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solidarité

  • Mardi Gras clôt la saison des carnavals, celle du partage peut commencer...

    Le carnaval de Venise est probablement le plus ancien au monde et se termine aujourd'hui. Cette fête traditionnelle italienne est apparue au Xe siècle (le carnevalo est cité dans une charte du doge Vital Faliero de Doni en 1094) et a été «codifiée» durant la Renaissance. Il se déroule tous les ans vers la fin du mois de février ou le début du mois de mars, au cours des douze jours qui précédent le Mardi Gras.

    Le mot français «carnaval» vient en effet de l'italien, plus précisément du latin formé de carne qui signifie, «chair» et levare «ôter». Pour les chrétiens, le carnaval marque en effet traditionnellement la dernière occasion de consommer des aliments gras et autres aliments riches avant le début du Carême et, ce, jusqu’à Pâques. Durant cette période de 40 jours (par référence au séjour de Jésus au désert et en excluant les dimanches), aucune fête ne doit avoir lieu; les pratiquants doivent s'abstenir de manger des aliments «riches», tels que la viande, les graisses et le sucre, pour donner la primauté à l’Esprit sur les plaisirs terrestres. 

    Anticipant sur cette perspective de restriction, les habitants des villes d’Europe occidentale prirent l’habitude au Moyen Âge de faire bombance les jours précédents, les lundi et mardi «Gras». Cette fête reprenait dans le même temps celle de l’Antiquité grecque célébrée pour faire revenir le printemps et la nouvelle année : le dieu de la mer Dionysos arrivait sur son char naval «carrus navalis» alors que les hommes se paraient de peaux de bête, ce qui explique les nombreux costumes d'animaux, de plantes, de fruits, de légumes et autres en rapport avec la nature encore présents aujourd’hui.

    La tenue masquée permettait aux nobles, sous des vêtements d'emprunt, de fraterniser avec tout le peuple. Inspirée de la Commedia dell'arte, la tenue d’Arlequin était d’ailleurs constituée au XVIe siècle d’un simple habit rapiécé pour figurer les haillons d'un mendiant. De nombreuses villes ont suivi l’exemple de Venise, les autres carnavals les plus réputés au monde étant le carnaval espagnol de Santa Cruz de Tenerife et le carnaval brésilien de Rio de Janeiro. 

    Si les 40 jours qui précèdent la fête de Pâques sont pour les chrétiens des jours de jeûne, d’abstinence, ils ne sont pas pour autant de simples exercices d’ascèse afin de mieux maîtriser les désirs corporels. C’est simultanément un temps privilégié de partage. Les chrétiens sont alors invités à faire don aux plus pauvres des économies ainsi faites avec leurs privations volontaires.

    J’en viens ici à rêver que cette saison du partage soit une véritable période de découverte par tous, chrétiens et non chrétiens, que plus on donne, plus on reçoit. On pense généralement à ce propos aux gestes d’amitié et d’amour, à la multiplication exponentielle des relations amicales virtuelles ... Mais, on peut étendre ce processus à celui de la solidarité.

    La pression faite sur l’offre de ressources alimentaires par la demande des consommateurs à fort pouvoir d’achat nourrit la hausse des prix des produits agricoles au détriment des nombreux habitants des villes des pays du Sud aux très faibles ressources. Outre la moindre tension sur les prix, chacun pourrait constater qu’une certaine réduction de notre consommation en respectant la diversité de nos besoins nutritionnels a un impact très positif sur la santé avec la réduction du surpoids, la baisse des risques cardiovasculaires, etc.

    Pourquoi ne pas se convertir à un régime alimentaire plus frugal et repousser les «maxi» tentations qui nous sollicitent? Les bénéficiaires de notre conversion seraient beaucoup plus nombreux qu’on ne le pense : en premier lieu notre porte-monnaie, mais aussi notre santé, les Caisses d’Assurance Maladie, les gens aux revenus les plus faibles et, j’en suis certain, la nature de nos relations aux autres devenues plus conviviales.

  • La mort de l’Europe n’est pas inéluctable. Jeunes Erasmusiens, mobilisez-vous !!!

    Après la levée de l’obstruction du ministre de l’agriculture allemand, nous pouvons nous féliciter que le budget du Programme Européen d’Aide aux Démunis (PEAD) soit totalement conservé pour les deux prochaines années.

    Mais la question n'est pas du tout réglée sur le fond. En effet, le programme n'obtient qu'un sursis.

    Comme le relève dans le courrier que m'a adressé le député européen Jean-Luc Bennhamias, « si nos ministres européens de l'agriculture se sont apparemment mis d'accord pour mettre un terme à ce psychodrame dont on se serait bien passé, l'Allemagne a annoncé la couleur : après 2014 elle ne veut plus entendre parler de ce programme ni d'ailleurs de politique sociale à l'échelle européenne ».

    Il se confirme que c’est l’avenir de l’Europe qui est en cause. L’Union Européenne va être la principale victime de la crise économico-financière. 

    L’Union Européenne a certes été inaugurée par le Marché Commun avec des accords économiques mais, en se cantonnant à ce domaine, elle se transformerait en une simple zone de libre échange régis par des accords commerciaux comparables à ceux conclus entre les pays d’Asie du Sud-Est ou entre ceux d’Amérique du Sud. Dans ce cas, à la moindre difficulté, c’est chacun pour soi. Ce serait la fin de l’utopie qui a permit d’inaugurer une paix durable (plus d’un demi-siècle !) entre les Etats du continent.

