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  • 10 pays classés en risque extrême d’insécurité alimentaire pour 2013

     10 pays sont classés par Maplecroft en risque alimentaire extrême, dont 8 sont africains. Dans l’ordre :

    - Somalie

    - RD Congo

    - Haïti

    - Burundi

    - Tchad

    - Ethiopie

    - Erythrée

    - Afghanistan

    - Sud Soudan

    - Iles Comores

    L’agence de conseil en gestion de risque global et stratégique Maplecroft basée à Bath (GB) a développé un indice de risque d’insécurité alimentaire. Cet indice a été conçu comme baromètre pour les gouvernements, ONG et entreprises afin qu’ils identifient les pays sujets à la famine à des troubles sociaux suite aux pénuries alimentaires et aux fluctuations des prix.

    Les résultats sont obtenus en évaluant la disponibilité, l’accès et la stabilité des approvisionnements alimentaires dans 197 pays, ainsi que l’état nutritionnel et la santé des populations.

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    Une carte répertoriant les risques dans les autres pays est en ligne depuis le 10 octobre sur le site Reliefweb, portail d’information sur les situations d’urgence humanitaire, de l’United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs (OCHA). Cliquer ici.

     

  • L’Afrique, un véritable continent émergent à croissance rapide

    FMI, Fonds monetaire international, 

    Le FMI voit la poursuite de la croissance économique de l’Afrique à un taux d’environ 5,5%, comparable à celui de l’Inde, l’un des BRIC. Tel est l’avis exprimé par Roger Nord, Directeur-adjoint du Département Afrique du FMI, lors de la conférence « Perspectives macro-économiques de l’Afrique : maintenir la croissance malgré un environnement mondial plus incertain », conférence pluridisciplinaire organisée par l’AFD. Portée par la hausse des prix des ressources naturelles, cette croissance est surtout marquée depuis 20 ans dans les pays d’Afrique de l’Est, les Etats du Sahel étant confrontés à de fortes contraintes climatiques.

    Si la croissance est une condition nécessaire pour réduire la pauvreté, elle n’est pas suffisante. Le FMI a ainsi relevé qu’à la différence de l’Ouganda, le pouvoir d’achat des plus riches de Tanzanie a progressé de 9% alors que celui des pauvres n’a augmenté que de 3%, par an de 2003 à 2010.

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    La faible intégration de l’Afrique dans le système financier international explique pourquoi le continent n’a été que peu impacté par la crise financière et que le poids de l’endettement moyen des Etats reste gérable. Gérable pour certains pays grâce aux soutiens de la communauté internationale. En effet, les aides extérieures représentent près la moitié des recettes budgétaires de certains pays, obérant ainsi leur indépendance réelle. Pour s’affranchir des risques liés aux fluctuations financières spéculatives, les pays africains doivent attirer des capitaux stables. D’où la multiplication des contrats de concessions à des investisseurs étrangers pour la mise en valeur de vastes territoires. Ces investisseurs ne sont évidemment pas désintéressés. Mais n’est-ce le propre des projets « gagnant/gagnant ». Les organisations paysannes locales, soutenues par des ONG occidentales, contestent ces contrats et soupçonnent une tentation de recolonisation de l’Afrique. Puisque l’intention est de promouvoir un développement durable de ces territoires, il faut que les populations locales soient impliquées et informées en toute transparence des perspectives, des droits et des engagements de chacun. Les actions envisagées dans le cadre du programme de l’Alliance promu par le Président Obama lors du G8 de Camp David permettront de vérifier que le partenariat public/privé est réaliste et bénéfique pour toutes les parties.

  • Les consommateurs européens ne sont pas les seuls influencés par la météo

    La rigueur hivernale qui perdure a incité CLIMPACT, leader européen dela Business Intelligence  Climatique, à analyser l’impact de la météo du mois d’avril 2012 sur 305 catégories de produits de grande consommation. Par rapport aux ventes lors de la semaine 16 d’avril 2011 qui avait été doux, les écarts de volume sont très importants, en particulier en forte hausse pour les fromages à consommer chaud (jusqu’à +91%), les soupes (+66%), les légumes secs (+22%) ; en forte baisse les saucisses fraîches (-42%) et les crèmes glacées (-25%).

    Mais ces écarts de volume ont peu d’influence en Europe sur les prix de vente du fait que les entreprises des filières agroalimentaires négocient entre elles des contrats pluri-mensuels, voire annuels. Il n’en est pas de même pour les produits alimentaires de base dans les pays les moins développés.

    Les tensions liées à l’insécurité alimentaire nourrissent l’instabilité politique des pays d’Afrique sahélienne et tropicale (Guinée Bissau, Mali, Soudan/Soudan du Sud…). Le nouveau président sénégalais Macky Sall et son Premier Ministre l’ont bien compris en décrétant la semaine dernière une forte baisse des prix du riz, de l'huile et du sucre.

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    Ainsi, au Niger, la campagne agricole 2011/2012 s’est achevée par un déficit céréalier d’environ 520.000 tonnes soit 14% des besoins. Le bilan fourrager est déficitaire d’environ 10.000.000 tonnes de matières sèches. Toutes les régions du pays sont déficitaires à des degrés différents, toutefois les régions de Tillabéry, Tahoua, Diffa et Niamey sont les plus fortement touchées et 1.324.435 personnes sont en insécurité alimentaire sévère.

    Dans l’ouest du Tchad, les populations doivent une nouvelle fois se préparer à une période de soudure difficile entre la fin des précédentes récoltes et l’épuisement des stocks. A Mao, « Ça fait plus de dix ans qu’il n’y a pas de bonne pluie, explique une femme de paysan découragée. Même pour les animaux, il n'y a pas les herbes qu'ils doivent manger pour donner le lait, etc. Et des fois, ils meurent de faim ». Du fait de sa rareté, le prix du mil a triplé sur le marché depuis la récolte.

    Au Burkina Faso, la récolte céréalière de 2011-2012 est en baisse de 19,6% par rapport à la campagne agricole précédente et de 5,1% par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Le bilan céréalier national brut dégage un déficit de 152 462 tonnes. La tension alimentaire qui s’annonce est aggravée par la crise au nord du Mali qui a entraîné un afflux massif de réfugiés maliens et de leur cheptel qu’il faut également nourrir…

    Les Egyptiens s’inquiètent des conséquences de la sécheresse qui a frappé l’Ethiopie etla Somalieoù le Nil prend sa source. Si l’eau vient à manquer, l’irrigation sera réduite dans le delta du Nil et les conséquences seront immédiates sur le volume de production agricole. D’ores et déjà, la production du pain est subventionnée par l’État pour pérenniser la distribution de cette denrée alimentaire de base. Selon un boulanger du Caire, une « nouvelle révolution » guette l’Égypte, si le gouvernement retire sa subvention.

    Comme on le voit, le monde entier est confronté aux incertitudes météorologiques, mais avec des incidences plus ou moins graves à court terme. S’il est vrai que le genre humain est encore soumis aux contraintes climatiques, il se distingue des autres espèces animales par une dignité qui lui est propre : il peut décider volontairement de faire preuve de solidarité et de générosité. Il appartient aux responsables politiques d’avoir le courage d’en faire prendre conscience à leurs électeurs. L’Histoire démontre que les murailles aux frontières ne résistent pas aux voisins affamés… Les antiques empereurs de Rome et Pékin pourraient en témoigner...

    M.F. 

     

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