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traçabilité

  • Pour une production durable et une valorisation raisonnée de l'huile de palme

    Le Salon International de l'Alimentation (SIAL) de Paris a organisé un débat télévisé sur le thème "Supprimer les ingrédients controversés - A quel prix ?" Lors de ce débat retransmis sur YouTube , j'ai volontairement mis l'accent sur le cas de l'huile de palme que certaines entreprises industrielle et de distribution écartent systématiquement dans le seul souci de se différencier de leurs concurrents.

    L'huile de palme est devenue la principale huile produite dans le monde. Ce produit est ambivalent avec des aspects positifs et d'autres négatifs :

    - le palmier à huile est l'une des plantes qui transforme le mieux l'énergie solaire en énergie nutritive. Il produit 10 fois plus d'huile à l'hectare que le soja et, plus encore que le colza ou le tournesol. Les variétés les plus performantes permettent de produire jusqu'à 11 tonnes d'huile par hectare !

    - malgré les contraintes de production, son huile est la moins coûteuse à produire et est attrayante également pour un usage comme biocarburant

    - l'huile de palme est la principale huile consommée depuis des millénaires en Afrique équatoriale d'où elle est originaire, mais aujourd'hui surtout en Inde et en Chine

    - l'huile de palme supporte les hautes températures pour la friture 

    - sa production n'impose pas l'emploi de pesticides

    - sa production n'est pas mécanisable du fait qu'un palmier adulte mesure 15 mètres de haut. Ceci explique pourquoi la production d'huile de palme fait vivre 10% de la population de Côte d'Ivoire, emploie 5 millions d'indonésiens et autant de malais, réduisnat d'autant l'exode rural dans ces pays.

    - l'investissement agricole s'inscrit dans la durée car le palmier est très productif pendant 25 ans 

    - par contre, son développement très rapide depuis un demi-siècle constitue une menace pour la forêt vierge tropicale humide et la biodiversité de cette forêt

    - l'huile de palme contient pour moitié des acides gras saturés qui peuvent accroitre les risques pour les personnes susceptibles d'être sujettes aux maladies cario-vasculaires 

    huile de palme, RSPO, collecte


    A l'issue de ce débat télévisé visible sur YouTube, j'ai proposé une démarche opérationnelle qui permettrait de développer et de valoriser durablement cet ingrédient alimentaire indispensable pour la sécurité alimentaire mondiale face à l'augmentation prévisible de la population:

    - n'autoriser les plantations de palmiers à huile qu'en dehors des zones de forêt vierge primaire et avec un programme de renouvellement raisonné des plantations

    - s'assurer que dans les plantations, les moulins et les raffineries les personnes travaillent dans des conditions décentes et correctement rémunérées

    - promouvoir, avec les travaux de recherche technico-économiques préalables indispensables, un fractionnement en masse par des procédés physiques (cristalisation par le froid en jouant sur les différentes températures de solidification) pour orienter les acides gras saturés vers une valorisation sous forme de biocarburant et les acides gras insaturés avec ses vitamines liposlubles vers les huiles alimentaires qui ne présenteraient plus alors de risques pour la santé

    - promouvoir le label de certification RSPO de responsabilité sociale et environnementale avec la traçabilité tout le long de la filière jusqu'au produit élaboré

  • Une initiative innovatrice et exemplaire dans la filière blé française

    J’ai assisté ce 14 février 2012 rue de Rivoli à Paris à la signature d’un contrat qui est innovateur et exemplaire dans le secteur des céréales : à l’initiative des dirigeants de McDonald's France, des fournisseurs de chaque niveau de la filière blé se sont engagés sur un volume acheté à un prix ferme garanti sur 3 ans renouvelables à partir de la récolte de l’été 2012. Les 8.500 tonnes/an qui seront collectées par les coopératives Valfrance et Beauce Gâtinais Céréales, puis écrasées par les Grands Moulins de Paris/Nutrixo et transformées en petits pains spéciaux par East Balt France, correspondent à 25% des besoins du groupe de restauration rapide en France. Par ce contrat, 140 agriculteurs du Loiret et les entreprises de collecte et de transformation s’affranchissent des fluctuations du marché des matières premières.

    Cette initiative est un nouvel exemple de l’exception française marquée par l’importance des démarches interprofessionnelles alors que la majorité des acteurs économiques des autres pays font totalement confiance au marché pour gérer les transactions entre acheteurs et vendeurs.

    Il est vrai que cette démarche est exigeante. En effet, elle a demandé plus de deux ans de négociations alors que chaque partenaire avait été sensibilisé par la grande volatilité des prix depuis 2007… Un gros travail d’analyse des coûts de production des agriculteurs concernés qui a conduit à introduire une clause d’indexation au-delà de plus de 10% de variation du prix des engrais, poste de dépenses qui a expliqué 25% des variations des coûts au cours des 5 dernières années. Parallèlement, les essais ont été poursuivis pour tester les rendements de plusieurs variétés de blé de « force » (à forte teneur en protéines) pour leur rendement meunier et boulanger. Par ailleurs, les procédures de traçabilité jusqu’à la parcelle ont été mises en place.

    L’entreprise boulangère East Balt souhaite que ce contrat représente 50% des besoins de McDonald’s, son partenaire depuis 20 ans. Ce n’est pas utopique puisque, lancé en 2009, l’accord avec Mc Cain et ses partenaires planteurs assure 80% des besoins en pommes de terre de la chaîne de restauration rapide.

    Cette démarche garantit le facteur économique de toutes les parties contractantes qui est l’un des 3 facteurs du développement durable. Pour progresser sur le plan environnemental, plusieurs cahiers de charge ont été rédigés en s’appuyant sur un réseau de fermes de référence. Sur le plan de la responsabilité sociétale, le député Michel Raison, rapporteur du projet de loi de modernisation agricole adopté par le Parlement français en juillet 2010, il reste encore des efforts à faire en terme d’équilibre alimentaire des clients de la chaîne…

    J’ai demandé à Mr Petit, PDG de McDonald’s France, si cette initiative est transposable dans d’autres pays. La réponse de son directeur des achats, Mr Bordas, qui a été le principal artisan de l’accord, a été claire : toutes les initiatives françaises sont examinées avec attention mais le groupe McDonald’s veut s’intégrer dans chaque société locale en favorisant les approvisionnements locaux. Pour ces dirigeants français, le groupe s’ouvre de plus en plus aux caractéristiques locales. C’est ainsi qu’à été annoncé que McDonald’s France va lancer en avril des sandwichs sous forme de baguettes et revenir au service à la table. Le groupe capitalise en fait surtout sur la notoriété de sa marque, signe de garantie de qualité sanitaire alimentaire, et sur la puissance de sa politique de communication.

    Le groupe s’est fixé des objectifs ambitieux dans le domaine environnemental (réduction de la consommation d’eau, des émissions de gaz à effets de serre. des besoins en matières azotées, amélioration du bien-être des animaux…). J’en viens à rêver qu’il se mobilise avec la même efficacité pour œuvrer avec d’autres acteurs économiques à une alimentation durable de tous les habitants de la planète…

    En complément de ces informations, il est possible d'écouter les interviews réalisés par Jean-Louis Courleux de 
    Jean-Pierre Petit, PDG McDonald's France 

    Christian Renard, DG de la coopérative Valfrance

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