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  • Le fast-learning serait aussi néfaste que le fast-food

    Si le fast-food est décrié pour ses méfaits potentiels sur la santé, des neuropsychiatres pointent les effets néfastes d’une utilisation précoce dans un but pédagogique des outils numériques. Comme le reste du corps, le cerveau et l’intelligence ont besoin de temps pour se construire. 

    Après enquête auprès de 62 professeurs d’universités allemandes, le professeur en psychiatrie Manfred Spitzer se prononce contre un contact précoce et fréquent des enfants avec les ordinateurs et l'Internet.

    Dans son article publié le 10 août dans Tagesspiegel (1), le chercheur écrit "Les médias numériques sont nuisibles au développement de la mémoire, ne sont pas adaptés à l'encouragement de l'apprentissage et provoque des dépendances".

    fast learning,pédagogique,numérique,apprentissage,mémoire,over-dose,dépendance,medias,competences,zapping,stress,ordinateurIl remet donc en question l'utilisation des médias numériques dans les processus d'apprentissage, soutenant que "si l'ordinateur prend en charge une part du travail mental traditionnel, travail mental qui est à la base de développements cognitifs du cerveau, alors il peut arriver que l'utilisation trop fréquente de l'ordinateur nuise au développement de mécanismes cognitifs importants, comme ceux de la concentration et de la mémoire".

    Les études PISA, dans lesquelles les données de près de 300.000 élèves de 15 ans avaient été recueillies, ont montré que les adolescents ayant le plus accès à un ordinateur personnel à l'école étaient également ceux ayant en moyenne les moins bonnes notes.

    Si le développement de nouvelles compétences informatiques ne saurait être mesuré dans le système scolaire traditionnel, le "zapping" d'information généré par les technologies numériques est pour les études citées le facteur le plus marquant de perte de concentration prolongée. 

    Le neuroscientifique, dont le livre intitulé "La démence numérique. Comment pouvons-nous apporter un nouvel apprentissage à nos enfants" vient de paraître, se base sur les résultats d'une enquête récente menée par 62 professeurs d'universités allemandes. Selon cette étude, des compétences importantes comme la logique argumentative, la capacité de saisir ou résumer un texte et la capacité de concentration seraient amoindries chez les plus jeunes étudiants universitaires ayant grandi avec l'avènement de l'Internet.

    Selon les chercheurs en neurosciences, ces déficits seraient dus à une sorte d'overdose numérique, un mécanisme chimique de stress cérébral causé par le zapping informationnel.

    Le professeur Spitzer ne se prononce pas en faveur du principe généralisé du travail rapide et multitâche, pourtant valorisé dans le monde professionnel. Selon lui, les recherches récentes montrent que cette tendance développe surtout chez l'individu un mécanisme de "saut" rapide entre diverses informations peu ou mal traitées, individu qui s'entraînerait ainsi lui-même à un trouble de l'attention.

    (1) "Computer schaden dem Gedächtnis - Wissenschaftler warnt vor digitaler Demenz", article repéré par Charles Collet, conseiller scientifique auprès de l’ambassade de France en Allemagne

  • L’affichage environnemental, une attente consommateur difficile à satisfaire

    La traduction en anglais d’un article en français est souvent un indicateur de l’importance qui lui est attribuée. Ainsi en est-il de l’article d’Antonin Vergez diffusé ce mois-ci par le Ministère de l’Écologie, du Développement Durable, des Transports et du Logement. Il fait la synthèse de la problématique de l’affichage environnemental pour les produits alimentaires.

    L’attente des consommateurs est très forte puisque 85 % des Français souhaitent une information sur les étiquettes concernant l’impact environnemental des produits ! Mais la question est extrêmement complexe, en particulier pour des produits dont les conditions de production sont très variées. Toute information simple peut rapidement est erronée. Ainsi que le souligne M. Vergez, l’évaluation environnementale des produits agricoles et alimentaires ne peut être représentative de la durabilité globale qu’à la double condition d’être à la fois multicritères et basée sur une approche « cycle de vie ».

    La majorité des 44 méthodes d’analyse d’impact recensées est consacrée à l’impact « carbone » des produits (cf. en particulier le Guide des Bonnes Pratiques X30-323 de 2008). Des expériences pilotes d’affichage sont en cours en Europe et en Asie alors même qu’il n’y a pas consensus sur la méthode d’analyse ! Or, une réponse prématurée à l’attente d’information des consommateurs risque de discréditer pour longtemps toute démarche objective.

