’un problème d’organisation et de création, d’abord, de filières durablesl’Etat continuera à soutenir la production agricole ». Il a ajouté que «l’industrie agroalimentaire doit s’impliquer dans la modernisation et le développement de l’agriculture» d’autant que «cette industrie, qu’elle soit publique ou privée, a pris conscience que sa durabilité dépend de son implication dans la production nationale.».

    Le programme de partenariat de Danone Djurdjura Algérie lancé en 2006 est à ce titre exemplaire. Il prévoit pour ses 1.500 éleveurs des primes à la production de lait de qualité, met à leur disposition des produits homologués pour le nettoyage du matériel, des aliments concentrés, des produits d’hygiène à des prix négociés et propose une assurance cheptel multirisque à des taux préférentiels. La laiterie, qui collecte 40 millions de litres/an et emploie 1.000 personnes, envisage de subventionner l’achat d’aliments de bétail avec des avances financières sans intérêt. A terme, Danone veut couvrir 100% ses besoins par le lait frais pour approvisionner son usine d’Akbou d’une capacité de 100.000 tonnes/an de yaourts et produits frais.

    Le Salon Sipsa-Agrofood 2012 réunit à Alger 268 exposants dont 108 sociétés algériennes, une délégation de 60 sociétés françaises et 15 turques.

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