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valeur ajoutée

  • Nous consommons surtout des services dans les produits alimentaires

    La filière alimentaire française emploie 2.140.000 personnes, soit 10% de la population active. Sur les 200 milliards d'€uros dépensés par an en dehors de la restauration collective par les consommateurs, moins de 15 milliards rémunèrent les agriculteurs et les pêcheurs.

    L’Observatoire français de la formation des prix et des marges des produits alimentaires a été créé en 2012 (1). Philippe Boyer et Jean-Pierre Butault, respectivement secrétaire général et membre de l’Observatoire, ont mis au point une méthode macroéconomique qui a reçu le consensus des professionnels.

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    La méthode permet d’évaluer les flux financiers entre les différents maillons de la chaine alimentaire, c’est-à-dire les différentes agricultures, élevages et pêche, les industries agroalimentaires (IAA), les industries diverses (énergie, production d’intrants et d’emballages…), les transports, les services (conseils, financiers…), les commerces, les importations et les taxes prélevées par l’Etat.

    Les 100 €uros dépensés par les Français en 2009 ont rémunéré :

    -            6,80 € pour les agricultures et la pêche

    -          11,80 € pour les industries agroalimentaires

    -          25,50 € pour les activités de service et de transport

    -          21,30 € pour les activités commerciales

    -          25,00 € pour les produits importés

    -            9,70 € pour les taxes de l’Etat

    La valeur ajoutée par l’ensemble des opérateurs français représente 65,2% dont 37,5 % en salaires bruts sur les 100 €uros alimentaires dépensés.

    L’agriculture et la pêche sont des activités capitalistiques qui mobilisent des investissements importants. De ce fait, la rémunération du travail n’y représente que 33% de la valeur ajoutée alors que les salaires bruts représentent en moyenne 60% de la valeur ajoutée par les autres maillons de la filière française.

    Les limites de la méthode de l’Observatoire alimentaire

    La part de l’agriculture et de la pêche a diminué de 1,50 € entre 2005 et 2009. On peut se demander si l’apparition du « locavore » et des circuits courts est susceptible d’enrayer cette évolution alors que, dans le même temps, divers phénomènes (urbanisation toujours croissante, vieillissement de la population, multiplication des ménages mono-parentaux, complexification des profils de consommateurs…) poussent à toujours plus de sophistication de l’offre.

    A l’heure où on met l’accent sur la nécessité de réduire les pertes et déchets alimentaires (en moyenne 1/3 de la production primaire agricole mondiale et 31% en Europe), les solutions techniques et les investissements à mettre en œuvre vont probablement réduire encore la part de l’agriculture et de la pêche dans les composantes de l’euro alimentaire.

    Surtout, il faut prendre conscience que la méthode d’analyse mise en œuvre par l’Observatoire est basée sur des données comptables. Si ces données ont l’avantage d’être objectives, elles ne sont que la synthèse d’un ensemble de coûts (charges de personnel, amortissements, frais financiers, impôts & taxes) d’intérêt macroéconomique.

    Or, d’un point de vue microéconomique, pour les entrepreneurs, dans une approche stratégique, la valeur ajoutée est la valeur supplémentaire qu'est prêt à payer le client pour le service rendu. La recherche d’une plus grande compétitivité exige de croiser les deux approches.

     

    (1) L’euro alimentaire – Pierre Henri Texier – IAA Décembre 2014

  • L’aide à l’industrie alimentaire accroit la valeur ajoutée des produits agricoles

    Cour des Comptes Européenne
    La Cour des Comptes Européenne s’est demandée si l’aide de l’Union européenne à l’industrie alimentaire dans le cadre de la politique de développement rural a permis de manière efficace et efficiente d’accroitre la valeur ajoutée des produits agricoles (1).

    Son audit porte sur l’application de la mesure 123 : nombre d’entreprises introduisant de nouveaux produits et/ou de nouvelles techniques et accroissement de la valeur ajoutée brute des entreprises bénéficiaires.