    L’Europe des peuples reste à construire. Il faut inventer de nouveaux mécanismes efficaces de solidarité.

    Le programme Erasmus a permis depuis 1987 à plus de 2 millions de jeunes européens d’aller étudier hors de leur pays d’origine. Ces jeunes étudiants ont pu découvrir la diversité des cultures locales et ce qui leur est commun. Mais ils ne sont qu’une minorité privilégiée.

    Les responsables politiques des Etats membres ont tendance à protéger leurs prérogatives. Ces jeunes européens ont-ils plus grande conscience que les autres qu’une véritable Europe politique doit se mettre en place pour parler d’égal à égal avec des pays continentaux comme la Chine, l’Inde, la Russie… et que cette Europe politique ne se mettra réellement en place que lorsque les Européens se sentiront appartenir à une même Communauté avec ses règles de solidarité sociale ? J’espère que leurs études dans d’autres pays européens leur en a fait prendre conscience et qu’ils sont prêts à se mobiliser, à mettre leurs expériences et leur créativité au service d’un tel projet.

    Jusqu’ici, seuls les jeunes indignés font parler d’eux en craint leur désespoir. Mais ils ne proposent pas de solutions durables.

    Que les jeunes Erasmusiens épris du respect de la dignité de chacun et de solidarité concrète se mobilisent. Qu’ils s’expriment avec la même vigueur ! Qu'ils entrainent leurs amis ! L’avenir de l’Europe est entre leurs mains !

  • Le sort des européens les plus démunis est entre les mains des ministres de l'agriculture

    Les dirigeants politiques européens ont fait preuve d'une réelle mobilisation pour sortir de la crise financière. La majorité d'entre eux n'ont pas hésité à faire une pression si forte que les chefs des gouvernements grecs et italiens ont été contraints de démissionner.

    Il est vrai que le risque pour l'ensemble du système financier, et par là même de l'ensemble de la vie économique de l'Europe est grand. Des solutions politiques nouvelles devront être mises en place pour que la sortie de crise soit durable.

    Mais la situation des plus démunis demeure toujours aussi préoccupante et risque en 2013 de devenir dramatique.

    En réponse à un mail envoyé à 390 membres du Parlement Européen, j'ai reçu :
    - une réponse personnalisée de Sophie Auconie,
    - une réponse de l'assistant de Jean-Luc Bennahmias renvoyant sur sa page web consacrée au sujet  
    - une de l'assistant de Michel Dantin renvoyant à la page qui permet de visionner le débat en séance plénière du Parlement
    - une de l'assistant de Sylvie Goulard

    Trois de ces parlementaires sont inscrits au PPE (Démocrates chrétiens), groupe le plus important avec 264 membres, M. Bennahmias étant inscrit à l'Alliance des Démocrates et Libéraux qui compte 85 inscrits.

    Sophie Auconie précise qu'après l'échec du Conseil des ministres de l’agriculture du 20 septembre 2011, la France, appuyée par la Slovénie, a demandé au Conseil des ministres des affaires sociales qui s’est tenu le 3 octobre 2011, d’inscrire la question à l’ordre du jour.
    Lors de ce Conseil, la Secrétaire d’Etat française en charge des Solidarités et de la Cohésion sociale, Marie-Anne Montchamp, a rappelé l’importance de ce Programme pour les actions des banques alimentaires. Le Commissaire européen aux affaires sociales, Laszlo Andor, a alors proposé comme alternative de s'appuyer sur la politique sociale européenne. Mais cette proposition n’a pas fait évoluer les positions des six pays.

    La Commission Européenne a proposé ensuite de pouvoir acheter directement sur le marché les denrées alimentaires nécessaires pendant deux ans et de suprimer l’obligation du cofinancement. Le 21 octobre, les Ministres de l'Agriculture des 6 Etats constituant la "minorité de blocage" se sont opposés à cette proposition. 
    Comme l'a dit le commissaire Dacian Cioloş, «C’est une preuve d’égoïsme en Europe, où nous avons besoin d’être solidaires avec ceux qui traversent la crise et subissent ses effets ».

    Néanmoins, la décision reste toujours entre les mains des Ministres en charge de l'agriculture qui doivent se réunir les 14 et 15 novembre.

    La règle du co-financement des aides aux plus démunis par l'Union-Européenne et les Etats membres est certainement le seule solution pour débloquer la situation. Reste à négocier la part qui serait financée par les Etats. J'aurais apprécié d'avoir l'avis des parlementaires sur une telle solution. Aucun ne s'est exprimé sur cet aspect de la question pour ne pas gêner leur gouvernement dans les négociations. 

    Sachant que l'impact se fera surtout sentir en 2013, les Ministres de l'Agriculture semblent jouer la montre ! Mais ils jouent avec l'image de l'Europe qui devient de plus en plus exécrable en apparaissant comme essentiellement au service des nantis. Ils portent là une rude responsabilité morale, d'autant qu'un échec serait un véritable déni de solidarité avec les plus démunis.

    Michel Foucault 

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