    Certaines associations britanniques ont ainsi promu le concept des kilomètres alimentaires (food miles) pour défendre les circuits courts et proposent même un calculateur en ligne ! Abstraction faite de tout autre aspect, en particulier socio-économique, M. Vergez démontre « qu’il s’agit, en définitive, d’un indicateur peu pertinent des impacts environnementaux des chaînes alimentaires».

    Antonin Vergez a eu la précaution de soumettre son article à de nombreux experts (1). Pourtant, l’eau est toujours présentée comme "un environnement" en tant que tel et non comme un élément de base à l’image du carbone, alors qu’il serait plus exact de parler de milieu aquatique. Les termes utilisés sont le symptôme d’une erreur conceptuelle dominante à propos de "l'empreinte sur l'eau". 

    A la différence des émissions de gaz à effet de serre qui impactent le climat, il n’existe pas d’indicateur consensuel pour calculer l’impact d’un produit sur la biodiversité. Les indicateurs d'eutrophisa­tion et d'écotoxicité aquatiques pourraient, à terme, être regroupés au sein d’un seul indica­teur. 

    La mesure d’un volume d’eau est par contre aisée. Serait-ce la raison pour laquelle le volume de "consommation" d’eau est identifié par le référentiel français comme étant l’un des 5 enjeux environnementaux les plus pertinents ? Faut-il rappeler que s’il y a des stress hydriques locaux et de l’eau polluée, le « bilan quantitatif global du cycle de vie » de l’eau est constamment équilibré ? 

    Au-delà des multiples usages de l’eau la restauration éventuelle de son employabilité est finalement un problème de coûts d’usage et de gestion de l’énergie. Seule la question énergétique impacte de manière durable l'environnement. J’y reviendrai.

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    M.Foucault 

    (1) Martin Bortzmeyer, Philippe Rogier, Nadia Boeglin, Jérôme Mousset, Florence Scarsi, Gaetan Dubois, Sylvain Chevassus, Doris Nicklaus, Yvan Aujollet et Gabrielle Pollet, ainsi que les relecteurs de la revue Notes et Études Socio­Économiques).

  • L’option lyonnaise laïque pour la restauration collective multiculturelle

    Alors que l’actualité était focalisée sur les assassinats perpétrés par un jeune musulman fanatique, un journal télévisé a présenté hier un reportage sur une cantine scolaire d’école primaire de l’agglomération lyonnaise où il est proposé des repas sans viande. Les enfants semblent en être satisfaits, comme leurs parents qui relèvent que les menus respectent les interdits religieux.

    La viande « hallal » a en effet ressurgi avec la campagne électorale. Cette allégation représenterait, selon le Ministre de l’Agriculture, 14% du volume commercialisé en France. Cette proportion tient compte des importations d’origine américaine et que la viande de porc ne peut pas être « hallal ». Elle est donc sensiblement supérieure pour les abattages de ruminants et de volailles. D’ailleurs, le Conseil général de l’Alimentation de l’Agriculture et des Espaces ruraux (CGAAER) avait estimé que « le volume d’abattage rituel était de 40% pour les bovins et de 60% pour les ovins, alors que la demande correspond à 10% des abattages totaux ».

    Le qualificatif « hallal » signifie simplement « licite » au regard de la loi islamique, à savoir que l’animal a eu la trachée, l’œsophage et les principales artères et veines de la région du cou tranchés de sorte qu’il se vide de son sang. Cette pratique impose des pratiques adaptées pour éviter les risques de contamination de la viande et la sécrétion de toxines dues au stress. Par ailleurs, le nom de Dieu doit être prononcé lors de l’égorgement.

    Pour rassurer les musulmans sur la licéité des viandes « hallal » commercialisées, des certificats sont délivrés par quelques grandes mosquées (Paris, Lyon, Evry-Courcouronnes) qui emploient dans les abattoirs et les usines des contrôleurs rituels / sacrificateurs rituels salariés. Plutôt que de travailler par lots successifs avec les risques de mélanges ultérieurs, certaines entreprises industrielles préfèrent que toute la production soit réalisée sous ce contrôle. D’où cette proportion importante de la production au regard de la demande réelle. 

    La décision de la municipalité lyonnaise date de 2006. La question de la viande "hallal" se trouve, ainsi, totalement occultée sous couvert de laïcité, même si on peut s’étonner qu’une minorité impose de fait un comportement alimentaire à l’ensemble d’une population. 

    Sur le plan nutritionnel, les protéines sont apportées par les poissons et les œufs pour un coût équivalent. Devant le risque de carences en fer, vitamine B12… certains parents font observer que les enfants peuvent manger de la viande le soir. C’est cependant oublier que, pour les enfants des familles les plus modestes, le déjeuner du midi à la cantine est souvent le seul véritable repas…

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