    Il montre que la manière dont l’aide est conçue et programmée, ainsi que les systèmes mis en œuvre par les États membres audités ne permettent pas de garantir une utilisation efficiente et efficace des budgets nationaux et de l’UE…

    4 critères pour évaluer l’efficacité et l’efficience des aides

    L’efficacité et l’efficience de la mesure seraient démontrées si les projets sélectionnés étaient financièrement viables, apportaient une valeur ajoutée, n’étaient pas affectés par l’effet d’aubaine et ne causaient aucun effet de déplacement injustifié. Seulement deux des 24 projets audités répondaient à l’ensemble de ces quatre critères.

    Ces exemples concrets illustrent les conséquences d’une absence de programmation et de sélection efficaces: l’incapacité, d’une part, de définir les besoins, de fixer des objectifs spécifiques et de concevoir la mesure de manière à atteindre au mieux ces objectifs et, d’autre part, de mettre en place un processus de sélection efficace.

    Dans sa réponse, la Commission rappelle que, conformément aux principes de subsidiarité et de gestion partagée, la sélection des projets relève de la responsabilité des États membres. Elle a déjà insisté à plusieurs reprises sur la nécessité de faire preuve d’une plus grande sélectivité…

    Finalement, dans ses conclusions, la Cour des Comptes reconnaît que l’amélioration de la manutention/transformation des produits agricoles, notamment pour répondre à l’évolution des normes de commercialisation, permet au secteur primaire de bénéficier d’une demande stabilisée de ses produits. C’est le cas plus particulièrement avec la création de nouveaux produits (novateurs) et de nouveaux débouchés commerciaux. La compétitivité du secteur agricole des territoires concernés est ainsi renforcée.

    Source : CCE-Rapport spécial d’audit n°1-2013

  • Le commerce apporte plus de valeur que l’agriculture et les industries agroalimentaires dans les aliments

    prix,dépenses alimentaires,analyse de la valeur,valeur ajoutée,agriculture,iaa,comptabilité nationale,chaine alimentaire,importations,commerce,alimentationL'observatoire des prix et des marges de FranceAgriMer a publié fin juin un document de travail provisoire réalisé par Philippe Boyer, de l'Observatoire, et Jean-Pierre Butault, de l'INRA, sur la décomposition de "l'euro alimentaire" en revenus des différents facteurs de production en France. 

    L’année 2005 a été choisie par commodité pour l’analyse.

     

    Cette année-là, 100 € de dépenses alimentaires effectuées dans les commerces de détail généraient 65 € de valeur ajoutée répartie comme suit :

    -   8,30 € en agriculture

    - 11,30 € dans les IAA (industries agro-alimentaires)

    -   4,00 € dans les autres industries

    - 20,40 € dans les commerces de gros et de détail

    - 18,50 € dans les services

    -   2,40 € dans les transports

    - 13,00 € pour les importations

    - 12,00 € dans les produits intermédiaires

    -   9,80 € dans les taxes

     

    Ces travaux s'inspirent d'une méthode de calcul de décomposition du dollar alimentaire développée par le Service de recherche économique du Département de l'agriculture américain (USDA/ERS), à partir des tableaux entrée-sortie de la comptabilité nationale.

     

    Cette méthode permet également de calculer le nombre d'emplois induits le long de la chaine par les dépenses alimentaires. Elle a certes l’inconvénient d’être très globale, la situation étant très variable selon les filières, en particulier pour les produits frais, et selon le degré de concentration des acteurs. Elle a néanmoins l’avantage de donner une cohérence à l’ensemble et d’indiquer le poids relativement faible des importations dans la valeur des aliments consommés en France.

     

    Cette analyse de la valeur, qui devraient être actualisée, souligne surtout le poids des services (commerces et autres) dans la valeur des aliments achetés. Elle confirme que l’alimentation n’est pas qu’une affaire de calories et de protéines…

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